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LE BELVÉDÈRE

Grotte. — Coustruction et décoration du belvédère. — Le prince de Ligne.

Les Jardins de l'olibé Dclillc.

Aurore du nminutigme. — Pastiche de l'antiquité. — André Chénier.

Tout en surveillant les travaux entrepris pour augmenter les communs du château, Mique mettait la dernière main à la décoration du jardin anglais. La construction du rocher était trfes laborieuse. Commencée en 1779, elle se continuait sans produire un résultat qui satisfit la reine. Il ne fut pas dressé moins de quatorze niodèli\s en rrlii*f pour arriver ii la C(inti*nler. On s'en occupa pendant toute l'aimée 1781, mais il ne fut achevé qu'en 1782, et encore dut-on le remanier plusieurs fois dans la suite*.

La confection de la grotte exigea sept modèles. Après avoir dépassé Torangerie, le promeneur rencontre sur son chemin de grossies roches couveiies de mousse qui le conduisent h un ravin caché sous hois. S'il en descend la pente, il se trouve tout & coup dans un autre, où tombe en cascade une source dont les eaux fonnent un petit ruisseau qui va se jeter dans le lac en murmurant sur un lit de cailloux. « Cette grotte, » dit le comte d'IIézecques, « était si obscure que les y(*ux, d'abord éblouis, avaient besoin d*un certain temps pour découvrir les objets...

I. Arcli. iiut. 01 1877, 1880, I88t{, 1884. Voyez dans» la irolleclioii Lemugo une représentation du rocher qui diiïère de Ictat actuel. Calu XI, pi. 10.

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puiai» el sur l'tic ilii leiiiplo, doiil les ponts élaiciU, comme celui (le Moulin-Joli, garnis do caisses de fleurs; il suivait le cours de la rivière, se reposait sur les pelouses et s'étendait au loin, par des percées ouvertes dans les hosipiets, jusqui^ sur les campagnes h Tentour.

n On se croit, » écrit le prince de Ligne, dans un livre qui date précisément do, cellt! année*, n on se croit h cent lieues de la cour. (Icîpendanl, la vue des environs de ce joli jardin est si hieii ménagée qu*on dirait qu'ils y tiennent et qu'il est dix fois plus grand qu'il n'est. Les grands arbres du parc' de Versailles en forment, sans la moindre régularité, un cadre précieux. La divinité, dont je ne dirai pas le nom, a l'air de régner sur une grande étendue, de terrain qui ne lui appartient pas, comme elle règne sur ceux qui ne sont pas nés sous ses lois. » Le prince, qui se disait autrichien en France et français à Vienne, était un de C4ïs étrangers qm^ Marie-Antoinette traitait avec une faveur qui excitait la jalousiit des courtisans. Il avait beaucoup d'esprit; mais Marie-Thérèse h^ trouvait léger et compromettant et s'efforçait de l'écarter do Versailles*. Il a laissé des mémoires dans h^s-

quels il parle de la rein(ï av(*c une affection sincère, tempérée parmi profond respect \ Quand il séjournait en France, il était riiAte assidu du sahm IVdignac, et Marie-Antoini*tte Tinvitait ù Trianon. lise lia avec h^ chevalier de Tlsle, qui entretint avec lui un commerce de.h*ttres, auxquelles nous aurons à emprunter

1. Coup iVail sur Îtvl-CFM, à Dclœi), do rimprimcrio du P. Charles do , 1781, iii-8*. Dans lu prérace de et: livre Irôs dccoiisu, où il

puHc de tout avec une siiuplicilé négligée (|ui ne parait pas cxciiipio du prélenlion, Fauteur dit plaisannncnt : « U^iand j'ai commencé à faire co petit ouvrage, je ne savais trop connnent je m'en tirerais. J'étais comme le père Buflier qui disait : « Yoilù des choses «pie je ne sais pas, il faut que je « fasse un livre là-tlessus. »

2. 1^ prince parle ici ties arhres, non du jardin de Versailles «pii, ayant été récemment renouvelés, étaient peu élevés, mais de ceux dv. l'enceinte extérieure qu'on appelait le petit parc, le grand comprenant les chasses à plusieurs lieues à la ronde.

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