Bruxelles, 18G0, in
iOi LB JARDIN ANGLAIS.
rlics, |>en:lii*s, liarliilluiis, afin «|u'oii {ml s«* livrer au plaisir «li* la |»èclie'. Le* lue, au pied du btrlvcMlùn*, el les liassins devaul le cliàleau étaient animés |)ar «les bateaux' et par d'élégantes gon- «l«des au\(|U«'lles llollail le pavillon de la n*ine, niyé de bleu et d«* blanc*.
A la fin du volunn* dont un vient de lire quelques extraits, le prin«!4* de Ligne a inséré des V4'rs lii? sa roinpiisitiiin, assi^z bien loin-nés, en riionn«*urd«* Tabbé Delille qu'il appelle : c nouveau dieu des jardins. » (li! puèle, dont les a*uvres obtenaient abirs du public une fav«*ur qu'elles ont bien perdue depuis, composait, en ce moment même, son poème des Jardins. L*auteur Ta, plus tard, avec la prétention d'en faire un traité eonipb*t sur la matière, singulièrement alourdi par des additions qui en ont un peu dénaturé le ciirai^tèrc! priinilif. Dans sa premièn* fomn*, c'était un livre d«! circonstance, écrit pour célébrer la grainle passion du jour qui transformait les princes, les grands seigneurs, les financiers, *les bourgeois, tous ceux qui possédaient un palais, un cbùteau ou une modeste maison île plaisance, en jardiniers. Le poème des Jardins ne parut que Tannée suivante, mais l'auteur en lisait les cbanls, au fur et à mesure que les enfantait sa ver\'e, dans les salons et dans les s«K*iélés littéraires. N«»us trouvons ces vrrs un peu froids aujonnrbni : on dit cep4*ndant qu'ils fun*iit inspirés par Tamour. (^est pour plaire à la belle madame Le r.imlteux du Aloley, qui faisait planter le délicieux pai*c de la Malmaison, que Uelille entreprit de tratluire les préceptes de Morel dans la langue d*Apoll«in\ Son cenvre «^nl un ^rand succès. On t*n trouve trois éditions dès la première année : Tune in-!2 pour b* public, Tautrc dans la collection du comte d'Artois (le prince
3. Voyez In |ilanohe Xlll. Ccsioiilours sont iniliiiiiées dans des goiiaclirs 4oiisorv«V:»aii lahiiit*! des (*slaiii|K*s dr la tûlil. iiat. : To|Higra|ddc, altiuiii de Tiiaiiuii.
4. Mi^m, sec, 22 rt'vrier, 7 juin et 23 dt'ceiiibn' 1782. —Madame la^liruii, Souvenirs, 1, 102.
probabilité de voir lo jardin anglo-chinois s'implanler en France, on peut constater à quel point il s'était trompé.
Di^puis Tépoque oii nous avons signalé la première introduction il(*s iniilalions anglaises, rengout^nu^il pour les productions du génie britannique avait fait des progrès surprenants. Ducis essayait, en Talténuant, d'acclimater Shakespeare sur la scène française ; et, dès i77(i, on avait jugé le public assez préparé pour supporter une traduction complète du IhéiUre du grand autour tragique et comique, qui réussissait malgré Tiqtposilion de Vollaire*. Les poètes et les romanciers anglais avaient autant de lecteurs en France qu'en Angleterre. « Les romans anglais nouvellement traduits, » dit Resenval', « tournaient la tête h toutes les femmes, dirigeaient rcqnnion des sociétés, et les caractères distingués en étaient appliqués à ceux qui en étaient jugés dignes; » et il cite, parmi ces derniers, M. de (laslries qui se trouvait dansu l'obligation de soutenir le r6le et la délicatesse de Orandisson auquel on l'avait comparé. » On commençait h murnmrer le mot do mélancolie; les chants d'Ossian, Tils de Fingal, trouvaient des admirateurs*; le marquis de Paulmy et(iOnlant d*()rville entreprenaient défaire connaître la littérature du moyen Age dans Umv» Slélanges tirés d'une grande bibliothèque \ et Ton entendait déjà parler de troubadours. L'architecture gothique, si dédaignée jusque-là, reprenait faveur. Ses ruines étaient appréciées à titre d'ornement des parcs et des jardins : « Tantôt, » dit l'abbé Delille,
Tanlûl c*csl iiii vieux foH «iiii, du Iinul ilcs collines, Tyran dv lu ronlrco, eiïnû do ses vassaux, Porlail jusciucs au ciel Torgucil de ses créneaux... Plus loin, une abbaye anli(|ue, abandonnée,
1. Lettre à Tacadéniie française, lue à la séance du 25 aoAl i770; dans les Mélauycs.
5. \m prrniière Iraduclion en français de riuuvre de llac|dicrsoii date de 1777. Mlle esl de l«elourn('ur, auteur également de la |u-eiuiére traduction de Sliakespeare.