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voit (les Aiiioiirs qui jouciil eiilr'cux c;t qui liuuiienl des guirlandes de fleurs. Les croisées el les eiitrenleux tlos pilaslres sont décorés de glaces, dont des moitiés de candélabres couvrent les joints, et accompagnés de rideaux en taffetas rose, bordés d'une crépine et de glands en argent, relevés avec gr&ce ; la ricliesse et la beauté de rameublemenl répondent à celle magnificence. Dc^ux cabinets, dont un de tric^trac, accompagnent ce salon. » — iNon loin de lii, une maison do paysan ménage une autre surprise. On croit entrer dans une habitation rustique, et l'on se voit sous une épaisse voûte do verdure, telle qu'en pourrait former un bois touffu dont les arbres entrecroiseraient leurs rameaux, a Quelques ouvertures ménagées avec art entre les branches et fermées par des glaces, sur lesquelles sont peints des feuillages qui paraissent s'échapper des arbres voisins, laissent passer la lumière dujourd'unomanière qui donne l'impression de la majesté et du mystère des forêts. Les sièges de cette salle sont formés de canapés de gazon et de troncs d'arbres ; elle est parsemée de groupes de fleurs plantées en terre, distribués irrégulièrement*. » La baronne d'Oberkirch y soupa, au mois de juin 1782. Après le repas, on la conduisit au milieu des bois dans un kiosque chinois surmonté d'une lanterne, on étaient cachés des musiciens faisant entendre un concert qui paraissait venir du ciel*.
C'est un hameau de ce genre (jne la reine voulait avoir à Trianon el que Mique étudiait pour elle. On répète partout que ce village d'opéra-comique a été dessiné par Hubert Robert. Je ne sais sur la foi de quel téuKMgnage repose cette attribution; mais le nom de c\4 artiste no se trouve pas n\u* seule fois mentionné dans les comptes. On tnmve au contraire, dans les dossiers des b&timents, des plans, coupes et élévations de la main di^ Mique, et l'on relève, dans les mémoires, des sommes payées
t. Voyage piUoreifiuc lU la France, l. VI. - Desfription pUtorvsque de In France, — D'Argenville, Voyage pittoresque des environs de Paris, 1779. — Màn. ifc.,2jiiinoll770.
). Mémoires; I, 274.
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Iruuvo sur les paysans, les (iuvriei*s, « ces cro(|iiaiits » qui ne complcnl pas paniii ce qiroii appelle « les honiielos gens. » Do la bourgeoisie elle-nièmo, que peinl-on? Les ridicules. Mais quan<l il s'agil «rexprinu^r les grands nionvenionls do TAinn humaine, c'est senlenienl riiez les héros de Tantiquilé ou chez les gens bien nés des temps modernes que les auteurs choisissent leurs personnages, lloussean écarta cet appareil, el ne voulut voir que riionnno, tel qu'il sort des mains de la nature, ahslrartion failc! de loul rang. Diderot alla encore plus loin, et il prétendit nous intéresser aux idées, aux sentiments, h la condition do ces manants, de C(^s vilains, si dédaignés jusque-là, et chez lesquels il ne craignit pas d'aller chercher même des héros tragiques. W fit bientôt école dans le roman, au théâtre, en peinture; et il s'établit dans le monde artistique et littéraire deux courants contraints. Tandis que les uns, d'un vigoureux coup d'aile, essaieront de remonter aux sources élevées où les grands génies de l'antiquité ont puisé leurs plus nobles inspirations, les autres prennent leurs modèles tout près d'eux, terre à terre, dans la vie commune; et au moment où débutent Vien et David, nous voyons fleurir Greuze.
(ireuzc ne nous peint plus, comme Lancret et Van Loo, des bergers et des bergères (h; convention. Ce sont de vrais villageois, un peu idéalisés sans doute, mais c'est le costume, l'iiabilation, l'ameublement qu'on a au village. II veut nous prouver que, dans les conditions les plus humbles, on peut rencontrer la grandeur, lagrAce, l'émotion poignante ou les sentiments aimables, et il réussit. (le père maudissant son fils, ce fils prodigue devant le lit de mort de son père, sont aussi dramatiques et aussi nobh's que les personnages de la (irèce et de llome; et trouvat-on japiais, sous les atours des grandes dames, rien de plus frais, de plus élégant, de |dus désirable, que la savonneuse qui appartient h nuidanu^ la comlessi' de lia l'Y'rromiays, ou la peiotonneuse que possède madame la duchesse de Sesto, ou l'accordée de village du Louvre, avec son simple bonnet, son tablier blanc, et sa robe de toile grossière. La mode qui, à la fin du
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procurciil prfes du logis les jouissances qu'auparavaiil on prenait la peine craller chercher au loin. C'esl vouloir, » dil-il, « ramener, au milieu du luxe, la vie rustique de nos vertueux ancêtres, en copiant du moins leurs habitations dont nous trouvons encore une vive image dans les masures cauchoises, si conformes à la description que le holonais Crescenzi faisait, au xn** sifecle*, d*un manoir de campagne. » Qui se serait attendu à voir citer, en celle occurrence, les Prouffits champestres ei rttrat/.x que Charles V avait, en 1373, fait translater du latin en langage français? « Un vaste enclos entouré de fossés sur lesquels sont plantés, au milieu d'une double haie, un rang d'arbres serrés, surtout de frênes, plus propres à rompre le vent; des barrières très légères, quoique souvent couvertes d'un porche grand et élevé ; — dans Tintérieur, le vergc^r des pommiers et poiriers, deslinés à fournir les fruits à couteau et la boisson de toule la famille, le dessous couvert d'une pelouse toujours habitée par des bestiaux et des volailles ; — les bâtiments placés au cenlre, mais séparés les uns des autres: le corps de logis du maitre, celui dos valets, les granges, la charrellerie, le four; — différents petils enclos de jardins pour les légumes ou pour quelques memis grains, le plus orné huiant à la maison principale, mais sans faste aussi bien qu'elle ; — toutes les cours ou masures d'une paroisse, rassemblées aux environs de l'église, mais le plus souvent séparées les unes des aulres par des chemins, quelquefois par des ruisseaux, formant ainsi chacune un tlot, ou, comme on dit en Languedoc, une condamine, et présentant de loin, par leur réunion, Timage d'un bois plulôt que celle d'un village... — La seule innovation, en renouvelant les masures normandes, était d'incorporer dans cet enclos ulile diverses planlatioiis dti pur agréinenl..., 4*1 dt^ chercher par Umv position il coinposiM' des [perspectives intéres.sanles. On a même vu des
t. Ducliesne coniinel ici un uimclironisnif^ : roiivnif^f'auqiiol il Tail allusion a éléérritdfî 1.104 & 1309.
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AiilrcM (l(i CA'.H maisons roiifcniusiil : l*iiii(*, un cahiiicil (l<3 hidiin* orn6 (rarmoircs cui bihliollirques, n*iii|)lics do livrets, (*l raulrc;, une salle de billard décorée de Irophét^s dejardinajjj^e... » Toules ces maisons, ainsi qu'une salle à man(*;(ir el une ^rang^e donl nous parlerons loul à l'heure, avaient élé élevées sur les dessins et sous la direction de Le Roi, archilecte du prince. Elles étaient entourées d'un fossé d'eau vive qu'on traversait sur plusieurs petits pouls en liois.
des diverses fabriqm's étaient converties de chaume, rt M présentaient l'extérieur d'une rustique simplicité, mais l'intérieur offrait un contraste frappant ». Tous ces rois, ces empereurs qui se promenaient à travers l'Kurope, sans suite, sans apparat, logeant dans des hôtels garnis, jouissant intérieurement de la pensée que leur majesté rayonnait h travers leur incognito comme le soleil dans un nuage, ne s'amusait^nt à ce jeu que parc<) qu'ils savaient n'avoir qu'un mot h dire ])Our se voir entourés tout h coup des pompes et des honneurs souverains. On raffolait alors de changements à vue, de surprises, d'enchantements, comme dans les féeries. Ces têtes en ébullition qui discutaient les problèmes les plus ardus de la philosophie et de la politique, qui se frayaient des voies nouvelles dans les sciences mathématiques, physiques et naturelles, qui se passionnaient pour les voyages de découvertes, qui exhumaient les souvenirs et les monuments des générations éteintes, qui brisaient les barrières de l'esprit latin pour s'ouvrir aux influences de la Germanie et de 1* Angleterre, n'avaient pas encore assez de toute cette fermentation d*idées : il leur fallait le rêve, l'impossible, le merveilleux. On dévorait les contes de fées : contes de Perrault, de la comtesse d*Aulnoy, de la comtesse de Mural, do mademoiselle de I^a Force, de mademoiselle Lhéritier, d'IIamilton, contes arabes, contes persans. Et il ne faut pas croire que ce soient seulement des |iersomies frivoles qui .s'en amusent : les hommes les plus sérieux ne dédaignent pas de les lire. Lc^ duc de Choiseul, à (^ihanteloup, y cherchait une consolation à sa disgrâce; Tabbé Barthélémy et madame Du Deffand étaient ikt-