‹ Le Petit-TrianonChapitre 129 sur 314 · S36 LU HAMEAU · texte numérisé non relu

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Yoil (les Amours qui jouciil ciilr'cux cl qui lioniionl des guirlandes do fleurs. Les croisées el les entre-deux des pilastres sont décorés de glaces, dont des moitiés de candélabres couvrent les joints, et accompagnés de rideaux en taffetas rose, bordés d'une crépine et de glands en argent, relevés avec gr&ce ; la ricbesse et la beauté de Tameublement répondent à celle magnificence. Deux cabinets, dont un de tric-trac, accompagnent ce salon. » — Non loin de là, une maison do paysan ménage une autre surprise. On croit entrer dans une habitation rustique, et Ton se voit sous une épaisse voûte de verdure, telle qu'en pourrait former un bois touffu dont les arbres entrecroiseraient leurs rameaux. « Quelques ouvertures ménagées avec art entre les branches et fermées par des glaces, sur lesquelles sont peints des feuillages qui paraissent s*échappcr des arbres voisins, laissent passer la lumii^rc du jour d'une manière qui donne Timpression de la majesté et du mystère des forêts. Les sièges de cette salle sont formés de canapés de gazon et de troncs d'arbres ; elle est parsemée de groupes de fleurs plantées en terre, distribués irrégulièrement*. » La baronne d'Oberkircli y soupa, au mois de juin 1782. Après le repas, on la conduisit au milieu des bois dans un kiosque chinois surmonté d'une lanterne, où étaient cachés des musiciens faisant entendre un concert qui paraissait venir du ciel*.

C'est un hameau de ce genre que la reine voulait avoir à Trianon et que Mique étudiait pour (die. On répète partout que ce village d'opéra-comique a été dessiné par Hubert Robert. Je ne sais sur la foi de quel témoignage rejto.se cette attribution; mais le nom de cet artiste in^ se trouve pas une st^ile fois mentionné dans les comptes. On trouve au contraire, dans les dossiers des b&timents, des plans, coupes et élévations de la main de Mique, et l'on relève, dans les mémoires, des sommes payées

I. Voyage piUoresfiuv de la France, t. VI. •- DarriiUion piUoresque de la France, — D'Argenville, Voyage piUoresque des eniûrons de Paris, 1779. — Mém. «fc.,2iiiilloH770.

t. Wmhires; I, 274.

LA TOUH UK MAIILUOHOUGH

Jartlinagc. — ComécHc tle société : let Sabots, les deux Chasseurs et ta Laitière, Isalfelte et Gertrude, — Kélc en riionucur de lu iliichcsiic ilc Maiiclicslur.

(kiimlruclion «lu hainoaii.

I^ ruino. ~ CbouBou du Mariborough. — Maduiue Puilrinc, nourrice du dauphin.

John Eggleton, Jardinier anglais.

Plantation du nouveau Jardin. ^ Travaux d'Antoine Richard.

I^'S Mémoires secrets rapporloiil, à lu date du 1^' mai 1783, (|iie iiiadaiiu! KlisalHîlli , « loueliéc (l(*|Miis longtemps du bel e.\em|)le de sa tanttt, madamt} Louise, avail le désir de se faire religieuse. » Le roi s'y étail opposé, en déclarant qu'il fallait que sa sœur, avant de prendre une décision si grave, eut atteint r&ge de vingt-cinq ans, et que, « alors m^mie, il délibérerait s'il était de la sage.sse d'y ctui.sentir. » Devant n^lte oppositicm, madame iOlisalhitli aurait résidu de (piittt^r TurlivenuMit la mur [Miur se réfugier chez les cannélites de Saint-Denis. Mais la reine, instruite du jour fixé pour la fuite, invita adroitement sa Ixdlosœur à Trianon, et la garda auprès d'elle « jusqu'h ce qu'on eiU rompu la chaîne dt* cette pieuse intrigue par l'r.xpulsion de S4ss agents. » Qu'y a-t-il d«» vrai dans ce récit? \a'- l)iographe de madame Elisabeth eîit pu sans demie nous le dire; il a préféré garder le silence sur la question. La nouvelle racontée par les Mémoires secrets ne doit pas être entièrement controuvéc, car le

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cieuses coll(*rlioiis «iiii faisaioiil radmiralioii des connaisseurs. I^a mode élail aux Uilipes, aux iris de IN^se, aux jacinthes surloui. On ainiail à grouper sur des planches distinctes les pieds d(! C(»uleurs st^mldahles : ronge, hlanche, hient*, jauni*, porc4»laine, agatlus (4c. Les pièct^s h Tapimi des coniples offri^nt une liste d(i cent dix variétés de cette Heur, auxquelles les amateurs doiuiaient des noms (jui ne le cèdent pas en étrangeté à ceux que l'on relève aujourd*hui sur les catalogues d'horticulture : il y avait lu belle Galathée, la bergère, la chartreuse, h» grand-visir, la rose sublime, le bâcha de Bulgarie, le grand-mogol, Proserpine, Absalon, le passe- Joab, la grandeur terrestre, le mont Vésuve, le gouverneur général, le commis des finances, etc., etc. Les roses surtout étaient en honneur à Trianon. On ne négligeait pas non plus les orangers. La récolte de leurs fleurs était estimée, pour les années médiocres, de vingt h trente livres; pour les moyennes, de trente à soixante; ])Our les boimes, de soixante à cent. La reine en faisait, tous les ans, des cadeaux au roi, à ses tantes, h la surintendante de sa maison, à la dame d'honneur, aux premières femmes de chambre, au directeur général des hfttiments et à quelques autres fonctioimaires de ce service*. En 1783, Richard projeta de garnir les vestibules, les escaliers et les appartenients du cliAteau d'une décoration d'arbustes fleuris. (Itîttc* proposition fut d*abord assez mal accueillie parleroi. Hiierry, son premier valet de chambre, répondit en son nom à l'architecte Mique : « S. M. m'ordonne de vous mander que vous ne risquez rien de beaucoup rabattre sur les onze cent soixante-quinze arbustes que le sieur Uichard vous demande : ce sont ses projnvs expressions'. » Le caractère de Louis XVI étant connu, on peut, sans craindre de se tromper, conjecturer que ce refus ne fut pas définitif, et que, si la reine insista, comme c'est probable, le ch2\teau ne tarda pas à se revêtir de la parure florahî que souhaitait son jardinier. Pendant les mois d'avril et dt* mai, Marie-Antoiiu4te et son

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