Vendu 300 livres, sous le n« 1t74a
0. (x'Ue luilciicélnil uUeiianle & la grange, dont on parlera tout à l*heure. 7. OM884.
LB UAMBAU. tOl
cucore (a)*. J'ai noté quo la maison du jardinier avail disparu.
Je ne saurais dire à iiui revenait le soin de la volière de la reine. Elle élail |)lacée sur le bord du lac, dans une chaumière qu'on appelait la maison du colombier. Le pigeonnier se voil encore (a) dans les combles, l Au rez-de-chaussée se trouve, par-devant, une J pièce habi table (c); par-derrière, des cabinets (it) à usage de poulaillers : les grillages sont demeurés au.\ fenêtres. En 1785, on acheta pour peupler cette volière : 3 coqs dont 1 du Mans, 68 poules dont 9 du Mans, 13 du pays de (laux, 2 à pattes et bec jaunes, 3 pondeuses et 2 mères poules avec 13 poulets. Le tout, en y joignant 4 paires de pigeons d*espèces rares, revint a 201 livres, 8 sous. Leur nourriture contait de 900 à 1,200 livres par année. L'été, on dressait pour ces volailles, sur la pelouse, un bâtis de poutrelles entouré et couvert de filets*.
La présence des ménages du fermier, du garde et du jardinier a donné lieu à une fable qui est très sérieusement rapportée dans les mémoires de Weber, frère de lait de Marie-Antoinette. « J'ai vu, » dit-il, « la reine, bien jeune encore, cesser d*aimer les plaisirs bruyants et les dissipations de la jeunesse, d'abord faire succéder aux bals éclatants de Versailles les bals champêtres de Trianon qui amenaient tous quelque nouveau trait de bonté » (c'esl-îi-dire qu'on dansait h Trianon, l'été, sans cesser pour cela de danser îi Versailles, Thiver); « puis, de jour en jour, se renfermer davantage dans les soins et les devoirs d'une mère,... tantôt, s'environnant dans son intérieur des jeux innocents de ses enfants, s'adonner avec passion h tcuis les ouvrages d'aiguille;... tantôt se promener solitairement avec eux dans ses jardins, dont les embellissements étaient deveims des bienfaits... Témoins ces douze hameaux qu'elle fit bâtir à Trianon en 1785, et dans les-
i. Le petit appentis (b) sanrail de lingerie.
2. OMS75,1878, 1880, 1884-8S. En 1786, on fll faire pour ce poulailler mobile 36 toises de (ilct.
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quels elle plaida (hiuxo familles pauvres, se cliargeanl pour toujours de lt*ur enlrelieu couiplol. » Kl preiianl le lou de Teuliioulliousiasme, il s'écrie : « Ils élaieni doue Tasile de riuforluue cl le lemple de la charilé, ces jardius qu'une basse cl slupide calouiuie préseule aujourd'hui comme un lliéùtrc de scènes licencieuses el dont rindigue plagiat nous esl donné pour une vérilé hislorique! » Si Weber esl de bonne foi, il faul tlirc qu'il se vanle ailleurs faussemenl d'avoir élé admis dans l'inlimilé de la reino. Quoi qu'il en soit, il n'a pas même le mérite de Tinvontion. Cjq môme conte fut débité à des voyageurs anglais, venus en Franco après la paix d'Amiens. « Notre guide, » dirent-ils, « nous montra a les douze asiles » <les pauvres familles que la reine « allait visiter avec son auguste enfant, » et, plus loin, « la cure, qui était habitée par un vieil ermite que celle princesse appelait son curé, <d avec lequel elle causait avec cette douce familiarité qui lui gagnait tous les cœurs. Le bon religieux était près d'elle l'interprète de la petite colonie qu'elle avait formée près do sa demeure favorite; il lui rendait compte des légers incidents qui en variaient l'existence, et l'alti^ntion (pi'elle portait à ces détails prouvait que ce n'était |)oint par caprice ni par ostentation qu'elle avait fondé cet établissement*. » Le guide avait lu la fable des paysans misérables dans les Anecdotes du rêync de Louis XVI, publiées par Nougaret en 1701*. Quant à la cure, l'administration du palais a donné, depuis longtemps tléjà, la consécration officielle h cette bourde, en faisant inscrire sur la maison qui servait de poulailler, au temps de Marie-Antoinette, le nom Acjirc^hytcre,
11 suffira d'opposer à ces inventions le témoignage d'un contemporain qui écrivait on ISOo. (l*est encore le botaniste Uuchesne, ancien prévôt des bâtiments du roi, auteur d'un Cicérone
I. Vcrmiiic%^ VarU cl Stunl'lk'nis, ou Une suite de vue iVaprûs des dcsscm$, pur J.-C. NuUes; Loiiilres), s. d., iu-f*, |>1., p. 55.
LK BAHMU. ttS
de Versailles' t|ui abonde on rcnacigncmonta précieux. « L'orcliitoclc Miquo, » tlit-ît, « ne voutui point jouer h la chapelle, il n'en cnnslruisil point une imaginaire; mais, au moyen Hu foAMé (le clAUire, la cointum <lc liocagca fut entrouverte h des- »fîn lie proHlrr de In vne dr In polile l'-piise de Sninl-Antiiirie, pt leii inaisniin ron»! miles h l'oiihiiir rf)niniiini<[uènMil nu linmenu de fantaisie un nir de vérilû'. »
AInîn Mancsson-Mallol nous en a conservé le souvenir dans une gravure du Traité de géométrie pratique' qu'il a publié on 1702. L'église était, comme on le voit, un cdifico très modeste : un cloelii'lnn Kumunilnil lo pignon de In Inçadc ; le cliienr qui pnrnlt d'nrcliiliTlun' golliii|ue r-tnil plus élevé qno In nef. On remarquera que la porte Saiiit-Auluine n'a pas la ni^me forme qu'actuellement. Je dirai plus loin h quelle occasion elle a été cliangéo.
Duclicsne remarque que ces maisons sont « toutes variées de forme, de grandeur, de construction, d'ameublement, aussi
1. In- (3, p. 09. L'jndicaliondc Durlicsnc cstconUrméc parAlcxnmlreOolnbonlc duns s.i Description dfs nouveaux jardins de la Pranet, qui parut en (808.
2. Voy. plus loin le pin», c. ix. — Sniiit-Anloinc-du-BuisMn éUil une annexR de In pnroÎMc rfn Cliesnny, qui finit nlora dcMcrvtc pnr Dnmnr, prieur de l.n Itoclic. negislres des bnpIAmes, ninriagcs et sépultures, aux ardiivM du Cliesnay,