‹ Le Petit-TrianonChapitre 172 sur 314 · Versailles, 1882, in · texte numérisé non relu

Versailles, 1882, in

2. Collr liisloiic n'clail pus uiicuie iiiiagiiice eu 1808, oui- Aluxurnliti Ueluhonio (ioiiiie aux maisons h;s noms indiqués dans les documonls antérieurs a la névolution, noms que repmduil d'ailleurs \v procès- veibal d*eslinialion du l'J nwssidor an IV.

LB HAMBàU. 305

Monsieur en mallrc d^école; el la famille habilait ce hameau plusieursjours dans ce costume*. »

A pari Tallusion de Duchesne à une meunière, donl j*ai parlé plus haut, on ne trouve rien dans les auteurs contemporains qui ait trait à une pareille plaisanterie. Madame Campan, dans la dnsrri|i(ioii qirelh) fait de la vie i\ Triaudn, aprim la conslrnction du hameau, ne dit pas un mol de riiisloire racontée par Meyer. « La reine, » dit-elle*, « y avait établi tous les usages de la vie de château; elle entrait dans son salon, sans que le pianoforte ou les métiers de tapisserie fussent quittés par les dames, et les hommes ne suspendaient ni leur partie de billard ni celle de trictrac. Il y avait peu de logement dans le petit château de Trianon. Madame Elisabeth y accompagnait la reine; mais les dames d'honneur et les dames du palais n y furent point établies. Selon les invitations faites par la reine, on y arrivait de Versailles pour riieure du diner. Le roi et les princes y venaient régulièrement souper. Une robe de percale blanche, un fichu de gaze, un chapeau de paille étaient la seule parure des princesses; le plaisir de parcourir toutes les fabriques du hameau, do voir traire les vaches, de pécher dans le lac enchantait la reine. »

C'était là, en effet, ce qu'il y avait (te piquant pour ces princesses, qui ne connaissaient que le faste de la représentation et n(ï vivaient qu'entourées de courtisans et de laquais. Approcher de ces petites gens qu'elles n'avaient aperçues jusque-là que si loin et si bas qu'il semblait à peine qu'elles fussent du même limon, les voir vaquer aux occupations de leur ménage, étudier leurs idées et leurs sentiments, entendre leur langage simple et grossier était un amusement bien plus nouveau que de tenir des rôles empruntés, comme des enfants qui joueraient au monsieur ot à la dame. On verra, trois ans après, toute la mai-

1. Fragmenta mr Paris, IraduiU par Dumouriez; Hambourg, 1798, 2 vol. in-8*, H. D'apri^^ le journal dr Louis XVI, la raniillo royale a daillours, on Irois ans, soupe on dlnn qualrc fois seulement au hameau.

iUO LK IIAMKAU.

son (le madame Elisabelli s^inqiiiéler des tristesses du vacher de Moiitrcîiiir, eli4!rcliiM' à pénétrer son secret, découvrir que, tandis (ju'il se consume ù Yersuillos, sa fiancée' languit là-lias, en Suisse, et la marquise deTravanet, sœur de la marquise de Domhellcs, composer sur celte idylle une chanson qui a surnagé dans la tounuento révolutionnaire.

Onaïul lu venais purlugur mes Iravaiix,

Je lioiivais lun lîVclic Ii'gèiv, Ti'ii s<>iivieiil-il? Ions les jours élaient beaux.

Qui nous rcndi'u ce temps pi-os|)ère?

Pauvre Jacques! (|uanil j'élais pii*s de toi,

Je ne sentais [>as ma misère, Mais, à présent que tu vis loin de moi,

Je Hianque de tout sur la terre.

Il nous reste trois charmantes miniatures de Van Rlarcnberghe, exécutées en i78(), qui nous retracent l'aspect du hameau à cette époque. Dans l'une, on voit le moulin, avec des femmes qui lavent au ruisseau, et le bouvier Valy venant y faire moudre son blé porté par un une qu'il pousse devant lui; un pécheur jette son filet dans le lac, tantlis que la fille de la ferme y fait boire une vache (/>/. XVlll). — Une autre représente le boudoir de la reine, au milieu d'un jardin enclos d'une palissade rustique. Une vigne vierge tapisse les murailles et couvre un berceau élevé au-dessus de l'escalier, tandis (|ue des roses grimpantes s'étentlent sur un hangar h côté. Breval, en manches de chemise, a été remplir ses arrosoirs au lac et les emporte pour rafraîchir les Heurs et les légumes. Un taifant, sur le bord, excite un chien à se jeter à l'eau. — La troisième vue est prise du jardin du boudoir, dans lequel Breval, au premier plan, donue des bouquets a deux pl*omeneus4^s. l'n jardinier, la pelle sur l'épaule, pa.sse sur le chemin; une banpie traverse; le lac. A

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