Mémoires de la diirhessc de PoUgnar
LA POLITIQUK A TRIANON. 881
perilail; mais cela ne prit rien sur sa galle qu'il conserva toujours avec la Reine et dans la société. »
Les choses n'allèrent pas si facilement avec le duc de Coigny. Le roi réunissant la petite écurie à la grande, la charge de premier écuyer devenait sans objet*. Cependant pour ménager la transition, on lui laissait les honneurs et les appointements et on lui donnait en dédommagement la pairie. « Il eut quelques notions de ce qui allait lui arriver, et voulut avoir un entretien particulier avec la Reine. Elle le refusa, quoique le duc de Coigny, alors à Trianon, din&t et soup&t avec elle, et y passât toute la journée. » Enfin il reçut la lettre ministérielle qui lui annonçait la décision prise, o Sur cette nouvelle, o continue Besenval, « le duc de (x)igny alla chez le Roi où il s'emporta fort; le Roi se fâcha de son côté, l'entrevue fut extrêmement vive. Ce prince, en parlant de cette conversation à quelqu'un, lui dit en ma présence : « Nous nous sommes véritablement fâchés, le duc de « Coigny et moi ; mais je crois qu'il m'aurait battu, que je le lui a aurais passé... » La Reine voulut se plaindre à moi, • c'est toujours Besenval qui raconte, « de l'emportement du duc de Coigny et de ce qu'il n'avait pas été sensible à la manière pleine de bonté dont le Roi lui avait parlé : o Madame, lui dis-je, il perd a trop pour se contenter de compliments. Il est pourtant affreux, « ajoutai-jo, de vivre dans un pays oii l'on n'est pas sur de pos- M séder le lendemain ce qu'on avait la veille. Cela ne se voyait « qu'en Turquie, d On peut juger par ces divers traits du degré d'insolence auquel les favoris de la reine étaient montés. « Quel bouleversement! o dit la marquise de Sabran, a et sur quoi peut-on compter dans ce monde"? »
Vaudreuil perdit la charge de grand faucomiier, sans compensation. Il avait aspiré à devenir le gouverneur du dauphin, mais ni le roi ni la reine n'avaient voulu de lui h cause de la violence
i . il perdait en infime teiiip» le gouvernement de Ghoisy dont on avait déridé la f cnlc.