III
« tout ce qu'il y avait à la cour de femmes respectables. » Hcrcy s'étonne que la reine ait pu s'enticher de ce personnage « avantageux, fat et léger*. » Klle eut lieu de s'en repentir, car il s'en fît accroire au point de « se précipiter à ses genoux, en lui adressant une déclaration en forme. » Cela se passait en décembre 1775. Une telle présomption la mécontenta. Elle lui retira sa confîancc, sans cependant Téloigner d'elle, puisque nous le trouvons, deux ans après, parmi les quatre garde-malades, et qu'il sera jusqu'à la fin un des hdtes habituels de Trianon*.
Yalentin Esterhazy était hongrois. 11 commandait un régiment de hussards. Madame Du Dcffand écrivait de lui à la duchesse de Choiseul : « Je sais qu'il a du mérite'. » Mercy lui reconnaît un caractère honnête \ C'est sur lui que Marie-Antoinette repoiia l'amitié que Besenval avait trompée, et il ne paraît pas en avoir abusé comme ce dernier. Marie-Thérèse s'étonne cependant qu'un « jeune homme, sans rang distingué, ait le moyen de s'approcher de sa fille. » Il avait en effet un accès fréquent dans les cabinets de la reine, qui lui permettait de venir, au spectacle, lui faire sa cour dans sa loge, et qui entretenait avec lui un commerce de lettres que rini|KTatnce voyait d'un fort mauvais œil. « La correspondance avec ce freluquet d'Esterhazy, >» écrit-elle à Mercy, « est bien humiliante. » La reiiuï Tavait choisi pour aller officiellement annoncer à Vienne la naissance de Madame royale, ne sentant point Tinconvenance de charger d'une pareille mission un étranger. Mais sa mère n'en voulut point. D'après le compte des dépenses particulières de Louis XYI, la reine lui donna 105,000 livres, sans doute pour payer ses dettes*.
1. Il 56 vante dans ses Méinoiies d'avoir lié madame de Polignac à la reine. 1, 33».
2. Yoy. ses infiin-es llt'moiics el la nolico (|ne lui a consaciVic le duc du LX* vis, Souvenir* clitorirail»; Paris, 18I>7, Coll. Darrière, MànoUxi, l. .\1V, iu-18.