Il, 348, 399, 412. 436, 437, 456, 461. m
5. m Octobre 1775. j'ai donné à la Reine, pour M. d*£»terbazy, 15,000 Uv.;
Il M LB JARDIN ANGLAIS.
une autre plu3 élroilc. Lorsqu'il s*liabillail, « son valet de chambre lui demandait gravement : « Monsieur le duc s'asseoit-il aujour- -iFliui? » S'il devait rester debout, il montait sur deux chaises et descendait dans la culotte étroite tenue par deux de ses gens. >t Il jouait de la llAte dans la perfection, et, à Berlin où il était ambassadeur avant de représenter le roi de France en Angleterre, ce talent l'avait fait admettre dans l'intimité du grand Frédéric qui pratiquait comme lui cet instrument*. Il plaisait aussi par là à Marie- Antoinette dont on connaît le goût pour la musique.
En rendant compte à l'impératrice, après l'événement, du premier voyage de Trianon, Mercy jugea lui-même que ses appréhensions ne s'étaient pas réalisées. « Le séjour à Trianon s'est passé plus tranquillement que ne le faisait présumer la quantité do monde qui s'y trouvait établie. La Reine commença par y prendre le lait d'ànesse et y observa le régime le plus strict; Sa Majesté ne s*y promenait qu'aux heures du jour les plus propres à faire de l'exercice', et elle était régulièrement retirée à onze heures du soir. Quoiqu'il n'y eût point d'étiquette dans la tenue de la cour, les différents temps de la journée s'y arrangeaient dans l'ordre convenable ; tous les alentours se rassemblaient à un déjeuner qui tenait lieu de diner; différents jeux, une conversation générale, un peu de promenade remplissaient une partie do l'après-midi et conduisaient au temps de la soirée et du souper, qui toujours avait lieu de bonne heure. La Reine y admettait successivement quelques dames de Paris et particulièrement celles qui avaient le plus de droit à espérer cette faveur, comme, entre autres, la maréchale de Noailles-Mouchy, la duchesse de Cossé^ et autres femmes de cet étage. Une disposition si judicieuse con-
{. Lévis, 346.
3. Le temps fut très beau, à part une nuit orageuse du 15 au 16 et une petite pluie dans la nialiaée du 19, à Paris du moins.
4. Elle avait été dame d'honneur api-és la comtesse de Noaillcs, mais n*avail pas tardé à donner sa démission.
itÙ LB JARDIN ANGLAIS.
mais nous ne la verrons venir séjourner à Tnanon sans amener avec elle madame Elisabeth.
Mercy, pendant ce voyage, ne parle pas de spectacles. Il y avait, en effet, impossibilité de jouer la comédie, la nouvelle salle étant encore en construction et l'ancienne se trouvant livrée aux démolisseurs. D'après le plan de Mique, l'orangerie devait disparaître, ainsi que le jardin fltHiriste par-ilevant, afin de faire place à une pelouse parsemée d'arbres*. Pour distraire la convalescente, le comte d'Artois imagina d'appeler au Petit-Trianon la troupe de Nicolet* qu'il avait été voir incognito le mois précédent.
Nicolet, qui s'était rendu agréable à la cour en jouant pendant tout l'hiver, pour célébrer la naissance de Madame royale, une pièce de circonstance, la Fêle des lys^ exhibait alors au public un danseur de corde étourdissant, Pol, surnommé le « Petit-Diable d'Hollande. » 11 avait débuté le 7 janvier. Il faisait « le saut du ruban sur la corde et sur le tremplin, le saut du tremplin pardessus vingt hommes, le saut du lion, le saut du sac, de la baguette, du chapeau, la passe du cercle, la danse montante et descendante sans balancier, des rondades de sauts périlleux en avant et en arrière, l'équilibre du gobelet, de la planche, de la chaise et de la table avec des serpentaux ; il dansait les pieds enchaînés, avec des paniers attachés aux pieds, avec des œufs fixés sous les pieds et sans les casser, etc. » Sa renommée avait ramené, le 18 février, chez Nicolet le beau Dupuis, jaloux de lutter avec lui de légèreté et d'audace. Un autre sujet qui joignait à l'adresse de Téquilibriste des talents d'auteur, Alexandre-Placide Bussart, dit Placide, jouait en même temps une pantomime do sa composition qu'il avait importée nouvellement d'Angleterre. Jamais le théâtre des « grands danseurs du Roi » n'avait réuni une troupe si capable de justifier la prétention de l'imprésario