‹ Le peuple algérienChapitre 14 sur 29 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La Chambre vient d'être saisie d'un nouveau projet de colonisation tendant à fonder 175 nouveaux villages dont la dépense est évaluée à 50 millions. Les circonstances ne permettant pas au trésor de disposer de cette somme, la Caisse des dépôts et consignations est chargée de les lui avancer au moyen de cinq annuités de 10 millions chacune. Elle recevra pour se rembourser un versement annuel de 3.132.632 fr. représentant l'amortissement du capital au taux de 4 1/2 0/0. La durée de ces versements sera de vingtdeux ans.

Ils seront prélevés sur les crédits inscrits aux trois chapitres du budget de l'Algérie qui se rapportent plus spécialement à la colonisation. Sur ces 50 millions, 21 serviront à payer les indemnités des expropriations qu'auront à subir les indigènes, 23 seront affectés à l'assiette des nouveaux villages, les 6 millions restants devant constituer une réserve destinée à faire face à l'imprévu.

Le moment ne saurait être mieux choisi pour essayer de se rendre compte des principales difficultés auxquelles donne lieu la question des terres. Nous passerons successivement en revue la législation ou ce qui en tient lieu, les exemples qui nous viennent du

dehors, l'usage qui a été fait du domaine de l'Etat, l'influence comparative de la colonisation officielle et de la colonisation libre. Nous exposerons enfin les raisons qui, à notre avis, devraient faire choisir la vente comme le seule mode d'aliénation des terres de colonisation.

A l'heure où nous écrivons ces lignes, la situation, au point de vue spécial où nous nous plaçons, est la suivante :

Les propriétés rurales que possèdent les Européens mesurent une superficie de 1.081.876 hectares. Us emploient un matériel agricole qui se compose de 82.266 instruments aratoires, valant 13.818.529 francs. Le bétail de toute race leur appartenant ne s'élève pas à moins de 529.660 têtes. Enfin la population rurale européenne elle-même atteint le chiffre de 146.657 individus. Ces travailleurs d'élite sont comme les contre-maîtres du grand atelier agricole où se meuvent les 2.350.000 indigènes dont le domaine n'est pas moindre de 15.000.000 d'hectares.

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