CHAPITRE II
La race arabe est-elle douée des facultés qui lui permettraient de gravir sans peine les degrés de la civilisation ? Aura-t-elle la force de résister aux brusques changements que l'irruption de l'élément européen imprime à son atmosphère sociale ? L'Arabe est-il irrémédiablement condamné à ne connaître que son état social actuel, si voisin de la barberie, sans pouvoir s'élever plus haut ? ou au contraire faut-il espérer qu'il saura se plier aux exigences des sociétés modernes ?
Dans la première hypothèse, l'Arabe est un être nuisible en ce sens que sa présence ralentit les progrès de l'œuvre civilisatrice et retarde l'heure de son triomphe. La société nouvelle ne saurait mettre dans une égale balance son propre intérêt et celui d'une race immobile qui stérilise tout à son contact au lieu de tout féconder. Que l'Arabe s'efface donc ! que l'obstacle disparaisse ! ainsi le veut l'ordre de la nature ! Que la loi de sélection ait son cours ! Mais si c'était la seconde hypothèse qui fût la bonne ? Si. loin d'être réfractaire à la civilisation, il était prouvé qu'il y est sensible et qu'il en réclame les bienfaits ? Notre intérêt et le sien ne seraient-ils pas de faire tomber les barrières qui lui interceptent la route ?
Quant à nous, nous croyons que L'Arabe est assimilable. Nous regardons l'opinion contraire comme le préjugé le plus funeste el le plus capable de susciter de regrettables complications. Dans les voies de la civilisation certains peuples sont arrivés plus vite que d'autres à l'âge de majorité. Relativement à nous, la race arabe est une race mineure ; ce n'est pas une race inférieure.