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Aude
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Bouches-du Rhône . .
Calvados
Cantal
Charente
Charente-Inférieure. .
Cher
Corrèze
Corse
, Côte-d'Or
Cùtes-du-Nord
Creuse
Dordogne
Drôme
Eure
Eure-et-Loir
Finistère
Gard
Haute-Garonne
Gers
Gironde
Hérault
Ille-et- Vilaine
Indre .
Indre-et-Loire
Isère
Jura
Landes
Loir-et-Cher
Loire
Loire (Haute)
Loire-Inférieure. . . .
Loiret
Lot
Lot-et-Garonne ....
Lozère
Maine-et-Loire
Manche
Marne
Marne (Haute)
Mayenne
Meurthe-et-Moselle.
Meuse
Morbihan
Nièvre
Nord
Oise
Orne
Pas-de-Calais
Puy-de-Dôme
Pyrénées (Basses)..
DÉPARTEMENTS
Pyrénées (Hautes)..
Pvrénées-Orientales
Belfort
Rhône
Saône (Haute)
Saône-et-Loire ... .
Sarlhe
Savoie
Savoie (Haute) . .
Seine
Seine-Inférieure. . . .
Seine-et-Marne ....
Seine-el-Oise
Sèvres (Deux) . ...
Somme
Tarn ,
Tarn-et-Garonne . . .
Var
Vaucluse
Vendée
Vienne
Vienne (Haute)
Vosges
Yonne
O Ph
Transportées sur deux cartes (1) et nuancées par des différences de couleur, ces moyennes montrent trè s
(1) Il nous a paru inutile de reproduire ici les deux cartes que nous avons publiées dans le numéro du 1er septembre 1900 des Questions Diplomatiques et Coloniales. On les trouvera facilement dans cette revue. Si le dénombrement de 1901 avait été plus complet, nous aurions refait nos calculs et établi de nouvelles cartes.
visiblement ce que l'Algérie doit aux divers départements français. Or, les deux cartes se complètent sans S'opposer, sans se contredire. Naturellement, quelques départements montagneux à population faible (les Basses-Alpes) n'envoient pas un contingent de colons numériquement égal à celui d'un département plus peuplé comme la Seine, bien que ce faible contingent représente, en égard à l'effectif minime de la population, une émigration plus forte. Mais la meilleure preuve que les causes qui ont amené l'immigration sont des causes profondes, c'est que ces deux cartes ne s'opposent pas dans leurs grandes lignes et que les contradictions y sont plus apparentes que réelles.
Mettons à part la Corse qui, par sa situation géograpbique au milieu du bassin occidental de la Méditerranée, par la densité et l'indigence de sa population, par la similitude de son climat et de ses cultures et aussi par l'esprit entreprenant de ses habitants, devait èlre appelée à avoir une place prépondérante, privilégiée dans cette immigration ; elle s'en serait réservée une plus grande encore si les communications avaient été plus faciles entre cette île et la colonie, si des lignes de navigation avaient établi des escales dans quelques-uns de ses ports.
Pour l'ensemble du territoire de la métropole, on peut le diviser en trois régions. Une première est limitée par une ligne qui partirai! de l'exl rèmité de la frontière occidentale de la France et de l'Espagne pour aboutira Genève ; tous les départements placés au sud de cette ligne ont une moyenne supérieure à 5; quelques-uns atteignent 10 et même 19.9, comme les Pyrénées-Orientales et tous ceux qui dépendaient de l'ancien Dauphiné (Drôme, Basses-Alpes, Hautes-Alpes). Un seul a une proportion
inférieure, mais inférieure de 4/10 à la proportion limite : ce sont les Basses-Pyrénées (4.6 au lieu de 5). Cependant cette ligne laisse en dehors une province enlière dont les départements le fait est curieux et mérite d'être cité) ont envoyé des colonies très prospères en Algérie : c'est l'ancienne province espagnole de la Franche-Comté avec le Jura, le Doubs et la Haute-Saône.
Une deuxième région est limitée au sud par cette première ligne, au nord par une seconde partant de l'extrémité méridionale de la Vendée pour couper la frontière belge vers Givet. Elle comprend tous les dépar tements qui ont donné, pour 1,000 habitants algériens, nés en France, une proportion de 2.5 à 4.9. Elle est bien moins homogène que la première : si toute la région sud-ouest du bassin de la Garonne, la partie nord de celui du Rhône, la partie sud du bassin parisien entrent facilement dans cette division, il n'en est pas de même pour les départements du centre ; il y a là tout un ensemble de provinces du cœur de la France qui ont participé faiblement à ce mouvement d'émigration.
Enfin, une dernière région se compose de tout le nord et le nord-ouest. Malgré des tentatives répétées pour attirer dans notre colonie transméditerranéenne des pécheurs bretons et normands — et l'essai vient d'être renouvelé tout récemment avec le même insuccès — ces provinces sont peu représentées en Algérie ; quant aux riches plaines de la Flandre et à celles du bassin de Paris, elles n'ont, elles aussi, envoyé qu'un contingent des plus modestes, puisqu'elles n'atteignent qu'une moyenne de 1 à 2.4 Pour le Finistère, le Pas-de-Calais et le Nord, cette moyenne fléchit au-dessous de 1 ; elle est respectivement de 0,9 pour le Finistère et le Pasde-Calais et de 0,8 pour le Nord.
Reste à étudier les causes qui ont influé sur cette inégale contribution des départements français au peuplement de l'Algérie. Elles sont d'ordre divers : géographiques, administratives, économiques et historiques.
Géographiques d'abord : il est évident et il est à peine besoin d'insister sur ce point, que la proximité plus grande des départements méridionaux a facilité à leurs habitants l'émigration en masse vers l'Algérie ; le littoral méditerranéen de la France fait face au littoral méditerranéen de l'Algérie ; les communications, naguère longues et difficiles, deviennent de plus en plus rapides et aisées. Le climat du Roussillon, du Languedoc, de la Provence et même d'une partie du Dauphiné se rapproche beaucoup, par les chaleurs sèches de son été et la douceur de sa température pendant l'hiver, du climat algérien ; les habitants de ces régions avaient donc moins à redouter les brûlures du soleil africain et la régularité débilitante de sa température hivernale. Des deux côtés de la Méditerranée, on pratiquait les mêmes cultures arbustives : vigne, olivier...
Administratives ensuite : il faut se souvenir que c'est la colonisation officielle qui a attiré en Algérie la majorié des Français qui y cultivent la terre ; or, de même qu'elle a réparti un peu partout dans les campagnes algériennes les colons bénévoles de la métropole, de même elle a accepté toutes les demandes d'où qu'elles vinssent ; elle a sollicité même cette émigration dans tous les villages et toutes les villes et c'est ainsi que les départements français, les plus éloignés comme les plus proches, les plus riches comme les plus pauvres, ont été amenés à prendre leur part dans cette émigration. Au surplus les fonctionnaires abondent dans la colonie, et je ne sache pas qu'on se préoccupe, avant de les y
envoyer, de savoir s'ils sont originaires du nord ou du sud delà France. Et ils sonU légion ceux qui, le jour de la retraite étant venu, militaires ou civils, s'établissent dans le pays où quelquefois ils ont passé une partie de leur existence, où les enchaîne je ne sais quelle séduction, je ne sais quel charme enchanteur bien connu de ceux qui ont habité l'Algérie.
Economiques surtout ; ce sont les plus actives. Toutes les fois qu'a été expérimentée une culture nouvelle et qu'elle a paru rénumératrice. sitôt la nouvelle lancée et les résultats connus, la colonie a bénéficié d'un afflux d'immigrants, avides de fortunes faciles. Il est même curieux de remarquer que l'Algérie a profité de toutes les calamités qui se sont abat lues sur l'agriculture française et surtout sur le vignoble français. Les vignerons de l'Hérault, du Gard, des Bouches-du-Rhône, de l'Aude, ('es Pyrénées-Orientales, dont les plantations avaient été dévastées vinrent reconstituer leur vignoble dans un pays où le terrible insecte n'avait pas fait son apparition et où la vigne donnait des rendements au moins égaux à ceux de France.
Historiques enfin : et celles-là expliquent quelques apparentes anomalies. Parfois, sous l'impulsion intelligente et énergique d'un homme qui avait foi dans les destinées de l'Algérie, s'est dessiné un courant d'émigration que rien ne faisait prévoir ; tel fut le cas pour la Franche-Comté; et ce courant a pu plus tard se ralentir, il n'a jamais cessé complèlement, à cause des relations constantes qu'ont entretenues les premiers émigrants avec leurs parents restés dans la métropole. Parfois aussi quelque douloureux événement a forcé une population à s'expatrier; en 1870-71, les Alsaciens- Lorrains ont préféré accepter des terres en Algérie et
quitter leurs provinces que vivre sous le joug allemand. Or cet exode a eu sa répercussion sur les populations voisines des territoires non annexés ; et c'est ainsi que les Vosges et la Meurthe-et-Moselle, comme le territoire de Belfort, s'inscrivent dans un bon rang parmi les départements colonisateurs.
Dès lors, si nous considérons à nouveau la carte de l'émigration française en Algérie, il apparaîtra clairement ou bien que chacune de ce? causes a agi isolément dans certaines régions, ou bien que la plupart ont agi ensemble dans d'autres. Dans le Nord, ce sont les efforts de l'administration qui ont amené cette émigration relativement minime ; dans le centre, à ces efforts se sont ajoutées des sollicitations économiques ; à peu près tous les départements, où la culture de la vigne était pratiquée, ont fourni plus d'émigrants que les autres. Enfin, dans le Midi, colonisation officielle, culture de la vigne, proximité de l'Algérie et similitude des climals et des récoltes ont ensemble provoqué ce magnifique mouvement qui a emporté vers l'Algérie une armée de colons provençaux, languedociens et dauphinois.
Origines des Espagnols. — Sur l'origine des Espagnols, nous ne possédions aucun renseignement en 1900; et depuis cette époque les statistiques officielles sont restées muettes sur cette question à laquelle s'attache cependant le plus grand intérêt. Bien extraordinaire semblera plus tard cette indifférence des autorités administratives; car il n'y a pas là seulement un problème
scientifique, il y a aussi une question politique. On reçoit trop souvent dans la cplonie des étrangers dont on ne sait rien ni des antécédents, ni des origines.
Cependant, depuis que la loi du 8 Août 1893 a imposé à tous les étrangers qui débarquent une déclaration de domicile et que l'administration a tenu la main à ce que fut rigoureusement exécutée cette mesure de sûreté publique, rien n'empêche que Ton ne sache exactement l'origine de ces étrangers; et ce serait un travail relativement aisé et de peu de durée que celui qui consisterait à classer par province d'origine les Espagnols ou les Italiens, fixés dans la colonie depuis cette époque.
Nous n'avons pu faire ce travail pour l'Algérie entière ; nous l'avons ébauché seulement pour Alger 1} ; il est bien certain que les conclusions auxquelles nous arrivons ne sont que provisoires et que, ne s'appliquant qu'à la seule région algéroise, elles ne sauraient être étendues à toute la colonie.
(1) Nous devons des remerciements à plusieurs chefs de service de la mairie d'Alger qui ont bien voulu, sur notre demande, procéder à quelques enquêtes supplémentaires. Ils s'y sont prêtés avec la plus entière bonne volonté ; toutefois les résultats de ces enquêtes n'ont pas pu être tous utilisés à cause de l'instabilité de la population algéroise. Nous avions par exemple, fait rechercher dans les statistiques del'Etat-Civil le nombre des enfants qu'avaient eus les familles françaises et étrangères, constituées en ) 880 et 1881. Mais, après des investigations longues et minutieuses, il n'a pas été possible de suivre toutes ces familles dont la plupart avaient quitté la ville ou même la colonie ; et l'enquête a échoué partiellement.