ETATS
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Empire allemand^.
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(*) Total pour l'Empire allemand entier. (1) 1878-80. — (2) 1885-89. — (3) 1887-88.
Ne retenons pour le moment que les moyennes de la dernière période, la plus rapprochée de nous, et, bien entendu, celles qui se rapportent à la France (7,26)., à l'Italie (7,<>9) et à l'Espagne (5,61); il est aisé de voir que la moyenne que nous avons adoptée pour l'Algérie, 70 ou 71, tient le milieu entre ces trois chiffres. Elle est cependant un peu supérieure à 6,85, somme que
l'on obtient en additionnant les trois premières moyennes et en divisant par trois.
Mais c'est ici qu'intervient — et on le voit dans des proportions assez modestes — le facteur que nous avons néglige jusqu'ici, le climat et l'existence nouvelle que mènent en Algérie les immigrants. Il est certain que, dans les villes algériennes, les Espagnols ont une situation beaucoup plus aisée que dans leur patrie d'origine. Ici, en effet, leurs bras restent rarement inoccupés et ils peuvent aisément ramasser quelque argent pour se marier. Dès lors, la pauvreté qui les avait empêchés de contracter un mariage en Espagne n'existant plus, ils se marient plus facilement, et la moyenne de leur nuptialité doit être supérieure à 5,61.
Oh ! sans doute, si l'on compare le nombre de leurs nationaux en Algérie et la très faible quantité des unions où l'époux est Espagnol, on se montrera étonné des résultats qui paraissent ressortir de cette comparaison. En Algérie, pendant l'année 1903, le total des mariages d'Espagnols ne s'est élevé qu'à 738 ; ce qui donne, si l'on suppose que )a colonie espagnole n'a pas changé depuis 1901, une moyenne de 47 mariages pour 10,000 habitants, moyenne encore plus basse que celle de l'Espagne. Pour les Italiens, mêmes résultats : 48 au lieu de 47. Est-on en droit d'affirmer que les Espagnols et les Italiens se marient moins souvent que dans leur pays natal ? Simple illusion. Les colonies étrangères, dont le développement a paru s'arrêter depuis la loi de 1889 sur la naturalisation automatique, perdent chaque année du fait de cette loi la plus grande partie de leurs éléments adultes, mariables, qui vont grossir le nombre des naturalisés français. Quand ils se marient, l'Etat-civil les compte parmi les Français ; aussi ce groupe des
naturalisés a-t-il une matrimonialité anormale. En 1903,, elle s'élevait à 122 pour 10,000 habitants, plus grande que celle de n'importe quelle nation du monde.
Afin d'obtenir une moyenne approchée de la nuptialité du groupe algérien d'origine étrangère,, il suffira d'ajouter à la somme des mariages contractés par les étrangers proprement dits ceux des naturalisés et de comparer les résultats au total des deux populations étrangère et naturalisée. Pour l'année 1903, la seule dont les statistiques plus complètes permettent cette comparaison, les calculs donnent 66 unions pour dix mille habitants, exactement la moyenne des moyennes d'Europe pour le peuple italien et le peuple espagnol. Toutefois, comme la colonie italienne est beaucoup moins nombreuse que la colonie espagnole en Algérie, il a donc fallu que cette dernière bénéficie d'un certain relèvement dans le taux de sa matrimonialité.
Les Français se comportent en Algérie à peu près comme en France ; au cours de cette même année 1903, ils ont une moyenne de 77 mariages, toujours pour 10,000 habitants, moyenne un peu supérieure à celles que donnent les statistiques françaises. Cette légère différence peut avoir sa cause dans la supériorité de l'élément adulte au sein d'une colonie où se produit encore une assez forte immigration.
Ainsi que l'ont remarqué les démographes, à coté de cette manière de calculer la matrimonialité générale, il est une autre façon plus exacte de déterminer la nuptialité en écartant du chiffre de la population tous ceux qui ne se trouvent pas dans les conditions pour contracter un mariage, les entants au-dessous de 15 ans, les vieillards, au-dessus de 50 pour les femmes, de 60 pour les hommes, enfin les infirmes. Mais cette méthode
nouvelle exige des statistiques plus complètes que les statistiques algériennes où l'on ne trouve aucun tableau de répartition de la population par âge et état- civil dont il soit possible de se servir.
Faute de données plus précises, nous conclurons donc que le taux de la nuptialité algérienne oscille aujourd'hui autour de 70, que cette moyenne qui est inférieure à celles de la France et de l'Italie, mais très supérieure à celle de l'Espagne, prouve, si elle est exacte, la minime influence exercée sur les populations par le climat et la persistance des habitudes sociales de ces peuples sur le sol africain.
Les mariages et l'âge des époux et des épouses. — Là où se marque le mieux l'influence du changement de climat, c'est lorsqu'on examine ces mariages d'après l'âge des époux et des épouses et d'après leur état-civil.
Mariages d'après l'âge des époux et des épouses