NOMBRE DE MARIAGES DE
Garçons et Filles
Garçons et Veuves
Veufs et Filles
Veufs et Veuves
MARIAGES
dans
lesquels
un
des époux
ou les deux
étaient
divorcés
Alors qu'en France, en Italie, en Espagne, les unions entre veufs et filles représentent respectivement pour chaque pays 7,8 — 9,4 — 10^1 sur 100 mariages, en Algérie leur nombre descend à 4,5 : ce qui est fort peu, ce qui met notre Colonie dans cet ordre de faits au-
dessous de toutes les nations européennes. La Grèce, qui parmi ces nations possède le moins de ces unions, en a encore 6,7 0 0. Le nombre des veufs qui épousent des veuves est aussi très faible dans la Colonie, sans que cependant la différence entre l'Algérie et les autres contrées européennes soit aussi marquée : 3,4 contre 3,7 en France et en Italie, 4,8 en Espagne. Ces proportions si minimes sont un indice certain du très petit nombre de veufs.
Ces conclusions infirment sans les contredire complètement les inductions du docteur Ricoux. Il n'est point vrai, ainsi qu'il l'affirmait d'après des statistiques incomplètes, que très fréquentes soient les unions dont un des fiancés contracte pour la seconde fois mariage; il n'est pas vrai que les veufs et les veuves se remarient souvent entre eux, que les filles ne répugnent pas à épouser un veuf. Ou plutôt tout cela n'est plus vrai. Au temps de M. le docteur Ricoux, la proportion entre les sexes était encore des plus anormales, et il se pouvait qu'à cette époque la rareté des femmes entraînât la fréquence des secondes unions. Aujourd'hui, il ne saurait en être de même ; les sexes sont maintenant en proportion de plus en plus normale dans le peuple algérien, et c'est actuellement qu'il est possible de déterminer avec quelque précision les lois démographiques qui régiront les mariages algériens, lois qui doivent concorder avec celles de la mortalité. Or, en matière de seconds mariages, il y a accord, accord absolu.
Puisque les veuves sont nombreuses en Algérie, nécessairement, à moins que certaines habitudes sociales ne s'y opposent, on devra obtenir une proportion plus élevée d'unions entre les garçons et les veuves ; on a? en effet, 4,5 contre 4,1 en France, 3,7 en Italie, 4,0 en
Espagne. Est-il permis d'en inférer que les veuves attirent fréquemment les garçons, suivant une expression du docteur Ricoux ? Nullement ; il y aurait plutôt lieu de s'étonner de cette proportion assez faible, si l'on ne savait que, les mariages algériens étant le plus souvent prolifiques, les jeunes gens hésitent en épousant une veuve à assumer la charge des enfants qu'elle a eus du premier lit.
Enfin la fréquence des unions entre célibataires en Algérie est digne d'être notée : 84,9 contre 84.3 en France, 83,2 en Italie, 81,1 en Espagne.