‹ Le peuple algérienChapitre 36 sur 104 · EPOUX FEMMES · texte numérisé non relu

EPOUX FEMMES

— Espagnoles, Italiennes. Maltaises. Autre.

Faut-il en conclure, comme on l'a fait quelquefois, que le Français préfère l'Espagnole à l'Italienne et à la Maltaise ? Cet ordre de préférence correspond en réalité à l'ordre d'importance des populations étrangères; les affinités de race interviennent en général fort peu. Si cependant on prétendait faire dire aux statistiques laquelle de l'Italienne ou de l'Espagnole nos nationaux choisissent le plus souvent, on pourrait répondre que c'est plutôt l'Italienne, mais l'indication n'a qu'une valeur très relative.

Il est plus intéressant d'observer que parmi ces jeunes filles de sang espagnol, italien, maltais, le Français se marie de préférence avec celles qui sont nées en Algérie et sont devenues Françaises automatiquement. C'est ainsi que dans ces 62 épouses de sang espagnol, 22 seulement étaient encore de nationalité espagnole, 40 étaient françaises naturalisées; sur 26 de sang italien, 7 étaient de nationalité italienne,, 19 étaient naturalisées ; sur 8 de sang maltais enfin, une seulement avait conservé la nationalité anglo-maltaise et 7 étaient françaises. Donc, chez les Espagnoles épousant des Français, un peu moins des 2/3; chez les Italiennes, près des 3/4; chez les Maltaises, les 7.8 étaient naturalisées au moment où elles se sont mariées. Est-ce à dire que la naturalisation politique favorise la fusion physiologique des peuples ? Il ne serait point déraisonnable de le croire, quoique la question de nationalité ne pèse pas beaucoup dans le choix de l'épouse, puisque la femme suit la nationalité du mari. La préférence pour la naturalisée algérienne se comprend mieux si on fait intervenir la communauté d'origine algérienne, la similitude des habitudes, les relations de la vie quotidienne, l'éducation reçue en commun.

Mêmes arguments sont à invoquer pour expliquer la part prépondérante des unions de françaises avec des naturalisés dans la somme des mariages qu'elles contractent avec des hommes de sang étranger. On sait déjà que les Françaises se croisent en petit nombre :

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