ENSEMBLE
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La colonne II 1889 et de 1893.
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23 à 24 0 0 ! Combien nous sommes loin des espérances du début! Combien fantaisistes et presque fantastiques nous paraissent aujourd'hui les résultats du docteur Ricoux? Ce n'est pas sans avoir refait souvent tous nos calculs, supputé toutes les hypothèses, réfléchi atout ce qui pouvait infirmer ou confirmer ces résultais, ce n'est pas aussi sans une certaine tristesse que nous les publions. En somme, la natalité algérienne française conserve un certain avantage sur la natalité générale de la France qui, en 1904, n'était que de 21 ; mais l'avantage est bien faible. Le changement d'habitat et de climat n'aurait pas eu sur nos nationaux l'influence qu'on avait espérée et prédite. Remarquez d'ailleurs qu'en majorité les colons français sont originaires des départements du Midi ou de ceux des massifs central et alpestre; or, ces régions de la France n'ont qu'une natalité médiocre. De plus, depuis quelques années, nos compatriotes ont été attirés dans les grandes villes algériennes, notamment à Alger, et il était facile de deviner que c'était à eux surtout que la natalité algéroise devait d'être si faible (24 en 1903 et 25 en 1904). Que les statistiques algériennes rendent la chose possible, une recherche s'imposera et elle sera sûrement féconde en résultats plus favorables : il conviendra d'étudier séparément la natalité française dans hs villes et la natalité française dans les campagnes. En mettant à part la population urbaine, composée trop souvent de célibataires, de touristes ou de valétudinaires, on obtiendra, nous en sommes convaincus, une moyenne plus élevée pour la natalité des colons algériens. Pareilles recherches sont actuellement impossibles.
Natalité des naturalisés. — Si les Français d'origine sont peu favorisés au point de vue des naissances, les Français d'adoption, qu'ils soient naturalisés personnellement ou en masse, le sont au contraire exceptionnellement. En 1901, ils étaient au nombre de 71,793; ce groupe grossit d'environ 5,000 par an. En 1903, ils avaient 3,206 naissances et, en 1904, 3,313. Rapportons ces naissances à la population de ce groupe, calculée suivant son accroissement antérieur : sa natalité aurait été de 39 en 1903, et de 38 en 1904.
38 à 39 ! Voilà donc le taux de la natalité des naturalisés. Il est singulièrement plus fort que celui de nos concitoyens d'origine française. Il est même plus fort que celui des Espagnols d'origine, des Italiens, des Maltais. La première différence s'explique d'elle-même, la seconde, toute naturelle à la réflexion, peut paraître d'abord assez illogique. Il semble en effet que ces Français d'aujourd'hui, étrangers d'hier, devraient se comporter comme leurs compatriotes de la veille. Cette apparente contradiction n'est qu'un simple effet de la composition toute particulière de ce groupe. Mettons de côté ceux qui doivent leur naturalisation aux dispositions du Sénatus-consulte de 1865; ils peuvent être naturalisés depuis de longues années, s'être mariés, avoir une famille, leur groupe a toutes chances d'être formé normalement. Mais celui des naturalisés par les articles de la loi de 1889 et ceux de la loi de 1893 présente, doit nécessairement présenter une proportion anormale d'adultes des deux sexes, puisque c'est à leur majorité que la loi française saisit les jeunes étrangers et les déclare Français, s'ils ne déclinent pas à cette époque cette nationalité. Ce dernier groupe contiendra donc beaucoup d'adultes, quelques enfants et pas de vieillards.
S'étonnera-t-on dès lors de sa natalité exceptionnelle? Et que conclure, sinon que cette natalité diminuera du jour où sa composition sera plus régulière.
Natalité espagnole. — La colonie espagnole est réputée en Aigérie pour sa fécondité. Les quartiers des villes où elle s'est fixée de préférence se distinguent par des bataillons d'enfants qu'on y voit jouer dans les rues. La femme espagnole accepte avec résignation les douleurs et les joies de la maternité; elle a presque toujours un nombre respectable d'enfants. Comme elle se marie facilement avec les étrangers, qu'avec eux sa fécondité reste aussi grande, il est infiniment probable que c'est elle parmi les femmes algériennes qui aura la plus large part dans la créatien du futur peuple algérien.
Jamais depuis les débuts de la colonie jusqu'à ces dernières années, cette fécondité ne s'est démentie.
Période de 1853 à 1876.— Calculs de M. Ricoux
Pour la période de 1876 à 1902, nous avons cru utile de donner année par année la somme des naissances et en regard tous les cinq ans le chiffre du dénombrement s'appliquant à la colonie espagnole. En même temps, nous avons cherché pour chacune des années correspondant aux dénombrements le taux de la natalité espagnole :
Naissances espagnoles (1876-1902)
ANNEES
NAISSANCES j POPULATION RAPPORT
ivxTtfro NAISSANTES AiNMLd d'espagnols
proprement dits