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(1) De 1876 à 1890, militaires, mais on a général.
(2) En 1891, le de tous les chiffres qui nent les décès militai proportion, du contii
un des facteurs les plus puissants de cet heureux résultat. Le fléchissement de la mortalité est un fait général que l'on peut observer dans l'Europe entière et chez toutes les nations civilisées. Quoiqu'il soit de bon ton de railler les médecins et la médecine, les statistiques démographiques sont là pour les venger de ces sarcasmes qui sont inspirés par la mode plus que par des convictions sincères. En Algérie et dans les pays chauds, ces secours médicaux ont permis de combattre bien des affections endémiques et d'arrêter les grandes épidémies. Hier encore, le choléra et la peste ravageaient périodiquement la colonie ; depuis près de quarante ans, l'Algérie en a été indemne. Demain verra peut-être la victoire de la science sur la fièvre, un des fléaux africains les plus insinuants et les plus redoutables. Or ces conquêtes de la science médicale ont profité surtout à la colonie française plus aisée, moins réfraclaire aux conseils hygiéniques et aux prescriptions des médecins. D'autres causes n'ont-elles pas agi dans le même sens ? Il serait téméraire de le contester. Mais nous ne saurions leur reconnaître la même importance qu'à celles que nous avons déjà indiquées. Ainsi, la mortalité algérienne a commencé à décroître vers 1890. N'était-ce pas aussi le moment où l'aisance a été développée dans la colonie par les produits du vignoble ! De plus, quels avaient été les émigrants qu'avait attirés dans la colonie la plantation de ce vignoble ? La plupart étaient originaires des départements méridionaux delà France, c'està-dire de ceux qui les premiers avaient été envahis par le phylloxéra et dont le climat était si semblable à celui de l'Algérie. Peut-être ces viticulteurs furent-ils éprouvés les premières années, mais riches pour la plupart, ils devaient, soit à cause de leur plus grande aisance,
soit à cause de leurs origines méridionales, résister beaucoup plus que des colons pauvres ou des colons venus des départements du nord de la France.
De nos jours, la majorité des Français qui entrent dans la composition du peuple algérien sont nés dans la colonie. Ceux qui sont originaires de France disparaissent peu à peu, et les immigrants nouveaux ne forment qu'une partie de plus en plus faible du groupe français. Ces Algériens sont déjà en partie acclimatés ; v quoique certains écrivains parlent de la dégénérescence de la race, il ne semble pas, à voir comment se comportent ces descendants des anciennes familles françaises, qu'ils résistent moins bien au climat algérien que leurs parents, ils ont acquis au contraire une plus grande endurance. Les Français d'Algérie sont parfois aussi de sang très mêlé ; en étudiant les mariages croisés, nous avons montré combien général et combien rapide était ce croisement des races latines. Or la race française a bénéficié par là de l'immunité à peu près complète dont jouissaient les éléments italiens, maltais, espagnols, d'autant qu'elle a fourni surtout les époux et les autres races les épouses, et que, d'après certaine théorie médicale les qualités passives de résistance au climat se transmettent par les femmes. S'étonnera-t-on dès lors de la décroissance de la mortalité française ?
Mortalité espagnole. — La mortalité des Espagnols n'a jamais subi les variations excessives qu'a éprouvées celle des Français. Le docteur Ricoux le constatait pour la période antérieure à 1876 et pour cette année-là. Les moyennes auxquelles il était arrivé dans les calculs étaient les suivantes :
A part la période 1867-72, où cette moyenne s'éleva à 35,5, elle se maintint donc aux: environs de 29 qui était vers la même époque la moyenne de la mortalité espagnole dans la péninsule.
L'Espagnol trouvait d'ailleurs dans l'Afrique du Nord des conditions d'existence semblables à celles qu'il avait dans la patrie. Ne jouissait-il pas du même climat ? Dans ses provinces du sud, l'Espagne a des régions dont la latitude est plus méridionale que certaines parties des départements d'Alger et d'Oran ; la température y est plus élevée que le long du littoral algérien. Voire sur les hauts plateaux castillans, pendant trois mois d'été, il fait selon le dicton bien connu une chaleur d'enfer. Même structure géographique du Maghreb et de Tlbérie ; de hauts plateaux à l'intérieur avec une végétation steppienne et quelquefois l'aridité du désert, et sur le pourtour de fertiles plaines à proximité de la mer. Les deux pays sont soumis également au régime des vents d'ouest pendant l'hiver et à celui des vents d'est durant l'été ; de là une période de sécheresse estivale qui succède à une période d'humidité hivernale- Mêmes cultures hâtives, mêmes procédés de culture par irrigation, même élevage de moutons transhumans. Enfin qui ne sait que le peuple espagnol est métissé de berbère et d'arabe; cette origine seule expliquerait son immunité à l'égard du climat africain.
Mortalité annuelle par nationalité
ANNÉES
ESPAGNOLS
ITALIENS