INDIGÈNES
Israélites
Alger ....
Mustapha .
Alger ....
Mustapha .
| Alger ....
Mustapha .
Alger ....
Mustapha .
Depuis la récente annexion de la commune de Mustapha à celle d'Alger, l'agglomération algéroise contient 133,954 habitants. Cette annexion s'imposait : car ces deux villes, séparées simplement par la zone militaire des fortifications, n'en faisaient en réalité qu'une ; et, à les séparer dans les statistiques démographiques, on risquait de propager des idées fausses sur le véritable développement d'Alger.
N'avait-on pas raison de placer à côté des chiffres de la population d'Alger ceux de la population de Mustapha ? Sans cette précaution qui pourrait comprendre comment en 1900 les Français habitant Alger ne sont plus que 38,892, alors qu'ils étaient 42,004 en 1896 ? Ils se sont déplacés simplement vers Mustapha puisque en ces cinq années cette ville a gagné huit mille Français. A d'autres causes est due la diminution des Etrangers, des Musulmans et des Israélites en 1851 ; trois ou quatre ans auparavant vers 1847-48, une crise économique intense sévit dans la région algéroise, une partie de la population émigra vers l'Oranie ou dans le département de Constantine, que nos troupes avaient définitivement conquis et pacifiés.
Comme à Oran, toutes les colonies européennes et indigènes ont progressé régulièrement depuis cette époque. Les Musulmans, qui en 1851 étaient 17,519, sont aujourd'hui 26,312 ou plutôt avec Mustapha 29,310; les Juifs ont doublé (5,786 en 1851 — 11,247 en 1900). Les Européens ont triplé (35,197 en 1851 — 93,407 en 1900). Dans son ensemble, cette population s'accroît rapidement; tous les cinq ans, les recensements font ressortir une augmentation de 10,000 à 15,000 âmes.
La ville prend une extension absolument inespérée ; enfermée autrefois dans des enceintes étroites, elle les a
brisées successivement, pour s'épanouir plus à l'aise vers les riants coteaux de Mustapha ou dans le frais vallon débouchant près Bab-el-Oued. Ses maisons, étagées sur les pentes de la Bouzaréa et du Sahel entourent comme d'une blanche couronne le vaste hémicycle que forme la mer. Une véritable fièvre de construction sévit ; à peine les maisons commencées sont-elles terminées qu'on en entreprend d'autres et qu'on en projette d'autres encore. Et la crise immobilière que des personnes graves prédisaient ne s'est point produite.
Aussi bien le commerce d'Alger est des plus florissants ; dans ces dernières années surtout, il a progressé très rapidement. Voici d'abord une statistique indiquant sa progression de 1836 à 1887 :
Moyenne de l'exportation du port d'Alger
Mais ce sont là des chiffres trop anciens : l'évolution marche si vite en ce pays qu'il faut en citer de plus nouveaux (1). Pour l'année 1904, les entrées et les sorties de vaisseaux dans le port d'Alger ont atteint le nombre de 8,373 navires et celui de 3,823.235 tonneaux de jauge. Alger se place désormais aux premiers rangs des ports français.
(1) Nous ne possédons pas pour Alger la valeur de ce commerce.
Quant au tonnage des marchandises importées et exportées, il s'élève aux quantités ci-dessous.
ANNÉES