‹ Le peuple algérienChapitre 82 sur 104 · OCCUPANT DES OUVRIERS · texte numérisé non relu

OCCUPANT DES OUVRIERS

Français

Etrangers

TOTAL

C'est déjà un renseignement, concordant avec les opinions les plus accréditées sur l'Algérie, que cette inégale proportion des Français et des Etrangers dans les deux groupes de patrons — patrons travaillant seuls et patrons occupant des ouvriers. Dans la première catégorie sont compris tous ceux auxquels de modestes ressources ne permettent pas d'embaucher un personnel ouvrier considérable et dont l'industrie ne peut être que très réduite : les Etrangers y sont presque aussi nombreux que les Français, ils représentent en effet 45 0/0 de la masse totale; nos nationaux 55, et parmi ces derniers sont comptés les naturalisés. Dans

la seconde catégorie on a placé tous les patrons occupant un nombre plus ou moins grand d'ouvriers; nos nationaux ont ici une supériorité numérique incontestée. Sur 100 patrons de cette catégorie, 77 seraient Français et 23 seulement étrangers. Cette disproportion ne s'harmonise-t-elle pas avec l'inégalité des ressources dont disposaient les colonies française et étrangère?

Pénétrons un peu plus avant dans les détails de ces statistiques : pour tous les groupes industriels, le nombre des patrons travaillant seuls et de nationalité française est supérieur à celui des étrangers, excepté cependant en ce qui concerne l'industrie du bois. Les Espagnols, dont les compatriotes sont défricheurs ou font du charbon de bois dans les forêts, ont monopolisé cette petite industrie; mais, s'il s'agit de la grande industrie, de la vente en gros de bois d'œuvre pour les constructions, si l'on considère les grands ateliers de menuiserie, les Français reprennent l'avantage, 712 contre 213. Même constatation pour l'industrie des cuirs et des peaux : le nombre des petits patrons est le même chez les Français et les Etrangers (87 contre 86), mais la différence est du simple au double pour les patrons occupant plusieurs ouvriers (244 contre 131). Je ne sais pourtant si, dans certaines branches de l'industrie algérienne, — et c'est en cela que cette enquête industrielle me semble incomplète, — les patrons étrangers ne l'emporteraient point. Dans la désignation des groupes industriels on s'est servi, à tort selon nous, de la nomenclature usitée dans la Métropole. Il y a des industries spéciales à l'Algérie, telles que la sparterie, l'industrie du crin végétal, de l'alfa; comme nos compatriotes étaient peu au courant des travaux qu'elles nécessitaient, il est vraisemblable que ce sont des étran-

gers, surtout parmi les petits patrons, qui les ont accaparées. Les statistiques sont muettes sur ce point.

Elles ne nous fournissent aussi aucune indication sur les ouvriers employés à ces travaux. Pour eux, comme pour les patrons, on s'est contenté des méthodes françaises et des divisions employées. Cette statistique ouvrière comporte cependant de multiples catégories : les contremaîtres, les surveillants, les ouvriers, les manœuvres et les charretiers; elle met à part aussi les femmes et les enfants. Enfin, elle a été dressée séparément pour chaque département.

Les contremaîtres se répartiraient ainsi dans la colonie entière d'après leur nationalité. Alger (civil) : 307 Français, 76 Etrangers ; — Oran (civil) : 385 Français, 97 Etrangers ; — Constantine (civil) : 330 Français, 62 Etrangers. Les premiers seraient par rapport aux seconds dans la proportion de 4 à 1 .

La proportion diminue quand il s'agit de simples surveillants de travaux; sur 5 surveillants, 3 seraient d'origine française ou plutôt de nationalité française, 2 de nationalité étrangère. Oran : 135 Français, 69 Etrangers; Alger : 156 Français, 54 Etrangers ; Constantine : 139 Français, 39 Etrangers.

Elle descend encore pour les ouvriers proprement dits et surtout pour les manœuvres et charretiers.

Département d'Alger, (civil)

— d'Oran, id..

— de Constantine, id..

Totaux

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