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i'on\pag:nies, chaque rangée étantcalculée pour50 hommes, soil pour lo nouihi'o correspondant do cahanes ou de huttes. Phis loin s'étendait la ])artie du camp destinée aux ofiiciers supérieurs, ceux-ci disposant de tentes coniques, l)ariolées, spacieuses, au prorata du rang', et assujetties en terre par des cordes.
Le capitaine s'installait à l'extrémité, le lieutenant vers le milieu des rangées d'une compagnie. L'enseigne se casait immédiatement derrière le front de bandière; il partageait son logis avec le chirurgien ; l'aumônier couchait dans le voisinage du capitaine.
Les combattants édifiaient eux-mêmes, sur le terrain respectif, les abris où, deux par deux ou quatre par quatre, les femmes, les enfants et les chiens en sus, ils avaient à se grouper. Les matériaux pour ces cases, paillottes ou gourbis provenaient presque toujours des fermes voisines préalablement mises à sac. A l'entrée des cases, les hommes devaient ficher en terre, bien en évidence, leur pique ou leur hallebarde, la pertuisane ou la fourche à mousquet, afin que de loin déjà on pût reconnaître le grade de l'habitant et l'arme à laquelle il appartenait.
Sur le pourtour du camp disposé de cette façon et où 1 armée se serrait compagnie par compagnie et régiment par régiment, une large bande de terrain inoccupé constiluail le lieu pour les appels ou rassemblements ou, comme on lanonnnait, la « place d'alarme ». AnléritMU'cnienl. on entourait le camp de tous les chariots du train, qui, accoujdés par de fortes chaînes et placés sur deux rangs coucenlricpies. formaient une enceinte — l'ancien camj» germanicjue — oii l'on ménageait des ruelles pour la commodité du service. On adossait au rempart, constitué par les chariots, des appentis ou hangars pour les chevaux et les cavaliers. Cet ensend)le, grossi de rtMilassemenl
des bagages, équivalait à une muraille protectrice. A ce dispositif suramic, — on y reviendra cependant quelquefois durant la guerre, — on avait substitué un système de fossés extérieurs et de retranchements ou d'escarpes de terre avec palissades, en intercalant, aux points les plus vulnérables, et près des issues, des pièces d'artillerie. En dehors de cette ceinture on installait des postes de mousquetaires que des piquets de cavalerie reliaient entre eux.
Près de l'entrée principale, la tente du porte-drapeau. La bannière flotte hissée au mât. A terre, devant la tente, un tambour. L'arquebusier de service, tenant d'une main son arme appuyée sur la fourchette, et de l'autre, le boutefeu, monte sa faction. Le mot de passe donné, il nous laisse entrer au camp afin d'y nouer connaissance avec les éléments qui s'y coudoient.
Aux premiers bruits de guerre un exode de tous les pays d'Europe s'était produit vers les places d'enrôlement. L'amour du métier ou les perspectives du butin avaient attiré mercenaires et soldats de fortune des peuples les plus divers, amalgamé les races, les idiomes, les vices de tribus ennemies ou consanguines. Du côté des protestants ce sont les descendants des anciens troncs germaniques : Anglais, Danois, Écossais, les gens des Pays-Bas quasi compatriotes, et les clans alliés de la Suède acclamés aujourdhui comme des lil)érateurs et maudits demain pour leurs crimes et leur oppression; des Finnois, même des Lapons, qui, en 1630, débarquent avec leurs rennes sur les côtes des Marches. Cliez les Inijiériaux, la bigarrure des origines et du sang est plus complète : Wallons, Irlandais, Polonais abhorrés, astucieux Italiens, d'innombrables Espagnols, et de tous les confins slaves les types les plus disparates et les plus fantastiques. La Ligue aussi recrute la plus grande partie de ses troupes parmi les mercenaires
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étrangers. Merconairos, ces coinltall.iiils le soiil avaiil (rôtre des guerriers; ra|)[)àt du j^ain et du pillan'e prime les sympathies, les Iradilions, les croyances; il s(; doui)le de mille raisons personnelles : entraînement du moment, (piehpic laiicuiie inassouvie, inie renconire loiluite. 1 attirance qu'exercent des couleurs éclatantes ou le nom sonore d'un chef; pour plus (l'un, la destinée se lie, })ile ou face, dans la fumée du vin : mirag-e innomé, toujours fallacieux et sanglant. Dans cette juxtaposition des constituants les plus dissemblables et cependant ressemblants, la commune fraternité d'armes n'éteint ni les haines ni les rivalités, qui ne s'endorment ni ne s'émoussent sous les mêmes drapeaux. Aussi, dans chaque armée est-il indispensable de parquer les différents éléments })ar « nation ». Partout on évite de trop rapprocher les « Welches » et les « Teutons ».
L'espace qui s'étend devant le corps de garde sert de forum et de place pour les jeux. Là, sur des manteaux étendus au ras du sol, des cornets et les dés. Les traditionnels jeux de cartes, passe-temps favori des lansquenets,
— le lansquenet, introduit en France par les soldés allemands, y aune grande vogue sous Louis XIII et Louis XIY,
— commencent à être démodés; les troupiers du dix-septième siècle leur préfèrent les dés comme plus expéditifs et plus émotionnants. Ce jeu prenait-il d(^s allures dangereuses, les prévôts l'interdisaient pour im tenq)s; on surprenait alors les joueurs bravant la snrNcillance {>t se réunissiuil dans (h's cacliettes où ils ]»cr(laient subsistances, chevaux, vêtements. L'autorité, afin de parer à ces abus clandestins, avait imaginé de ne permettre ce jeu que sous le contrôle, du reste illusoire, du corps de garde précisément. Des commissaires dr la prévoté ol).scrvaient les passes, enq>échai(Mit les enjeu.x inconsidérés, jugeaient
des coups; les joueurs heureux leur versaient un tantième des gains. Le jeu se déroule avec trois dés; d'innondjrables combinaisons en augmentent l'attrait et les péripéties. Souvent les dés sont i)ipés; il faut déployer mille ingéniosités pour sui'prendre les coupables en flngrant délit. Autour de ces tapis se presse un public [tassionnc' (pii s'enflamme pour l'un ou l'autre des partenaii'es, parie, vocifère contre la malchance; dans la foule comme dans le cénacle des joueurs on en vient aux mains, les rapières sortent du fourreau. Entre les groupes se glissent des trafiquants, ordinairement des juifs, taxant les valeurs exposées, les objets mis en gage : bagues, pierreries, ou les changeant Contre des florins ou ducats rognés.
En arrière des tentes des officiers supérieurs et des prc''vôts, voici, à la distance d'une largeur de route, l'emplacement où se remisent les débits des vivandiers, les baraques des fournisseurs, rôtisseurs, mitrons et ])ouchers. Le prévôt, au(|uel ces gens paient une redevance en argent ou en nature, — dans les armées allemandes, le prévôt touchait la langue de chaque bœuf qu'on déljitait au camp, — fixe le prix des denrées, des boissons, des victuailles; il inscrit à la craie, lui-même, sur les fûts mis en perce ce que coûte le broc ou le pot de cidre, de bière ou de vin. Ces rapports entre surveillant et surveillés valent à ces derniers quelques allégements, de nombreuses douceurs à celui-là. Les vivandiers se rattrapent sur les gros comptes ouverts aux officiers et sur les petits crédits accordés aux soldats, comme aussi sur les services parliculiers qu'ils se font payer en cumulant, avec leurs fonctions, celles de pourvoyeurs de menu fretin féminin.
Dans l'intérieur même du camp, les guerriers s'assem]>lent devant leurs cabanes, encombrent les carrefonrs des ruelles; les femmes y cuisinent, garnissent huttes et
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tentes de leur lessive, reprisent les équipements désemparés, se liousj>illeiil de ménag^e à ménage, s'apostroplioiit et caquettent Les disi)utes occupent les heures de loisir; des injures on passe ;iii.\ li.iltciics entre armes différentes, entre « nations ». Nous ii\(»ns dt'-jà remai(|ut'' (|ue la discipline ne s'impose nullement; les causes majeures en sont connues, et précisément ces attroupements de soldats qui gesticulent, hurlent, menacent, s'en prennent à la solde non i)avée, clament contre le déni de justice et bravent les ordres d'officiers sans autorité. Ceux-ci viennent, pour t(Mnporiser une fois de plus, de distribuer le produit de ré(piisitions forcées, de promettre mille châteaux en Espagne pour les jours proc|jains d'une victoire ; mais on ne leur accorde plus créance, on ne veut plus être pavé de mots; les plus exaltés se mutinent, et comme hier, le colonel va sévir par la corde et les fusillades.
Et cependant ces gens doivent subsister, sans parler de la nécessité où l'on se trouve de les conserver en main pour l'action. Plus la pénurie d'argent croît, plus on dépend d'eux, plus aussi ils se solidarisent dans leurs revendications ou dans leur n*fus d'obéissance. Il est malhabile de parler à loreille de ces ventre-creux, malaisé de calmer les nmrmures, de réveiller l'amour-propre ; on n'y aboutit que par les promesses d'un j)illage sans frein.
Au contraire, si les pandoui'S se Ircnnent confortablement installés, ils estiment les jireslations militaires incommodes ou périlleuses, soit que les perspectives de butin paraissent hors de proportion avec les risques à courir, soit que^ en s'exposanl aux dangers d'une nouvelle expédition, ils craignent de perdre le butin qu'ils ont léalisé jus(|u'ici. Par la foice des choses, les officiers sont amenés à atermover poui- v\ lier la rébellion et surtout les
désertions; s'ils lâchent pour un moment les bandes qui tirent à la laisse, celles-ci s'abattent sur la contrée voisine. Dans les campagnes, c'est alors un débordement.
Des hameaux, les convois, les chargements se succèdent vers le camp; le bétail y est chassé par troupeaux. Les malandrins dégarnissent les maisons de leur toit, de leurs planches, pour augmenter d'autant le confort de leur propre logis ou pour alimenter le feu des bivouacs. Les murs des demeures paysannes s'effondrent, les habitants fuient; tout est mis en coupe réglée; les filles, les vivandiers, les rôdeurs emportent le peu qui reste : étables, celliers, jardins, tout est vidé.
D'autres fois, lorsque la troupe apprend qu'un envoi d'argent est arrivé au camp, sans attendre la distribution réglementaire, elle fait main basse sur le magot et se paie elle-même. D'occurrence, alors même qu'aucune solde arriérée n'était en jeu, on a vu une troupe s'emparer d'un convoi, prétextant qu'elle agissait de la sorte par mesure précautionnelle, se payant d'avance de peur que l'argent ne passât en d'autres mains.
Au milieu de ce dérèglement règne, en de certains détails, un semblant d'ordre. Un roulement de tambour ou la sonnerie des crieurs annonce chaque matin, chez les Impériaux comme chez les Suédois, la prière commune et, les dimanches, la messe ou le service de l'aumônier. La troupe, à l'heure prescrite, s'installe à terre dans lui recueillement de circonstance, cependant que les prévôts font le tour des huttes, où il est interdit de se retirer, et inspectent les gargottes, qui doivent rester closes. Avec le temps, ces pratiques tomberont en désuétude. Au camp, les ordres ou signaux militaires se donnent pour l'infanterie au moyen de tambours — instruments très hauts et étroits; pour batteurs on prend d'ordinaire de jeunes gar-
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COUS ciiiinilaiit dans les conipagnics l'emploi de hoiiiïon; — |»()ur la cavulcrio, au son du clairon. Chose cuiicust'. les armées allemandes (début de la guerre) ne connaissent qu'un seul mode de sonnerie, c'est-à-dire (jue signaux et ordres, peu impolie leur iiatm-e. sont donni's an moyen des mêmes signaux; aussi, pour leui- liansniission (;( jus(|ue dans les parties l(>s plus reculées du camp, le; trompette est suivi dun héraut à cheval «pii, après la sonnerie (en sonmie, un avertissement), proclame la teneur des ordres. Le héraut, pour ces circonstances, endosse une housse ou lévite de soie unie, sur le devant et sur le dos de laquelle se carre la broderie de lécu du général en chef. Ces proclamations se font, le plus souvent, dans la soirée, annonrant ainsi le travail du lendemain; ce mode de procéder présente les inconvénients uiajeurs de relarder l'exécution prompte d'un ordre, de divulguer les préparatifs et les détails d'une prise darmes, de favoriser parfois la trahison et toujours l'indiscipline, en ce sens que les pillards, connaissant d'avance le temps dont ils pourront disposer, s'arrang;eront en conséquence pour leurs expéditions nocturnes.
En tenq)s heureux, des revendeurs venant souvent de très loin d(''l)ar(pient au camp avec des étoflfes précieuses, des bijoux, des fi-iandises. Ces déballages entretiennent la manie du luxe — })rodigieux au début de la guerre chez certains officiers; pas de capitaine qui n'eut en tète de se pourvoir d'un cuisinier fran(;ais, et qui ne Iraînàt ]>armi ses bagages (b's fnlaiHes des nieilleurs crus, — et incitent aux plus folles dépenses. Les couples se montent. Les vrais jours de liesse sont ceux (pii suivent le pillag(^ d une contrée juscpi'alors épargné(> ou l«' sac dune \ille. IjCs chariots rentrent gorgés de butin, les lonlottes (b>s \i\andiei's sont bond(''es (b' \ ictuailles. encore <pu' les
trafiquants aient rachotr, au cours de la route, ce (|ue les soldats n'ont pu emporter. Chacun mange et l)oit à })leine panse. Les ripailles se doublent de sarabandes où cbacun s'exhibe alïublé des ornements les plus disparates, se pavane de parures vob'cs ou acquises à vil prix : drap de pourpre dont les maroufles se taillent des culottes passepoilées de galons d'or, plumes multicolores sur l'accoutrement des ribaudes. On s'équipe de neuf; les valets portent des fraises tuyautées ou des mantelets de velours. Certains corps, les régiments exotiques des Impériaux notamment, se distinguent par leur dévergondage et l'abondance des prises. Ainsi nous voyons les Croates (hiver 1630 à 1631) plastronnes d'énormes plaques d'argent, martelées, ornées d'écus d'or — on en a compté jusqu'à trois cents — incrustés dans le métal de ces sortes de cuirasses; les filles, dans leurs rangs, se drapent des étoles,des chasubles, des surplis volés dans les sacristies. D'autres ont de volumineuses ceintures broih'M's emplies de pièces d'or. D'autres enfin boivent dans les ciboires ou les calices qu'ils feront fondre, par la suite, en pectoraux, en larges bracelets, en anneaux.
Les jours de saturnales se feront rares au fur et à mesure que la guerre se prolongera; les privations et la misère deviendront le lot du plus grand nombre, les moments d'un bien-être relatif s'espaceront; bientôt, ce sera la disette et la famine. Par un juste mais terrible retour des choses, la destruction des campagnes et l'œuvre de mort accomplie sur les sources premières de l'existence et sur riionmie, se vengent sur les envahisseurs et les déprédateurs. La ruine surprend et désagrège les années elles-mêmes. L'activité s'est arrêtée, la vie s'est éteinte; la faim et la peste dt''cinH'nt les (juartiers et les camps. Tout ra\itaillement ayant cessé, le prix des subsistances
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s'élève fantastiquement. En 1640, dans le pays de (iotha occupé par les Suédois, un pain se paye un ducal. L'existence devient un supplice même pour les plus^ endurcis. Partout des êtres émaciés; dans chaque tente, un moribond, un cadavre. Autour des agglomérations, des cliarogncs pourrissent : l'eau, l'air véhiculent des pestilences. Les camps se transforment en charniers.
Les foules grouillantes du train d'armée, l'ennnes, enfants, filles, valets, disparaissent dans les fosses communes. Bientôt même les morts resteront là où les corps sont tombés. Au ras des terres, des chairs sans sépulture; des os que viennent ronger les chiens, les chiens que les plus affamés abattront et dépèceront afin de subsister.
L'homme, dans ces conditions, retournait à la barbarie. Son existence incertaine, aventureuse, instable, était faite pour décliaîner toutes les concupiscences, aviver ces dispositions vicieuses (jui sonmieillent dans la nature humaine, réprimées qu'elles sont par les obligations de hi loi civile ou morale, mais qui font explosion lorscpie. pour une cause ou l'autre, la contrainte se relâche, à plus forte raison quand toute retenue disparaît. L'individu est alors le jouet des sautes (jui l'assaillent; aucune considération n'arrête plus ses impulsions; irréfrénées, celles-ci tiennent lieu de mobiles, de représentations, de ressort : la volonté choit, la conscience est en léthargie; Ihonnne ne cuinijte pkis (ju'avec le danger ou la jouissance (h; riieurc prc'scnte; ses notions, aspirations, aml)itions
morales et viriles sombrent : c'est ainsi un retour à l'état sauvage .
De dessous les décombres et les ruines une lueur peut fdtrer. Pareillement, dans ce milieu de raréfaction morale, tout vestige de vertus humaines n'avait pas disparu, quelques qualités projetaient leur ^■acillant mais indestructible éclat.
Chez les meilleurs soldats certaines conceptions justes subsistaient, bien que cristallisées dans ce qu'ils considéraient constituer le devoir militaire ; de là, le respect des obligations inhérentes à la prestation du serment. Le bon soldat éprouvait ce sentiment de fierté naïve, exagérée peut-être, mais qui constitue un stimulant heureux, caractéristique du troupier de toutes les époques et de tous les pays, et'qui lui suggère l'idée d'une maîtrise sur le commun peuple, de sa domination sur les espaces, d'une mission dont il serait investi. Ce sentiment ennoblissait le métier et l'homme; celui-ci y puisait un appui, de la dignité, une douceur, car ce sentiment résumait pour lui le complexe que nous appelons l'honneur militaire. C'est ce qui différenciait le cocardier loyal, brutal peut-être et soudard, mais chevaleresque encore, du soldat de nécessité ou d'occasion qui ne subit la corvée et qui ne s'expose au danger que pour toucher le prix de ses services, ou bien pour se venger de la sujétion dans le pillage ou le crime . Les cocardiers n'en changeaient pas moins, et fréquemment, de drapeau; mais à chaque fois ils restaient fidèles à la parole donnée tant que l'engagement durait. Entre troupiers animés de cet esprit, l'estime n'allait qu'à ceux qui faisaient preuve de bravoure, d'endurance, de stricte observance des règles militaires, on pourrait même dire confraternelles, en usage dans les armées. Ces règles constituaient un code étrange remontant ti'ès loin, dans
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(MM"tains(lt'lails (lu(|ii('l noiisrclovoiis un caraclÎTC presque touchant. (Tost jj,ià('o à sa survivance, jusqu'aux plus mauvais jours des dernières années de la guerre, que se perp»'-tucrent et surnagèrent les notions les plus essentielles du droit des gens et les traditions des devoirs qu'impose la dignité humaine.
A l'égard de Tennemi on procédait avec une certaine courtoisie. aAcc conunisération. parfois avec cordialité envers un >aincu. Changer de })arti passant pour une chose naturelle et se produisant couramment dans tous les camps, il s'était formé une espèce de camaraderie englobant corporativement amis et ennemis. Les hommes savaient approximativement, d'armée à armée, à qui ils auraient à faire, avec qui ils se trouveraient en présence; ils connaissaient, de part et d'autre, les aptitudes, les particularités et jusqu'aux lubies des différents chefs et officiers; presque toutes les vieilles moustaches avaient dans le camp ennemi des accointances ou des relations de plus ou moins fraîche date. Aussi, partout oii deux corps se faisaient face, sur les i)ords du Rhin et sur le Lech, ou sur 1 , Oder et sur l'Elbe, chacun pouvait s'attendre, qui à se rencontrer avec un ancien frère d'armes, qui à partager sa hutte avec un vaincu hier encore son vainqueur.
Selon la règle on « accordait pardon » , on « donnait quartier » au ])risonnier ipii vous en priait; le plus souvent on « offrait quartier ». On refusait quartier à celui qui s'était battu ou comporté contre les usages en vigueur, ou à ceux (ju'on tenait en suspicion de sorcellerie. Entre un vainqueur loyal et un honnête vaincu s'établissait un « cartel », c'est-à-dire un engagement implicite et réciproque, neuf fois sur dix tacite, en vertu du(piel le vain- (pieur ])i'ol(''gerait son prisoiinici- cl le vaincu ne cherclK*rait pas à s'enfuir. La coutume voulait qu'on enlevât au
vaincu son arme, le brassard, le plumet ou le panache du chapeau. Appartenait de droit auvain([ueur toutce que les poches du vaincu contenaient; au reste, le troupier qui savait son métier ofîrait d'emblée ce qu'il portait sur lui. Accordait-on ce qu'on nommait le « quartier hollandais », le vaincu gardait par devers lui « toute chose que le ceinturon couvrait, enserrait, contenait ». Celui qui se refusait à accepter quartier ou qui « dénonçait quartier » ou « pardon » n'aAait qu'à se jjréparer à mourir s'il ne réussissait pas à s'évader à temps. Pour la conduite des prisonniers on attachait ceux-ci l)ras à bras, et deux par deux, après leur avoir enlevé leurs bretelles ou le ceinturon, de sorte qu'ils étaient obligés, en marche, de retenir leur culotte avec la main restée libre. Les prisonniers pouvaient être échangés ou relâchés contre paiement d'une rançon dont on fixait le montant au prorata du grade ou de la qualité du captif; le tarif de cette rançon variait d'une armée à l'autre, comme aussi selon les nécessités du moment.
Lorsque, durant la seconde moitié de la guerre, l'enrôlement d'hommes valides s'effectuera de plus^en plus difficilement, le commandant gardera les prisonniers pour les encadrer dans ses propres régiments et les assermentera afin de se les attacher. L'enrégimenté malgré lui n'avait donc d'autre alternative que celle de se lier; on voyait alors les plus scrupuleux faire contre mauvaise fortune bon cœur et rester fidèles à ce nouveau serment; les moins bons le ronq)aient, s'échappaient et retournaient à leur corps, où les attiraient un arriéré de solde, les jouissances de l'amour et les habitudes d'antan. Le colonel rachetait, d'orihuaii-e, à ceux des liommcs de son régiment qui avaient (h'oit de ca[)tur(', un prisonnier de haut parage et négociait delà rançon pour ses propres compte
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et profit. Au camp on accuoillait les officiers avec déférence, chacun sachant que ces procédés créeraient des titres à la reconnaissance des captifs, dont pourraient bénéficier, plus ou moins procliainement, ceux qui se montraient empressés.
Les rixes, nous l'avons dit, étaient journalières. Un code formaliste et minutieux existait à l'usage des duellistes. Non pas qu'on ne réprimât, très durement parfois, les « affaires » ; ainsi Gustave-Adolphe punissait, même de mort, les officiers pour s'être battus; mais, insoucieux ou impuissants, les colonels ne faisaient plus respecter les édits prohibitifs. Les intéressés, au début de lag-uerre, attendaient pour vider une querelle; du moins ils choisissaient un endroit écarté hors du quartier. Plus tard, ils ne se génèrent plus. On se battait en tout lieu, soit à pied, soit à cheval, à l'épée, au pistolet, au mousquet. Le provocateur, suivant l'usage établi, jetait son gant, lequel lui était restitué, après le combat, en signe d'oubli, par les témoins ou par l'adversaire lui-même. D'ordinaire, seuls les deux adversaires croisaient le fer; d'autres fois, les témoins se battaient aussi. Un juge, qu'on nommait « l'impartial », dirigeait le combat. Avant le duel proprement dit, les témoins promettaient solennellement « de n'aider, secourir ou venger, ni avant, ni pendant, ni après le combat, les camarades en présence ». Ceux-ci se donnaient la main et d'avance « saccoidaientpardon ». Le corps à corps était jugé licilc. Doinier un coup d«> pointe dans le dos de l'adversaire passait pour une incorrection, sans pour cela disqualifier personne...
La bonne humeur habituelle au soldat, tant que les privations n étaient [)as trop dures, ne faisait pas défaut, si nous en jugeons par les très rares chansons militaires de cotic t''p()(|uc. Ces cbansons. transmises d'une gt'néi-ation
à l'autre ou créées de toutes pièces autour des feux du bivouac, disaient les péripéties des journées, ridiculisaient un personnage ou une situation : gaudrioles vantardes ou grivoises, ritournelles inofï'ensives ou obscènes, lamentations rimées qu'inspirait l'invasion de la vermine, cette plaie de tous les camps, burlesques parodies d'adages ou d'us militaires ou paysans. Les assistants en scandaient les refrains du cliquetis des armes, avec des reprises d'un étourdissant plain-chant. La transcription ne rend ni l'orig-inalité, ni même le vrai sens de ces productions : « La terre estma coucbe,le ciel est mon toit; mon manteau me sert de maison, mon épée, de cbarrue. » — « Quand le soldat vient au monde... monde, monde, avec lui naissent trois lutins, tins, tins; le premier fournira la pitance, tance, tance; le second une fdle de joie, oie, oie; le troisième, quand tout est fini, ni, ni, nous mènera chez Lucifei;(^/s), etc . » Le tabac, introduit, au début de laguerre, dans les armées allemandes, entre autres aussi par les Hollandais et les mercenaires anglais, — le roi d'Angleterre, Jacques 1"% en avait interdit l'usag-e dans son royaume en 1604, — s'était très vite répandu. Les soldats donnant l'exemple, bourgeois, artisans et campagnards fumaient frénétiquement. Grimmelshausen rapporte que sur dix ouvriers ou manants, neuf cJiiquaient ou a\aient en travaillant la pipe à la bouche. Les gens de qualité prisaient. La promiscuité avec les mercenaires italiens, français, espagnols, croates, hongrois, slaves, eut un effet de sug-gestion phonétique : l'allemand intercala dans les phrases et substitua à certaines locutions des mots et vocables de ces différents idiomes. La langue nationale, au lieu de s'enrichir de termes nouveaux, s'appauvrit du fait de cet amalgame exoticjue; le parler usuel dégénéra, tout d'abord dans les armées, en un charabia bizarre qui, loin de rendre
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t'crl.iiiis mois j)liis ('\|)r('ssirs ou plus iin;ii>t''S, donna naissance il (le laides inicrjcclions. à de plus f^rossicrs jurcnuMils. à dlioiTipilants l)lusplicincs. Graducllcnicnl il «mi i-(''sulta m» «'ffacenuMit dos dialectes locaux et lappaiilion dune soi'le dai'jj'ot renouNidt'. au reste, de celui des lansquenets du siècle [)f«'M-('Mlent . La soldales«|ue le Iroiiwi coniinode et utile dans les ra[)[)of[s aNCc les camarades (pii n aii'ivaient pas à apprendre lallemand et avec les pandours (jui suivaient les armées : juifs cosmopolites, P(donais receleurs, Tziganes tins dénicheurs et fournisseurs discrets. Avec le tem[)s, et en outre de largot particulier aux malfaiteiu's et (jui varie suivant les })ays, il se forme un jargon pour ainsi dire polyglotte, se composant de mots pris dans un sens différent de leur acception courante, suggérés par quelque onomatopée, ou entièrement fabriqués, et de mots exotiques pour la plupait estropiés. Cet argot sert à se reconnaître; on le copie, il se révpand, il s'adjoint des termes nouveaux, se généralise, passe dans les dialectes locaux et provinciaux, et se colporte dans les universités par les écoliers (pii auront été enrôlés.
L'objectif primordial pour la conquête duquel le soldé mettait sa vie en jeu, \c butin! etTespoicdes plantureuses rapines, constituaient le ressort de ses énergies. La solde ne suffisait jamais; au reste, on la payait mal. Le plus ou moins lointain mirage de jouissances ou de vanités satisfaites le soutenait au cours des privations et des dangers, doublait son élan, exaltait son courage ainsi fasciné. Bataille gagnée! c'était \r \in. un i)Oui-point brodé, un panache, un(^ considi'ralion nou\(dle dans la compagnie, une promotion, la déhauclu> a\t'c les lilles. Celte hantise poussait aux pires violences. ;mx déprédations les plus honteuses; elle consliinail la plaie morltdle des armées. Le résultat d'un comliat se Iioun era plus d'une lois anni-
hilé par le fait d'une débandade intempestive dans le but de saisir une proie. Les gros coups de fdet se comptaient. Tout abondant qu'il fût, le butin n'en disparaissait pas moins sur-le-champ dans de fous gaspillages ou des, orgies grossières. On parlait dans toutes les armées des aubaines fortunées; celles-ci ne profitaient pas toujours à celui que le hasard favorisait. Un simple soldat de l'armée de Tilly avait, pendant le siège de Magdebourg, fait main basse sur une futaille contenant, disent les chroniques, 30,000 florins, somme qu'il avait presque aussitôt perdue au jeu. Tilly le cita devant lui et l'apostropha en ces termes : « Tu aurais pu vivre ta vie durant comme un prince avec cet argent, mais puisque tu sais si mal tirer parti d'une telle chance, tu ne saurais non plus être utile à mon souverain. » Cela dit, il le fit pendre. Lors de la prise d'un fauI)ourg de Prague, un Suédois s'empara d'une somme tout aussi importante, tout aussi vite dilapidée; Kœnigsmark voulut, à son tour, faire un exemple; le soldat sauva sa vie, cependant, grâce à cette réplique de favorable augure, qui désarma le colonel : « Votre Excellence aurait tort de me faire pendre, car je suis certain de réaliser un Initin ])lus considérable encore lorsque nous prendrons d'assaut la ville. » La coutume s'était établie, pendant les dernières campagnes en Hongrie, de partager le butin avec les camarades d'une même compagnie; par la suite, on procéda ainsi, que, tout en pillant chacun pour soi, les favorisés du sort auraient à offrir une part des prises effectuées par un groupe aux officiers de la compagnie, ceux-ci répartissant le tout entre les avants droit.
Il ne faudrait pas croire que les vols ne se commettaient qu'aux derniers échelons de la liiérarcbie militaire : en haut, les généraux versaient dans leur cassette une grosse
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part des coiiUilnilioiis de ^iicire. Kœiii^siiuuk, piTcisrment, jadis pauvic liobcicau allemand, lui un des spoliateurs les jdus ra}>a('esdeee tein[)s; il emmena en Suède, sa nom elle pairie, des comn ois dargcnl et d'objets précieux et laissa à sa famille mi revenu de 130,000 thalers. Les officiers supérieurs, y compris les chefs de compagnie, rançonnaient les bourgs et les villages, rompaient, un premier argent empoché, les engagements contractés, exlorquaienl aux populations épuisées leur dernier a\oii". Chacun se laissait corrompre : le général, dont les princes croyaient capter les bonnes grâces en lui envoyant des ciievaux de prix, de la vaisselle d'argent, des objets d'art; — le capitaine, dont les villes redoutaient l'astuce dans une négociation en cours et dont elles cherchaient à gagner la protection par de fortes sommes et des futailles de >in; — l'officier subalterne, (pi'on espérait amener à composition en lui offrant des pièces d'étoffe, des armes, des })laisirs. Faveur, assistance, justice, adoucissements, égards ne s'obtenaient qu'à beaux deniers comptants. Voulait-on, par exemple, dans une contrée occupée, être libéré de prestations en nature ou épargné lors du pillage, l'autorité militaire détachait une escouade que vous aviez à payer un prix exorbitant au commandant avec lecpiel vous entriez en pourparlers ; vous aviez à goberger indéliniment cette garde — la salvia guardia, — aux exactions de laquelle, pour peu (jue l'envie en prit à quelque forcené, vous ne pouviez vous soustraire. Si deux armées se trouvaient en présence, on était plus mal loti encore, car, désiriez-vous sauver le peu qui vous restait, il vous fallait acheter, solder et nourrir une sauv(>-gar(le de l'un et de l'autre camp. Entre ces escouades ennemies régnait, dans ces circonstances, un « cartell ». c'est-à-dire une trêve. Les rares privilégiés à
même de s'entouier, toute relative qu'elle fût, d'une protection pareille pouvaient s'estimer heureux.
Au fur et à mesure que l'état de guerre se perpétue, les exactions et les dé})rédations se doublent d'abominables cruautés. Les supi)lices les plus inimaginables se commettent essentiellement dans le but d'extorquer le secret de quelque cachette, des délations ou des aveux, et, pour ainsi dire, avec une méthode qui, par son raffinement de férocité patiente, ajoute à lliorreur des souffrances. On lie un malheureux ; au travers de la langue on passe une ficelle qui, actionnée par un mouvement de va-et-vient, coupe l'organe; le sang coule, fait râler, étouffe. Il en est d'autres que les tortionnaires sanglent sur un grabat, puis ils leur enduisent la plante des pieds de sel que des chèvres viendront lécher. Ou bien ce seront les doigts de la main (ju'on attachera l'un à l'autre; entre eux on force une baguette de fusil qui sciera, broiera les chairs, disjoindra les os. D'autres encore seront enfermés dans un four à pain dont on aura bouché les ouvertures avec de la paille à laquelle on mettra le feu. Tortures minimes en comparaison des atrocités innomables que subissaient les femmes et les enfants.
La nécessité où l'on se trouvait de pourvoir par des vols à la subsistance quotidienne eut pour résultat de développer dans les armées un esprit et des habitudes de partisans, première étape sur la voie du banditisme patenté. Les patrouilles d'éclaireurs et à la fois de fourrageurs, telles que Holk et Isolani les avaient organisées, se transformèrent, par l'adjonction d'individus isolés racolés })Our le service du renseignement, mais qui en réalité s'enrôlaient aux seules fins de coups heureux à tenter, en bandes, les(|uelles bientôt consliluèrcnl de \rais corps francs. Ceux-ci, sans s'astreindre au service militaire
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proprement dit, probal)lcment aussi sans toucher de solde, se faufilèrent dans les arnires, escortant les régiments, mais commettant sous le couNcrt d'inM^ lolriancc (|iii sa\ait tirer j>rofil du désordre des ciioses, les pires exactions dans les contrées amies ou ennemies. Baner, jm-u facile à émouvoir lorsqu'il s'agissait du soulagement des populations, finit par déclarer ces prototypes de francstireurs hors la loi, les chassa de l'armée et donna l'ordre « de les massacrer où qu'ils se trouvassent ». (Lettre patente de Baner, du G octobre 1637.)
D'autre part, à mesure que la zone de ravitaillement s'épuisait, force était d'en reculer toujours davantage le périmètre, parfois à plusieurs journées de marche loin du camp, les fourrageurs quêtant en outre des subsistances, du reste de plus en plus rares, des renseignements sur les mouvements de l'ennemi. Ce service en }»artie double prit une progressive extension. Les chefs, pour ces expéditions, choisissaient les plus agiles et les plus résistants de leurs honuues; la superstition s'en mêlait : la troupe, l)0ur (pie l'expédition lût îieureuse, devait compter un chiffre impair de participants ! Nous voyons ces patrouilles mettre en œuvre toutes les ruses pour dévaliser un château, surprendre quelque hameau, enlever un convoi, capturer du bétail ou s'enquérir adroitement des disj)Ositions prises par l'emienii. Les iiommes se travestissaient en laboureurs, en mendiants, en rôdeuses, en colporteuses, etc.; pour donner le change, (piant à la direction suivie, ils fen-aienl les chevaux les fers jdacés à l'envers, on attachaient aux sabots des aniniaii.x cnnnenésde vieilles ciiaussures: ]»our tromper (piant à Iciii- n(»nil)re. on tirait des coups de mousipict dans des tonneaux vides, etc. I^es patrouilles détachaient un des leurs pour transmettre quelque avis au chef du corps; ces exprès — les « pigeons
(le campagne » — couraient mille dangers; les rapports étaient rjMligés en argot entremêlé de signes conventionnels, quelquefois, parait-il, en mots français ortliograi)liiés a\ec des lettres grecques. Les })orteurs les cachaient, dissimulés entres deux feuilles de chêne, dans une motte de terre garnissant le bas des fontes ; ou bien Ion se servait de chiens. Avec le temps, un grand nombre de ces coureurs cédei'ont à la tentation de secouer le joug régimentaire, ils opéreront pour leur compte propre et formeront des bandes de détrousseurs pai'mi lesquelles accourront les éléments vaguant autour des armées : déserteurs, campagnards l'uinés, valets et malfaiteurs, escarpes et misérables gueux. Banditisme à ciel ouvert, dont les armées elles-mêmes deviendront la proie. Les prises passaient alors entre les mains des trafiquants et des juifs; ceux-ci n'avaient cure que d'une cliose : connaître la provenance du l)ulin ; rassurés sur ce point, ils brocantaient ciiez les Impériaux ce qui avait ét(' volé aux Suédois et revendaient aux Suédois ce dont les Impériaux avaient été dé'pouillés. Ces bandes, nous le verrons, survivront à la guerre, ravageront des contrées entières où elles entretiendront un état de trouble et d'insécurité incompatible avec le travail urgent de la reconstitution sociale.