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(ju aux Jiioiiidrcs fliaiicellci'ics coiiiniuiialcs, les J)ur('aux enserrent les sujets itinérants et rôdeurs qui jusqu'alors n'avaient que trop aiséniciil lanroniié la pitié et la crédulité du procluiin. Durant le Icnqjs de la scolarité, les programmes remplissaient les lieures, et les maîtres, mieux payés que jadis, revêtus de plus de prestige, imposaient plus énergiquement leur discipline; Tère n'était plus des expéditions lointaines des écoliers errant par l)andes dans les canq)agnes, y vi\ ant de maraudage, ou, dans les villes, chantant Noël de porte en porte, dansant leurs bacchanales de taverne en taverne; on ne pouvait empêcher leurs migrations périodiques, mais ces éléments turbulents se sentaient tenus en bride plus solidement. Ces sages mesures impliquaient de meilleures garanties d'ordre et de sécurité au profit des populations sédentaires, assuraient un fonctionnement plus sérieux des services publics, prévoyaient des pénalités plus dures à l'égard des insoumis, bref, inqjosaient le respect de l'autorité, de la personne et de la propriété. Les archives paroissiales sont à jour. En les parcourant, nous sommes frappés du soin ponctuel que le magister de l'endroit, cunuilant le plus souvent les fonctions de secrétaire connnunal, leur vouait; registres et procès-verbaux sont mieux tenus et jdus intelligenmient rédigés (jue ne le seront ceux des périodes postérieures à la guerre; parfois, au milieu ou en marge du texte libellé en allemand, nous trouvons des citations latines, ])rouNant que le rédacteur avait fait ses iiuinanités. Les ressortissants d'une comnmne qui quittent la localité sont, à cette époque déjà, pourvus d'un acte d'origine, papier à la fois de légitimation et dv reconinuiiidation auprès des autorités étrangères. Le greflier du bureau <ie poli<'e \ise les feuilles de route des arrivants ou des passants.
Malgré ces progrès et une plus stricte observation des règlements administratifs, la sécurité n'était rien moins que complète, notamment dans les contrées reculées. Sans doute, il ne se produisait plus de défis de ville à ville; cependant, de hobereau à hobereau on se jetait encore le gant; la manie de ces cartels subsistait, abus grave, anachronisme ridicule; les souverains sévissaient, ils n'arrivaient pas à les déraciner. On pouvait voir, alors, des mercenaires se grouper sous le fanion d'un seigneur, se ruer sur les vassaux ou manants du défié et sur les voyageurs qui, suivant les circonstances, couraient le ris(jue d'être pris entre deux feux. Ces o condottieri » passaient, surtout dans les pays frontières, du service d'un seigneur aux gages de son rival ou d'un nouveau maître, narguant le pouvoir, s'adonnant au pillage, entretenant dans ces contrées écartées un état plus ou moins chronique de trouble et d'insécurité.
De tout temps, le brigandage avait été la plaie de certaines provinces. Vers la fin du seizième siècle, il avait affecté un caractère particulier. Des bandes de « chauffeurs » surgissaient, à intervalles espacés mais assez réguliers, en un point (juelconque. soumettaient les habitants à la torture par le feu, saccageaient et disparaissaient aussi inopinément qu'elles étaient apparues. Elles formaient comme une association dont les membres paraissaient se reconnaître les uns les autres par des signes et des mots conventionnels. Ces chaulfeurs, à un moment donné, s'abattent sur les territoires de la Saxe électorale et de la Hesse palatine, toutes deux protestantes; des incendies s'allument à Casscl, Nordheim, Gottingen, Brunswick, Magdebourg; des villages brûlent de fond en comble. En même temps, des bandes sendilables sèment la terreur dans d'autres contrées protestantes,
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julrcssaiil ;ni\ |);irliciili('i's drs Icllrcs de iiicnaccs drsli- IKM'S ;i <'\t(>i(|iit'i' (le I ariiciil : I aHolciiiciil es! <;•('• iit' rai, la voix publi(|U(' accuse le |»aili calli(tli(iiic daNoir soudoyé ('OS l)an(lils cl en allriluie lidi-c preiiiièro'au pape cl lexécution au duc Henri de Brunswicii. : accusation cliiniérique on co qui concorne le pape qui, à cette heure, avait plus (|ue jamais init'rèl à ménageries protestants; accusation hasardée quant au duc, personnag^e de taille, cependant, à perpétrer un crime. Les souverains portèrent le cas en diète, soutinrent l'accusation devant IH^mperour (pii n"a\ait alors ([uim souci, ctdiii de maintenir la paix dans l'Empire. Le duc nia; l'Empereur refusa de croire ;i sa cidpahililé. veivlicl (pie l'opinion puhlicpie ne \ oulut pas ratifier. Quoi ({uil en soit, et sur ces entrefaites, contingents et })oj)ulations avaient tra(|uo vigoureusement les chauffeurs dont un grand nond)re. après avoir été soumis à des interrogatoires minutieux, furent roués ou brûlés vifs. Nous pouvons, grâce aux documents saisis et aux dilférentes pièces de l'instruction criminelle, reconstruire le caractère de ces associations temporaires et les procédés qu'elles employaient. Organisées hiérarchiquement, elles travaillaient poiir leur (•onq)te ou pour c(dui de chefs que les malandrins ne connaissaient même pas, ces personnages se masquant pour entrer en raj>port avec leurs sou.s-ordres. Anéanties en un [toint du pays, nous les voyons dispaïaître pour un tem[)s, se reformer, faire subitement irruption dans une contrée. Il en sera ainsi pendant tout le dix-septième et le dix-huitième siècle. Au cours de la dissociation des éléments constitutifs nationaux et sociaux oix-n'-e par la gueire. toute cohésion, d'autre part aussi toute contrainte, semblait détruite. On ne conq)tait pas le nond)re de ceux cpii axaient |>erdu foyer, avoir, famille, ui de ceux qui, après a\oir désappris
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tout labeur, oublié toute notion morale, vivaient exclusivement d'expédients, de vol, d'exactions. Une génération entière élevée au milieu des péripéties les plus tragiques, hantée par les terreurs, afTaiblie par les privations, s'était endurcie au contact d'un l)anditisnie général. Le peuple n'arrivait i)as à se ressaisir, à se calmer, à s'occuper utilement; il lui fallait des excitations constantes, de l'agitation, des déplacements incessants. La misère engendrait une rancœur et un dédain pour tout emj)loi stable, le dénuement chassait l'homme de chez lui. La paresse et une incrovable licence de mœurs entretenaient un paupérisme aux abois et le vagahondag'e qui en résultait. Nous verrons plus loin quelles proportions avait prise, pendant la guerre, l'émigration des gens auxquels leur situation personnelle })ermettait de fuir, mais dont, avec le temps, les ressources s'étaient épuisées. Ils passaient, depuis, la besace au dos, de ville en ville, présentant ici et là des lettres de recommandation qui ne leur procuraient ni gîte ni subsistance: las des déceptions et des humiliations éprouvées, ils étaient rentrés au pavs, erraient autour des bivouacs en demandant du [)ain, hnissaient par s'enrôler ou par grossir les bandes qui dévalisaient les campagnes. Pendant plus d'un quart de siècle les pires écumeurs des grandes villes, les vauriens de toute l'Europe s'étaient rués sur l'Allemagne, sans parler des éléments détestables parmi les mercenaires des armées des deux })arlis. Le pays avait servi de théâtre aux exploits, les dilférents territoires de milieu de culture au pullulement de tous les vices. A})rès la guerre, ces groupes se forment ou s'amalgament en essaims, s'abattent sur des régions voisines ou distaiiles et épuisent, comme des mouches venimeuses, les dernières forces vitales. Vers le Rliiii, dans les montagnes du Spessart, en Bohème, dans les Marches,
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cctlc iiixasion s'organise en caraN aiics oii. prlr-iiH-lc, grouilleiil iruligi'nos et étrangers; elle traîne à sa suite les enfants perdus des espaees })ar('Ourus, repeu}de des lianieaux a])and()nnés. s'y installe, y vivant du })roduit de ses razzias; de là les nialandiins l'ont des incursions dans les contrées voisines, tuent, lançonnent, regagnent leurs i('|)aires, dont on n'ose approcher. Transit, commerce, Iralic, tout est bloqué, lien sera ainsi pendant deux générations.
Ailleurs, néanmoins, le peuple revenait aux habitudes danlan et, en dé[)it de la misère, lorsqu'il le pouvait, à celles auxquelles il demandait de satisfaire cet indestructible besoin (|ui es! dans riionnne, de jouissance, de plaisir on sinqylcmciil de badauderie. Les populations avaient été' si longtemps sevrées de distractions ou de dérivatifs (pie, dans cette direction aussi, une réaction à outrance se produisit. A la vérité une foule de gens n'avaient que par ouï-dire une représentation de ces choses; certains pavs étaient restés pendant des années comme séparés du monde. Quoi qu'il en soit, dès la fin de la guerre il n'était pas de marché de bourg ou de village où quelque jongleur, histrion ou montreur forain ne vint exercer son métier, exhiber quelque curiosité. Comme par le passé, des kyrielles de marchands, de charlatans venant d'Italie, des pays danubi<>ns, voire d(^ l'Orient, se répandii'ont sur l'Allemagne, principalement le midi; avec eux des artistes, ainsi qu'il en avait été jadis : montreurs d'ours, de dromadaires, acrobates, baladines, avaleuis dcconiiNuix, nuisiciens, chanteuses apparaissant en des travestissements osés, débitant des bourdes grivoises et d'écpiivocjucs facéties; bateleurs, vendeurs de théria(pie de Venise, d'huile de poux jtour rafran-hir la nit-moiic. de moii aux rats. De ce monde et de ce renouveau des plaisirs populaiij's
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on lira des ol)Scrvations curieuses dans la traduction allemande de la Piazza universelle de Garzoni (Venise, 1610) par Matthaus Merian en 1641 . Le contact de ces sujets exotiques avec le peuple dont ils savaient flatter les goûts et les préférences locales et exploiter les penchants ou les convoitises, alarma, en présence de la gravité du moment, les autorités et le clergé. Certains professionnels, en effet, ne se bornaient pas à l'exhibition de singes ou de chiens savants ou à la [)roduction de tours d'é({uilibrc ou de prestidigitation; beaucoup d'entre eux, à l'exemple des anciens mimes, dont les traditions et les procédés se perpétuaient d'un siècle à l'autre, débitaient des obscénités, récitaient des monologues épicés, nullement qualifiés pour relever le niveau de la moralité publique. Aussi finit-on })ar sévir; ici on les chasse, sans pouvoir s'en débarrasser complètement; là, on les excommunie, sans pour cela soustraire les badauds à l'action dissolvante qu'exercent des talents toujours réglés sur les secrètes concupiscences des spectateurs. Du midi de l'Allemagne ce flot s'était ré-pandu vers le nord, plus réfractaire à des attraits de ce genre.
A ce moment, les populations du nord de l'Allemagne commençaient à accueillir avec une faveur plus marquée précisément une autre catégorie de gens errants, les cabotins de profession. Les premiers comédiens ou acteurs qui s'étaient présentés conmie tels venaient ' — fin du seizième et commencement du dix-septième siècle — d'Ang-leterre et des Pays-Bas. Tls se ressentaient encore des juialhèmes lancés par la reh'gion contre le théâtre et souffraient des préjugés les atteignant jusque dans l(;ur honorabilité personnelle. Au moment oii nous sommes arrivés, le comédien ou l'acteur se double, il est vrai, de l'acrobate ou du jongleur, mais, pour 1(miI(^ (pi'clle soit à s'établir
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(lélinitivement, la ligne de démarcation entre l'un et l'autre groupe n'en tond pas moins à s'accentuer graduellement. Nous voyons le cabotin chercher par un travail préj)aratoire, par une connaissance ajjprotondie de son sujet, par une tenue correcte, à se distinguer de ceux dont jus- (ju alors il avait été le camarade; il est en voie de devenir classicpie. Les comédiens commencent à se grouper, chacun possède j)lusieurs rôles; la plu[)art, se modelant sur les liommes détude ou de lettres, partagent leur temps entre la préparation du rôleà tenir et le travail sur la scène, vivent entre eux et se tiennent plutôt à l'écart des foules. Nous assistons comme à une initiation, de la part du public et de la part des figurants, à l'art du théâtre, mou- N ement autpiel participent les périodiques en \ ulgarisant les notions relatives au drame ou à la comédie, en définissant la situation que l'acteur doit y occuper, l'effet (ju'il doit y faire valoir, enlin, en reconnaissant à l'acteur digne de ce nom une supériorité qu'il serait injuste de ne pas mettre en évidence.
Charpie bourg avait son devin ou son berger qui. pour une sonunc modique, retrouvait l'argent perdu, indicpiait l'endroit où l'on pouvait trouver de l'eau, opérait de façon à vous fjiire jouir d'une faveur aiiiomciise, sa\ail jeter un sort ou conjurer les maléfices, charmait les mauvais esprits, guérissait petits ou grands uiaux. Clnupie ville, en ces temj)s de superstitions inénarrables où les facultés s'orientaient vers le surnaturel ou le nierv(nlleu\, jjossédait son alcliimiste ou son iKH-i-omancicn. Les cer\(\uix obsédés })ar la recherche d'excitations fiévreuses s'illusionnaient; de là, une hantise de sounu'ltre à sa volonté les puissances mystérieuses, d'accomplir sous leur ('gide lies clioses exiraonhnaires : di\ inalioiis. scnlinicuts ii'i'»'-sislii)lcs. pi(''di(iions. On s'adonnait à la magie Idanche,
qui était censée mettre l'homme en rapport avec les bons esprits; à la magie noire, grâce à laquelle on pouvait évo- (juer les esprits malfaisants. Toutes les bourses étant vides, l'envie de For régnait partout. Aussi ceux qui passaient pour avoir surpris les secrets de la nature, la combinaison des corps, ou la transformation des choses viles en métaux précieux, réussissaient à racoler des « initiés » qu'ils étourdissaient, d'abord, au moyen de supercheries grossi«'res, j)Our les duper, ensuite, de la plus indigne façon. On disait certains Italiens particulièrement versés dans le « grand œuvre » ; aventuriers de haute volée qui, avec leurs compères, prudemment s'étaient soustraits au flair de l'Inquisition, plus fureteuse dans leur pays qu'ailleurs, pour exercer leur spécialité dans des milieux plus tolérants. Les alchimistes se perdaient dans la l'echerche de la « panacée » , de la « pierre pliilosophale », dans la fabrication de « l'eau de jouvence ». Il est probable qu'un de ces aventuriers, ou un de ces inventeurs, aura servi de prototype à l'histoire de Faust, personnage magicien et légendaire dont l'origine remonte précisément à l'époque du milieu ou de la fin du dix-septième siècle, })hilot qu'à celle, ainsi qu'on l'a cru, du seizième siècle, moment où aurait vécu un criminel s'occupant de magie, usant d'expédients, et qui aurait attiré sur lui l'attention des cliefs de la Réforme.
Pas de prince qui ne se fût attaché un alchimiste attitré et faiseur d'or : Gustave-Adolphe avait prêté l'oreille à des [)ro]»ositions, Foi-dinand HI avait assisté en personne à des manipulations (pii devaient transformer du mercin'c ou du plomb en or. Après la guerre cette lubie dégénère en manie : pas une cour souveraine où quelque recoin n Cût é'Ié aint'uagé' en hdioraloire, où (pielcjue visiomiairc ne vaquât autour di; ses ahnnbics on coriuies (la chimie venait d'être constituée à létal de science dislincle): |)as
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tiiic |»('rs(iiiiic (le (|ii,ilil('" (|ii iiiic iiollNcllc « llM'lIlodc » iiOl)si'mIùI. Plus les lciii|ts se lircul durs, [dus les esp«''i"anc('S se IrouN t'i'cnl dt-rucs. plus uussi roljslinalion grandit, l'ospril riant suj^igcstionn»' par lo fantasti(juo; constanniuMit (»n se laissait leurrer. Parnii les exploiteurs éniérites de la hètiselnunaineileonvientdeciter : Flieronymus Scotus, arriv»'' à se l'aufilei- dans rintiniité du due de Saxe-Co])Ourg' et à a('(juérir sur la duchesse un ascendant dont il se servit pour réaliser toutes ses entreprises. En second liou, une inliiuanle (pii. toujours en bernant son inonde de perspectives dorées, réussit à tromper indignement Jean de Saxe auprès du(|uel. au reste, elle s'('tait fait j)asser pour la femme séparée de Henri Vlïl d'Angleterre; enlin, *ji Berlin. Leonhart Thurneyssen, escroc raffiné, entouré d'une cour de liohereaux besogneux et cupides qui, blousés, \ovaient fondre leur maigre avoir dans les creusets de ce prétendu fabricant d'or. D'autre part, malheur à celui qui roulait trop grossièrement un personnage ou se laissait surprendre en flagrant délit d'imposture; on procédait sommairement et avec une implacable rigueur. Un Italien, le comte Cajetan, fut pendu à Kustrin; pour le supplice on le revêtit, par dérision, de vêtements galonnés d'or, après avoir saupoudré d'or musif la potence. L'allemand Hector von Kentenbach fut décapité. Au reste, tout crédules qu'ils fussent, beaucoup d'adeptes, notamment les princes, prenaient leurs précautions; on embastillait son alchimiste : ccdui (pion suj)posait capable de « faire » de l'or, et ctdui (pii n'aboutissait pas à (MI faire. Parmi tous ces a\ cnluriers. il en ('lait (pii. aussi détra- (pu's (pie ceux dont ils causaient la riiiiu^ se persuadaient de 1 efficacité de leur nu'lhode, mais doutaient d'euxmêmes. Tromper aiiliiii en se tromj)anl soi-iiu'ine est en somme pai'doniiable, Cieiix-là n^'taienl pas les plus dangtv
reux. Ils létaiont moins assurément que ces individus, affublés dun (ilrc pompeux et exotique, qui surgissaient dans le pays, comme du reste en France et en Angleterre, précédés d'une réputation inexplicable d'êtres inspirés, devins, magnétiques. Ils exploitaient en grand — personne ne saura jamais jusqu'à quel point — la curiosité et, sous le couvert de celle-ci, les passions et les vices des gens qu'ils savaient attirer, retenir, entraîner.
Sous le nom de cartomancie, de spiritisme, de somnam])ulisme, ce sera, vers la fin du siècle, une forme nouvelle, mais différente, de la superstilion invétérée dans les masses. On tirera des boroscopes au moyen de l'observation des astres ou par l'interprétation des songes: on évo- ({uera les morts. On se groupera en conventicules secrets, les uns oii il sera <le bon ton d'étaler un bumanitarismc maladif, les autres où l'on fêtera des mystères inventés par un bystérisine pervers et qui flattent des besoins à la fois sensuels et mystiques.