VI AVANT-I'ROI'OS
Ainsi, Freytag a été lu et apprécié comme un auteur national mérite de l'être, lorsqu'il peint les caractères, évoque h's luttes, les joies, les souffrances, les as[)irations, ou l'aconte simplement la \\r intime et particuliéic (l'un peuple lui-même.
Nous ne pouvons ici, ni énumérer les ouvrages, ni esquisser, même succinctement, la biograpliie de Freytag.
Son œuvre est considérable, multiple, variée. Il fut, tour à tour, romancier, dramaturge, poète, mais de préférence historien. Pendant un certain temps, nous le voyons occuper un rang élevé dans la presse et remplir un mandat de député au Reiclistag. Il aborda tous les genres littéraires et acquit la notoriété dans chacun des domaines où son infatigable activité l'entraînait.
Toujours il se révèle travailleur méthodique, soucieux de dégager des faits la vérité, et des expériences une leçon, observateur perspicace, homme exact et de jugement droit. Sa disposition d'esprit, nous tenons à relever ce trait, lui permettait de se passionner sans devenir injuste.
Partout il se fait remarquer par sa puissante et originale personnalité.
A l'étranger, Freytagestplutùt connu comme romancier. Un de ses premiers titres, cependant, à la renom-
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mée très vite acquise et que légitimait l'ampleur de son talent et de son savoir, est celui qui se rapporte à ses études d'histoire de la civilisation en Allemagne.
Au triple point de vue du fond scientifique, de la forme littéraire, de la richesse du contenu, ses Bilder ans der Deutschen Vergangenheit — Tableaux dupasse germanique — comptent parmi les chefs-d'œuvre sortis de sa plume féconde.
C'est par cela principalement que nous avons appris à le goûter.
Il faut dire que Freytag évitait plus qu'il ne suivait les chemins battus. Attiré vers le peuple qu'il aimait avec ses qualités et ses travers, il s'était, de bonne heure, plus particulièrement intéressé, dans ses études historiques, aux phénomènes dont les sociétés, les groupes, les milieux sont le théâtre; bref, il cherchait à s'enquérir des hommes eux-mêmes, des relations et des conditions de leur vie aux différentes périodes de l'histoire.
Aussi employa-t-il une majeure partie de son temps, durant les années de 1848 à 1859, à fouiller les archives paroissiales, les chroniques de l'époque des Humanistes et de la Réforme, à collectionner : feuilles volantes, pamphlets, lettres de famille, actes divers, spécialement dans le but d'apprendre à connaître les détails de la vie populaire qu'on a peine à trouver dans les ouvrages classiques.