‹ Le peuple allemand: ses forces et ses ressourcesChapitre 11 sur 48 · INDIVIDUS PAR MÉNAGE · texte numérisé non relu

INDIVIDUS PAR MÉNAGE

Provinces ou États. ,1871 1880

Prusse orientale 5,08 5,07

Prusse occidentale 5,19 5,15

Brandebourg 4,82 4,65

Poméranie 5,15 5,15

Posnanie 5,17 5,24

Silésie. 4,64 4,64

Saxe 4,69 4,87

Sleswig-Holstein 4,79 4,74

Hanovre 4,89 4,88

Westphalie 5,28 5,30

Hesse-Nassau 4,82 4,90

Prusse rhénane 5,03 5,04

Hohenzollern 4,58 4,63

Royaume de Prusse 4,92 4,90

Royaume de Saxe 4,86 4,70

Alsace-Lorraine 4,00 4,33

Dès maintenant, la diminution du nombre de personnes par ménage est sensible pour l'ensemble de l'Allemagne. Pour l' Alsace-Lorraine, il y a une augmentation, qui reparaît à la suite d'une réduction exceptionnelle causée par l'annexion et l'émigration après la guerre. Un examen attentif des relevés de l'état civil indique d'ailleurs pour l'empire allemand en général un ralentissement de la natalité pendant les dernières années, ralentissement de plus en plus marqué. Au lieu de 41,78 naissances par 1000 habitants pendant la période quinquennale de 1872 à 1876, il n'y en a plus eu que 39,47 pour la période de 1878 à 1882. La progression décroissante continue. Malgré cette tendance qui se manifeste depuis une dizaine d'années, la natalité, en Allemagne, reste beaucoup plus forte qu'en France, et la progression

énorme de la nation allemande est de nature à inspirer de sérieuses préoccupations aux patriotes soucieux de l'avenir du peuple français. Nous n'avons pas à revenir sur les causes de l'infécondité de la France, mises à jour dans les études émues de M. Charles Richet sur l'accroissement de la population française^ Cette cause est toute morale. On ne veut pas plus d'enfants pour avoir plus d'aisance. Calcul d'une exactitude sujette à caution, car s'il est vrai que l'éducation d'une famille nombreuse coûte cher et diminue l'épargne, il est vrai aussi que les enfants bien élevés et appliqués au travail gagnent plus qu'ils n'ont coûté à leurs parents. Les apôtres de la limitation des naissances nous disent : La France a seulement 27 enfants au-dessous de quinze ans par 100 habitants et l'Allemagne 34, d'où cette conclusion que les éléments productifs de la nation française, les hommes en état de travailler, sont supérieurs en proportion à la capacité de production du peuple allemand. Relativement peut-être, mais non pas dans un sens absolu, car dès maintenant l'Allemagne compte un plus grand nombre de travailleurs valides, et, dans un pays civilisé, le capital humain surpasse tous les autres en valeur. Dans la suite de ces études, nous montrerons par des chiffres authentiques que l'accroissement de la fortune de la nation allemande marche de pair avec l'augmentation de sa population, que, dès maintenant, son industrie et son commerce font à l'industrie et au commerce, français une concurrence déjà sérieuse et qui bientôt sera redoutable. Quelles réflexions surtout doit nous suggérer l'appât d'une richesse extrême de la France, exposée aux

convoitises de voisins trop nombreux pour vivre à Taise sur leur territoire devenu trop étroit, mais qui ont conscience de leur force et que leurs besoins poussent à réclamer une part des biens amassés à côté d'eux ! Quand l'écart entre la puissance numérique des populations française et allemande aura encore augmenté davantage, on saisira mieux les conséquences d'une diminution croissante de la natalité pour la défense nationale. Chacun saura quel danger il y a pour le pays de voir tomber de 4 à 3 le nombre des naissances par mariage en l'espace de moins d'un siècle. Chacun comprendra quelles ressources la France aura perdues en ne voulant pas une fécondité de ses familles égale à la fécondité des familles de l'Allemagne, fécondité qui lui aurait assuré 150 000 conscrits de plus à vingt ans avec un effectif supplémentaire de 500 000 à 600 000 enfants par année. Ah! n'affectons point de dédain pour la force des armes, après la douloureuse expérience de nos revers et la rançon des milliards payés aux vainqueurs. Quoi qu'en pensent les rêveurs de la paix universelle, la prospérité et la richesse d'un peuple ne sont vraiment complètes que si ce peuple dispose d'une puissance militaire suffisante pour défendre cette richesse et cette prospérité.

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