X PRÉFACE
çivons^ malgré la brièveté voulue de ce livre^ indiqué amassez nombreuses références \ quelques-unes se rapportent à des ouvrages chinois qui n^ayant jamais été traduits ou l'ayant été incomplètement^ ne sont accessibles qu'aux sinologues. Nous ne pouvions nous dispenser d'indiquer à ceux-ci les sources auxquelles nous avons puisé et dont, seuls, ils peuvent apprécier la valeur.
Ce nest pas que nous ayons voulu soutenir, dans ce livrej une thèse quelconque ; nous n'avons eu d^autre but que de faire un exposé fidèle de la société chinoise, considérée dans ses principes fondamentaux et dans son développement histO" rique, laissant au lecteur le soin d'en tirer les conclusions que son examen pourra lui suggérer.
Pour accomplir ce long et difficile travail, ?ious avons eu la bonne fortune d'un inappréciable concours. Son Excellence Soueng Pao-Ki, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de sa Majesté V Empereur de Chine à Paris, a bien voulu, non seulement, mettre à notre disposition les précieux documents chinois de sa bibliothèque, mais aussi nous donner avec une bonne grâce infatigable, soit par la parole , soit par te pinceau, de multiples indications sur le droit coutumier, sur l'histoire, sur les rites anciens et modernes de sa patrie. Qu'il nous soit permis d'exprimer ici à cet éminent lettré notre vive gratitude pour une bienveillance qui ne nous a pas fait défaut un seul jour.
t>REFACÊ XI
En toas paySj les esprits élevés croient^ avec ConfuciuSy « qu'il faut s' affliger de ne pas connaître les hommes » et ils trouvent bon que Von cherche à les faire moins s'ignorer les uns les autres^ dût-on révéler leurs défauts^ afin que^ mieux instruits de ce qu'ils sont, ils puissent plus facilement se faire les mutuelles concessions nécessaires à la bonne harmonie de leurs rapports.
Nous osons espérer que ce modeste ouvrage apportera sa contribution à cette entreprise. Il ïCa d'autre prétention que d'être une peinture du peuple chinois tel qu'il nous est apparu à travers les monuments de sa littérature^ de son histoire et de sa législation.
Plus d'un trait des mœurs^ plus d'une disposition des lois chinoises pourront choquer la manière de voir des Occidentaux ; ce sera alors ^ pour le lecteur^ U cas de se rappeler qucy se prendre soi-même comme règle de la perfection absolue est une mauvaise méthode critique^ et de penser que le peuple chinois^ tout comme les autres peuples^ a le droit d'appliquer à ses institutions le mot célèbre dans lequel Pascal a condensé V infirmité des vues humaines lorsqu'il dit : « Vérité en deçà des Pyrénées^ erreur au delà » .