INTRODUCTION XIX
obligations d'affaires. Jusqu'à ces derniers temps, pour les grands lanceurs industriels et pour les magnats du commerce, le principe était resté vrai : en affaires, nécessité ne connaît pas de loi et la force crée le droit. Mais, en même temps, ces mêmes hommes mettaient en vigueur le texte : « Évite toute apparence de mal » et se pliaient personnellement avec la plus scrupuleuse ponctualité à toutes les rigueurs du conformisme moral et religieux. Jouer aux dominos, assister à un concert, se rendre à une partie de campagne le dimanche, c'était s'exposer à un blâme public, comme peuvent se le rappeler bien des personnes ayant aujourd'hui plus de vingt ans et même beaucoup qui n'atteignent pas cet âge. Dans certaines des plus grandes sectes religieuses, comptant un peu partout de nombreux adeptes, danser, jouer aux cartes ou à la loterie, boire du vin ou de la bière sont des actes qui, sans être toujours l'objet d'une interdiction officielle, n'en sont pas moins condamnés par une opinion publique impérieuse comme choses « de ce monde » et « non spirituelles ».
A cet égard, la nation est restée anglosaxonne. Le pays a subi l'empreinte de la rigidité du jugement moral et du « légalisme » de la