XXIV INTRODUCTION
ciale et morale des États-Unis que l'individualisme est peu développé ; c'est encore l'initiative fraîche et vigoureuse signalée à juste titre par M. Rodrigues qui se voit affaiblie par la fièvre énervante et stérilisante de moralisation du pays à grand renfort de mesures législatives.
Aujourd'hui même, cet aspect des affaires américaines est encore frappant, bien qu'un peu moins apparent. Je crois devoir le mentionner, parce qu'il indique une orientation qui n'est peut-être pas suffisamment mise en lumière par l'auteur. Nul doute que cette tendance, en matière d'industrie et de commerce, ne corrige de réels abus d'un individualisme par trop égoïste et que, si elle est contenue dans ses justes limites, elle n'aboutisse à des résultats, somme toute, salutaires pour le pays.
Quant à l'idéalisme qu'il convient de reconnaître aux Américains, il est, comme le dit très bien M. Rodrigues, dans une large mesure inconscient. C'est un effort vers le succès, la réalisation, la création ; effort inspiré par les motifs idéalistes de justice et de devoir. Il n'est pas dirigé consciemment vers une fin, mais il se meut