INTRODUCTION XXV
en vertu d'un élan intrinsèque dans lequel se confondent la force et le droit, les instincts individualistes de l'homme d'affaires allant de pair avec la conscience du puritain.
Dans cette sorte d'idéalisme, tout comme dan? son individualisme, l'Américain montre les défauts de ses qualités. Il est agité, absorbé, irréfléchi ; c'est un être incomplet. Il n'a que peu de temps et il n'éprouve que peu de goût pour la culture personnelle ; les joies tranquilles de la vie familiale et la communion d'esprit dans les calmes de région de l'art le touchent peu. Son traditionnel septième jour de réflexion est maintenant pris tout entier par le Journal du Dimanche avec ses cinquante à cent pages de nouvelles à sensation. Tout cela produit en lui cette fâcheuse « fluidité » d'esprit manifestée dans ce (( type moteur » qui réclame sans cesse un panorama de choses à voir et qui, en fait, n'en voit jamais aucune. En dehors de ses affaires, il n'a pas de spécialité, ne s'intéresse à rien, est incapable d'employer ses loisirs. Ses vacances l'assomment, ses distractions l'énervent, l'approche de la vieillesse l'épouvante. Une fois retiré des affaires, il souffre effroyablement de son manque d'occupations, et il finit par retourner aux affaires, afin de pouvoir « mourir sous le harnais ».