INTRODUCTION XXVII
tionnement. On exige sans cesse des « choses nouvelles », des « pensées nouvelles », une « éducation nouvelle », la « femme nouvelle », la <( nouvelle liberté » — et cela dans des matières où ce qui a de la valeur n'est pas nouveau et où ce qui est nouveau n'a pas de valeur. Le changement devient le signe du progrès.
Politiquement, l'idéal américain pèche par ses vues courtes et son manque de précision. La Constitution, sagement interprétée par la Cour Suprême, devient le bréviaire de la vérité politique et la charte des droits politiques. Mais la prédominance pratique des « Droits des États » jusqu'à la guerre civile et la tradition d'isolement national vaguement formulée par la doctrine de Monroe ont produit une certaine indifférence nationale et un certain désintéressement à l'égard des affaires internationales. Tl en est résulté une remarquable insouciance populaire unie à une préoccupation presque exclusive des affaires intérieures "et personnelles. Comme le dit M. Rodrigucs, la conscience nationale en lant que telle n'a guère existé, sauf aux heures de crise. La devise de la nation : E pluribas unum se lirait mieux : In pliiribus unum, en insistant plus fortement sur la pluralité des États que sur l'unité de la Nation.