‹ Le peuple de l'action, essai sur l'idéalisme amChapitre 24 sur 73 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

je crois que dans certains passages de son livre, par exemple celui où il compare les États-Unis à un (( boarding house » plutôt qu'à un « home », M. Rodrigues va trop loin (i). Sans doute, l'Américain change souvent de rue, de ville ou d'État, mais cela n'est pas autre chose pour lui que de changer seulement de chambre dans la maison ; il conserve son adresse d'Amérique (2).

1 Voir également la comparaison des États à des forces centrifuges.

2 J'aimerais pouvoir commenter les remarquables discussions de l'auteur sur le Président et la Constitution des États-Unis, mais la place me manque. Peutêtre estime-t-il au delà de sa valeur le pouvoir constitutionnel du Président, car un vote des deux tiers des voix au Sénat peut faire échec au veto et la Cour Suprême peut maintenir une loi frappée du veto. Le Président n'a pas le droit de prendre directement l'initiative des lois et quand son parti ne dispose au Congrès que d'une faible majorité, son initiative indirecte (par l'intermédiaire des chefs de parti) peut se heurter à des difficultés ou même avorter. Comparer le Président au Pape n'est pas de tous points heureux, car l'influence du Président est populaire et morale, dans son origine comme dans ses sanctions, et non autocratique ou tkéocratique.

Quant à la Constitution, sa généralité et son manque essentiel de précision ont fait d'elle l'admirable instrument du développement constitutionnel dans les mains de la Cour Suprême. Les juges se divisent en t inter-

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