INTRODUCTION XXXI
guerre actuelle, des deux hypothèses formulées par M. Rodrigues, (p. 186 et p. 157), la seconde me parait plus juste que la première ; j'entends par là qu'il est vrai de dire que si le Président n'avait pas décidé la guerre, la nation aurait pu rester neutre ; mais il ne l'est pas de prétendre que « le Président a eu de grandes difficultés à surmonter pour amener le pays à l'idée de l'intervention ». La vérité me paraît avoir été exprimée d'une manière à la fois fine et discrète par un rédacteur d'un journal français : « M... a, selon toute vraisemblance, contribué à éclairer sur le véritable caractère du conflit l'esprit du Président, probe, méthodique, mais mal averti des choses européennes. » (1) Dans l'intérêt d'une documentation historique exacte, je puis prendre ici à mon compte l'opinion d'un important journal de New-York qui indique comme suit l'ordre des facteurs de la décision américaine : en premier lieu, l'élite intellectuelle du pays a convaincu le peuple, puis l'une et l'autre, agissant de concert et aidés par les Allemands, ont convaincu le Président.
i R. G-, Journal des Débats du 8 août 191 7.