PREFACE XLVII
l'Allemagne pourrait-elle mettre en regard de ces deux noms?
Nous sommes donc faits pour nous comprendre et pour nous compléter. Demandons-lui sa vigueur et sa combativité et donnons-lui en échange notre culture et cette «douceur» qu'elle nous reconnaît. Affinons-la et qu'elle nous virilise.
Pour cela, de part et d'autre, notre effort doit tendre à multiplier et à renforcer nos relations. Qu'il y ait entre nous une série d'échanges de toute sorte, intellectuels autant que matériels. Déjà, d'heureux résultats ont été obtenus dans ce sens. Les Etats-Unis ont entendu la voix de quelques-uns de nos universitaires et de nos hommes d'Etat, et ils nous ont fait entendre celle des leurs. Mais ce n'est là qu'un premier pas ; il faudrait créer des organes communs et, plus encore peut-être, des foyers de pensée commune, et cela dans tous les domaines, dans le commerce, dans l'industrie, dans la presse, dans l'Université. Il faudrait qu'au lendemain de la guerre, des « tours d'Amérique » fussent organisés pour nos écoliers de France et des « tours de France » pour leurs écoliers d'Amérique. Il faudrait une pénétration profonde et comme une imprégnation constante de ces deux peuples l'un par l'autre. C'est l'œuvre
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de demain qu'il conviendrait d'amorcer dès aujourd'hui.
Oserai-je dire, pour terminer, que c'est un peu en songeant à une telle œuvre que j'ai composé ce livre? Si j'avais pu, soit ici, soit peut-être même là-bas, inspirer à quelques-uns le désir de l'entreprendre, je m'estimerais largement payé de mes peines et je jugerais que mon effort n'aurait pas été inutile.