‹ Le peuple de Rome vers 1840Chapitre 14 sur 80 · IL L75, L · texte numérisé non relu

IL L75, L

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Naturellement les marâtres ne manquent pas. qui accablenl leurs enfants d'injures grossières*, qui les martyrisent même2, qui les envoient mendier (et les prêtent à d'autres femmes dans ce but) el les rouenl de coups quand ils ne rapportent pas au logis la somme désirée3. Belli a fixé de même le type de la mère qui xend sa fille : « Vois-tu la locataire i du second, comme elle a su se faire des boucles d'oreille ? u Et toi, grosse bête, tu te fais des scrupules pour rien ! Je ne a veux pas te rendre un mauvais service, mais... quand tu as u une occasion, profîtes-en : si un galant homme veut un ser- (( vice de toi, ne te le fais pas arracher avec des tenailles. Si « ça te coûtait quelque chose, je dirais... ; mais... mets-toi (( en vogue, et puis, qui casse les verres les paie; c'est une (( vieille histoire. Oh, quand tu verras trop de presse, fais la « fière et ne donne plus ça que brin par brin. Qui ne sait « pas s'aider, ma fille, se noie4 ». (I. 71.)

Ce sont là certainement des exceptions; la rudesse du langage, très fréquente 5, cache un amour profond, une sollicitude toujours en éveil pour ces fils turbulents qui grimpent sur les meubles, sur les corniches, véritables casse-cous6. Heureuses encore les mères qui ont toujours du pain pour tant de bouches et un peu de bois en hiver7 : « Paix, mes en- (( fants, paix ; oui, papa, va rentrer, et vous aurez du pain, ne (( pleurez pas ! Si vous saviez comme je vous aime ! Que dis- (( tu, Joseph ? tu as peur dans l'ombre? Que faire, s'il n'y a (( plus d'huile ? Et toi, Adélaïde, qu'as-tu? pauvre petite, tu a as froid? Eh bien, ne te mets pas contre le mur; viens ce dans les bras de maman qui te réchauffera. » (IV. 329.)

4 Cf. I, ô; II, 103; IV, 111.

G II, 207 ; III, 51 ; IV, 74. — Si en l'absence de la mère, il arrive un malheur, tout le voisinage est impitoyable; elle aurait dfi prévoir! Cf. II, 387.

Plus tard, enfin, quand les fils sont des hommes, la mère continue à veiller sur eux ; elle s'inquiète du danger que court le chasseur1 ; sa bonté la pousse jusqu'à excuser des fredaines assez graves, même le vol parfois2 ; elle implore la grâce du condamné 3 et trouve des accents éloquents: « Mon Dieu ! après un mois d'hôpital, où seul un miracle lui (( sauve la vie, il va et se voit fermer toutes les portes! Je ce comprends que si alors il a tué le caudataire, il a mal fait ; (( qui le nie ? Mais le tribunal a-t-il bien fait de le condamner à a mort? Ne devait-on pas considérer qu'un mauvais conseil ce de la faim a poussé mon fils au désespoir? Ah, si ici on « pouvait voir le souverain4, je lui dirais : Ce sont ces gens (( infâmes qui lui ont mis le couteau à la main. » (V. 347.)

Enfin, pour terminer par un tableau plus paisible, voici une brave Transtévérine, dont le fils, parti jadis pour la Grande Armée, a ramené une femme doctoresse : « Si tu l'entendais a (cette femme) : C'est un livre intéressant... La terre tourne... (( La lune est habitée... Un tel a écrit un livre... Telle autre (( est une grande poétesse. — Un homme, passe encore ! mais ce qu'une petite gueuse vienne nous faire bâiller avec des livres (( et des discours.

Fili, fili : lavori la carzetta :

Abbadi a ccasa sua : faccî li lijji,

L'allatti, e nun ce scocci6 li cojjoni.

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