‹ Le peuple de Rome vers 1840Chapitre 17 sur 80 · Les fils et les filles · texte numérisé non relu

Les fils et les filles

Par tout ce qui précède, on peut déjà se faire une idée assez juste de ce que sont les enfants dans la famille au Transtévère. Jusqu'au jour de son mariage, la fille demeure auprès de la mère, lui aidant soit à la cuisine, soit dans les travaux de couture, de repassage. etc., etc. ; il est bien rare qu'elle parte pour l'étranger1. Que la jeune Romaine soit un peu coquette et aime à se regarder au miroir2, c'est bien compréhensible, car elle est belle généralement et d'une façon remarquable. Là-bas, on a le sens des lignes harmonieuses, on comprend et on aime la beauté3; celle qui n'est pas précisément belle se console en disant :

Ebbè, ssi nnun zo' bbella, so' ppiascente ;

E ssi mm piascio a vvoi. piascio a antra ggente.

ou encore, en constatant que tout passe ici-bas4; mais sous cette philosophie on sent un peu de dépit. — La pruderie n'est pas le défaut des Romaines ; celles dont la vanité tendrait à faire des pimbêches, en sont vite corrigées par ta simplicité des mœurs et par le sans-gêne des critiques5.

Perché avete vent' anni e'r culo tonno, Oggnantra donna appetto vostro è un torzo? Ghi ha pprudenza L'addopri, i<> v' arisponno.

Riccomannàteve :i Ss.-m < JarF ar < «mv.o, Ghe vve currl La vita ,;. <i ppo' a sto monno State a vvedé ssi w<i va mmanco un orzo.

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Que la vie roui dura Longtemps, c'êst-à-dirê attende* d'avoir un p<

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Plus d'un painoi se promène au Transtévère en quête d'une aventure, mais ses litres et son argent ne lui assurent pas des triomphes faciles; il lutine en vain une belle fille en train de repasser : « à bas les mains ! Soyez sage, monsieur a le comte, sinon je vous brûle les doigts (avec le fera repas- « ser). Ooh, vous commencez avec la jambe! Voulez-vous « finir? J'appelle maman. Vous croyez-vous à récurie*? »

Jo co' llei nun ce pijjo confidenza.

E ste su' libbertà mmanco le vojjo.

Plus d'une mérite donc cet éloge d'une mère : « Celui qui (( la prendra pour femme trouvera un trésor ; elle ne connaît ce que la maison et le travail et semble en somme une mère ce de famille » (I. 2).

Les fils par contre se déroutent souvent de bonne heure 2, pressés qu'ils sont de faire ce que font les hommes ; le cigare à la bouche3, ils courent les ostéries, pour y dépenser les sous gagnés péniblement par un vieux père 4, pour y jouer aux cartes, y manier le couteau et y rencontrer des femmes de mauvaise vie. C'est le samedi soir surtout qu'on s'amuse ainsi. En voici un qui appelle de la rue: « Maman, « oh, maman ! — Aho ! — Maman ! — Que veux-tu ? — Prenez (( ma pipe à la tête du lit et donnez-moi un franc. — Que vas- (( tu en faire? — Cane vous regarde pas ; faites ce que je vous « ai dit, au lieu de me scier les côtes. — Dis-moi du moins où ce tu vas à cette heure î — Où il me plaît. — Ah, Ninoî — Oh, « ça commence ! — Mon fils !... — Eh bien, je vais manger des (( tripes. — Avec qui? — Avec les pantoufles d'Abraham. — « Comme à l'ordinaire, tu vas avec des filles... — Mais en

! Le jeune élégant; le g-ommeux.

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