III, 158; IV, 299; V, 63, 123; VI
r> Le carlino est une monnaie de peu de valeur.
6 Le jour de la Saint-Martin est, dit-on, le jour des cocus.
N'oublions pas saint Pierre, le portier céleste, auquel le Seigneur fait de temps à autre une algarade * ; ni les stigmates de saint François 2 ; ni saint Paul ermite 3 ; ni saint Jean-Baptiste, qui est le patron des compères4; ni saint Antoine 5, ni saint Augustin qui fait autorité G. — A cette liste on peut ajouter : saint Eustache 7 ; sainte Rose qui saisit un éclair dans sa main 8 ; sainte Ursule et les 11000 vierges (qui provoquent l'incrédulité du Romain) 9, le béat Alphonse qui pour ne pas enfreindre le jeûne transforme un chapon en poisson10, et enfin la très merveilleuse Philomène, une sainte récente et par conséquent très agissante (car les vieux saints ne font plus de miracles, vivant pour ainsi dire de leurs rentes) H, mais de caractère plutôt farceur. ((Voilà une « autre sainte qui se révèle, baptisée sainte Philomène ; elle (( est toute pleine de miracles ; le plus drôle, c'est qu'elle les (( fait pour rire ! A l'un elle cache son dîner, à l'autre son (( souper, Tantôt tu l'entends venir, et voilà qu'elle s'é- (( chappe ; tantôt elle rit à la tête de ton lit ! Ils disent que (( c'est une sainte et même les prêtres l'ont dit; mais moi je (( l'appellerais plutôt un feu follet » (III, 307) 12.
I IV, 7<> ; II, 362. — On croit qu'il a été pape. Cf. II, 139 et IV, 121. — On lui garde quelque rancune de son reniement : IV, 27. — Il parait qu'il a maudit toutes les servantes : IV, 13. — Voyez encore : II, 342; III, 157 : IV, 26, 370, 422; V, 394.
* III, 305,100. — On appelle les pieds «il cavallo de San Frances^o», II, 80.
3 II, 246, 247; IV, 23. — Saint Paul donne le glaive et saint Pierre les clés. II, 77. — Sur les apôtres en général : II, 270 : III, 68, 2 12 : IV, 370.
4 IV, 238; V, 34; VI, 21, 120, 125. — Sur les divers saint Jean : III. 102.
5 II, 240. — Bénédiction des bêtes : II, 3*6.
0 « Sn nt Agtislino lo mett' in dubbio », V, 1 i.
10 IV, 415. Sur les béat 8, en route vers lu sainteté : III. 378 : IV. 370.
"cf. iv, loi, h v, 308. Mais surtout m. -i^.' : Dn brave homme porte deux c nui.' Philomène pour obtenir d'elle la guérison de sa
femme. Le prêtre, eu apprenant que la femme <isi mourante, <iit au mari : i Reprenez - I •!«' ne veu* pas discréditer une sainte aussi ré
« «•m!. . i il besoin de répéter que Bell i c'a rien Inventé? Vo; note '!<' Morandi, [II, 31
Pour éviter toute interprétation arbitraire, les hérésies et La Bible. les schismes. l'Église a de bonne heure interdit aux laïques la libre lecture de la Bible. Afin d'avoir la paix chez elle, cette bonne mère n'a pas hésité à abêtir ses enfants ; elle a confié h des moines, à des prêtres souvent ignorants et fanatiques le soin de lire aux fidèles l'Évangile.. . en latin et de le leur expliquer! Dans quel sens et dans quel but cette interprétation a lieu, on le devine aisément. Un Romain remarque que le pape a ses raisons pour flatter les moines,
... lui l'imbecca e j je se mostra amico Perch' hanno in mano er fil de la matassa.
È ssempre bbene tené acceso er zelo
Go' cquarche smorfia * e bbonagrazzia nova
Ne le bbocche che spiegheno er Vangelo.
A Rome, ce sont les Jésuites surtout qui expliquent l'Écriture, le dimanche après Vêpres, à l'église du Jésus2. Ou bien, ce qui laisse une impression plus vive dans la mémoire, on donne des représentations muettes, des tableaux vivants, tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament3.
L'Évangile lu en latin, de même que les psaumes latins, produisent des confusions comiques.
In chiesa, doppo er canto der maggnifica, Dimannai a un pretozzo de campaggna :
« Quer parolone fescimichimaggna*, Sor arciprete mio, cosa siggnifica ? »
L'abbate je pijjo un tantin de tossa,
Poi disse : « Fescimichimaggna, fijjo,
Vo ddi in vorgare : Me l'ha ffatta grossa s ».
1 Grimace aimable.
8 II, G7, 186 ; v, 22 ; VI, 205. — Cf. chap. IV, paragr. 10.
3 I, 188; VI, 89, note 1.
4 Paroles tirées du cantique « Quia fecit mihi magna qui potens est, et sanctum nomen ejus ».
5 II m'a joué un vilain tour.
Dico : « E ccosa j' ha ffatto, eh, sor curato ? » « Oh, ccerti tasti, » disce, « io ve conzijjo De nun toccalli ; e cquer ch' è stato è stato ».
Un autre a entendu chanter, dans une procession, les paroles : Sui moras incolatus — Miro clausit ordine ; et il s'écrie :
Incollato ? ! Che mmoras incollato !
Ho ssempre intes' a ddi da trentun' armo
Ghe Ccristo in crosce sce mori inchiodato.
Le Romain parle aussi d'une « sora Pocalissa der Van- « gelo ! )) 2 Ces obscurités, ces contradictions ne nuisent en rien au prestige de la Bible; on ne la connaît presque pas, et le peu qu'on en sait est compris de travers, mais on lui accorde une confiance aveugle. « Com' un Vangelio » est synonyme de (( senza dubbio » 3 ; le superlatif d'une affirmation, c'est (( la verità, più der Vangelo 4 ». Néanmoins, et ce fait en dit assez, le Romain prétend que « les proverbes « et l'Évangile sont parents » 5. Un pessimiste s'écrie même :
E ttratanto er Vangelo, fratel caro,
Tra un diluvio de smorfie e bbell' inchini,
È un libbro da dà a ppeso ar zalumaro ,;.
Ce qu'on connaît de la Bible, ce sont les anecdotes, dans leurs faits purement matériels, mais sans aucune portée morale, et pleines d'anachronismes.
1 Cf. i, 4ô, QOte 6 : III, 76 j v, 25 t. x III, 218.
» IV, 228, 878 ; v, 64, 184.
1 Marchand <!<■ salamis, de comestibles. L'ami «1rs femmes avoue que i p1 er p«'i<> > il renierait la lumière de l'Évangile, vi, 16
Le sonnet sur le déluge { peut servir de type :
Iddio < lisse a Nnovè : « Senti, Patriarca : Tu cco' li lijji tui pijja Taccetta, E ssur diseggno mio frabbica un' arca, Tant' arta, tanto longa, e ttanto stretta.
Poî fa' un tettino, e ceropisce 2 la bbarca, Coin' e cquella der Porto de Ripetta ; E ccom' liai incatramato :{ la bbarchettâ, Gurri p'ër raonno, acchiappa bbèstie e imbarca.
Vierà allora un diluvio uniyerzale,
Ch' appett' a llui la cascata de Tivoli Parera una pissciata d'urinale.
Guanno poi vederai l'arco-bbaleno.
Cuell' è er tempo, Novè, cche tte la sscivoli *,
Scopi la fanga, e ssemini er terreno ».
Le spectacle de Noé ivre a le don de divertir nos Romains 5. On cite souvent la tour de Rabel pour exprimer le désarroi complet6. Le patriarche Abraham figure surtout dans l'exclamation très fréquente : « li zzoccoli d'Abbramo I » qui vaut exactement nos expressions familières des ce pre- (( mières pantoufles » et du « bouton de guêtre » 7. Quant à Loth, son histoire scandaleuse vaut celle de l'ivresse de Noé 8. — Le chaste Joseph (J, la sortie d'Egypte 10, les Hé-
1 Je consacrerai un paragraphe à part à Adam et Eve; Abel et Caïn. * Couvre.
3 Goudronné.
4 Sortir avec adresse.
5 VI, 76. — Sur l'arche de Noé : II, 412 et 413. — Par une confusion de Noé avec Méthusalem, on dit : « campa l'anni de Novè » : I, 189 ; V, 383.
6 II, 290; III, 121 ; V, 365. — Il en est de même pour Babylone, qui est, paraît-il, l'allégorie de Rome dans l'Apocalypse. Cf. VI, 260.