‹ Le peuple de Rome vers 1840Chapitre 26 sur 80 · I, 149. 190; III, 73; V, 160, 246; VI · texte numérisé non relu

I, 149. 190; III, 73; V, 160, 246; VI

2 I, 132. Et « er nodo di Cordiano e Ssalamone ». III, 399.

4 Faire le métier de prostituée.

La fuite de la Sainte-Famille nous vaut ce tableau :

Ner ventisette de dicemmre a lletto, San Giuseppe er padriarca chiotto chiotto Se ne stava a rronfà ccom' un porche tto, Provanno scerti nummeri delF otto l ;

Guanno j'apparze in zogno un angeletto Cor un lunario che ttieneva sotto ; E jje disse accusi : « Gguarda, vecchietto, Che fîesta vie qui ddrento a li ventotto » -.

Se svejjb san Giuseppe conr un matto.

Prese un zomaro ggiovene in affitto, E pe' la prescia manco fesce er patto 3.

E cquanno er giorn' appresso usci Y editto, Lui co' la niojj' e'r fio ggià cquatto cquatto Viaggiava pe' le poste pe' l'Egitto.

Jésus- Christ est traité avec la plus grande familiarité 5 : à propos des reproches que Marthe fait à Marie, le Romain, avec son sens pratique, prend le parti de Marthe0. — La première communion 7, Jésus-Christ devant Ponce-Pilate <s, l'incrédulité de saint Thomas 9, autant de « tableaux » que les œuvres d'art doivent rappeler du reste à chaque instant l0. L'incrédulité de saint Thomas, c'est à remarquer, lui vaut l'épithète de « jacobin ». « Quand le Seigneur lut mort, en « bon chrétien, chaque apôtre se mil en roule, à pied, pour

1 On met sous son oreiller certains numéros, et selon le rêve de la nuit, on les joue au loto.

2 Le 28 décembre est la commémoration des innocents

il était si pressé qu'il oublia de faire le prix d'avance!

I sut- le massacre des inuoeents : II, 80, - sur les rois mages : u. 87. ■ voyez par exemple i<i- noces de Cana. n. 80, 83,24.

II IV, 7 in.

Ml, 139.

' il, 870.

'" Le « alvaire devient i un certo tar « arvario t fin, 879) n es! simplement mentionné : il km». ::s i : [y, 85. 17 1.

<( prêcher la foi, le sac au cou el le bâton à la main. L'un a alla à la Storta, l'autre à Baccano, un autre à Monterosi,

i un autre encore à Népi ' ; et eu voyageant, comme il « arrive, ils virent le inonde entier. Naturellement chaque i pays avait sa langue, espagnole, allemande, russe ou fran- « çaise. Et pourtant, les apôtres avec une langue seule se < firent comprendre de tous et ne perdirent pas une demid parole » (III, 68) 2.

On le voit, les connaissances géographiques du Romain ne s'étendent pas bien loin autour de Rome. A quoi bon? puisque Jésus-Christ lui-même est venu se promener sur la voie Appienne et y a rencontré saint Pierre qui fuyait Rome et le martyre, abandonnant ainsi « er zu' Papato grasso ». « Où vas-tu, Pierre? » a demandé Jésus. « Où il me plait », a répondu le Pape, comme aurait répondu l'Antéchrist. Et Jésus, frappant du pied de colère, laissa l'empreinte de ses talons sur une pierre qu'on conserve encore (II, 362) 3.

Adam et Eve sont très populaires au Transtévère, et nous Adam et avons une série de jolis sonnets sur ces commencements de ^vel'humanité. « Pour créer l'homme, Dieu fit usage de ses « mains, et après l'avoir bien manié, Il lui fit : hah, et « Adam, à ce souffle, de poupée qu'il était devint un chré- (( tien. Il avait à peine commencé à vivre que déjà il savait « réciter l'histoire, lire, écrire, et qu'il connaissait par cœur ce toutes les bêtes bonnes ou mauvaises » (I, 196). — Cette apparition d'Adam changea bien des choses sur terre;

1 Tous ces noms désignent de petites localités aux alentours de Rome.

* Parmi les apôtres, il faut mentionner spécialement Judas, « quer baron futtuto de Scariotto ». II, 36, 139, 321; III, 67, 338; VI, 91. — A noter l'expression : (( Quant' è vero Ggiuda », I, 63.

a La tradition narre le fait d'une façon un peu diverse : saint Pierre, rencontrant Jésus, lui aurait demandé : Domine, quo vadis ? — Et le Christ lui aurait répondu : Eo Romam iterum crucijlgi, sur quoi le saint, honteux, serait rentré à Rome pour y affronter la mort.

Tue rencontre intéressante, également à Rome, a dû être celle de Romulus avec Mahomet. Cf. III, 164.

hélas ! avant lui, les bêtes étaient heureuses ; ni cocher, ni chasseur, ni boucher ; chacun parlait à son aise, ce Mais dès « qu'Adam se mit à faire le maître, voici les arquebuses, la « massue, les voitures et le bâton. Et ce fut en ce temps que « l'homme ôta la parole aux bêtes pour parler tout seul et « avoir raison toujours » (IV, 43). Adam céda à l'orgueil et ne salua plus personne; il eut chiens de chasse et chevaux de selle, et s'abandonna, ainsi que sa femme, à une vie de dissipation.

E l'animali, a ttutte ste molestie, De la nescessità, ccome noi dimo, Fasceveno vertu, ppovere bbestie.

Nun ce fu coti' er zerpente, che, vvedute

Tante tirannerie, disse p' er primo :

<( Mo vve bbuggero ! io, creste futtute » -.

Et le serpent fit si bien, qu'un jour Dieu les vit manger du fruit défendu.

Strillo per dio con cuanta vosce aveva : « Ommini da vieni, ssete futtuti ».

Mais au fond, quel était ce péché, ce fruit du bien et di mal? Question difficile qui intrigue beaucoup les fortes têtes du Transtévère. « Ce péché, dit l'un, c'est le cinquième, « gourmandise » 3. Mais d'autres donnenl au problème une réponse plus vraisemblable4. En tout cas, ce qui est certain, c'est que ce péché a privé l'humanité du plaisir de faire l'amour pendant toute l'éternité5. — Un autre problème (qui du reste a préoccupé l<is Pères de l'Église), c'est de sa*

1 « Bug g er are » es! difficile a rendre exactement : c'esl >< mettre dedans I <>ii mieux i cm ».

* Foutus blagueurs !

4 vi, 830, 178.

voir si Adam et Eve, n'étant pas nés de la femme, avaient pourtant un ombilic1.

Le meurtrier Caïn ne doit pas trouver par le monde beau- Gain et coup de défenseurs déclarés ; s'il en a, ils sont à Rome, au AbeL Transtévère, où le couteau donne la solution de tant de querelles.

Nun difenno Gaino io, sor dottore s, Ghe lo so ppiù dde voi chi ffu Gaino : Dico pe' ddi che cquarche vvorta er vino P6 accecà l'omo e sbarattajje 3 er core.

Gapisch' io puro che agguantà un tortore * E accoppàcce un fratello piccinino, Pare una bbonagrazzia da bburrino3, Un carcio-farzo 6 de cattiv' odore.

Ma cquer vede ch' Iddio sempre ar zu' mêle E a le su' râpe je sputava addosso, E nno' ar latte e a le pécore d'Abbele,

A un omo com' e nnoi de carne e dd'osso

Aveva assai da inacidijje er fêle 7 :

E allora, amico mio, tajja ch' è rrosso 8.

Mais ici de nouveau un doute se glisse dans les esprits subtils : Gomment Caïn pouvait-il savoir que les coups tuent les gens, puisque, avant son crime, personne n'était mort encore, ni de mort naturelle, ni de mort violente ? 9 Toujours

1 VI, 229. — Sur Adam et Eve, voyez encore : I, 224; III, 164, 223; IV, 3, 4, 278; VI, 19, 103, 231.

2 Expression ironique.

3 Lui troubler le cœur.

i Saisir un bâton.

5 Paysans des Romagnes.

6 Une trahison.

1 Lui aigrir le fiel.

8 ((Tajja ch' é rrosso » est le cri des marchands de concombres. Il s'est généralisé, et est une incitation à un acte violent, sans égards ni hésitations.

est- il que le Seigneur n'admit pas d'excuses, et le condamna à parcourir le globe, chargé de malédictions, pour aller finalement pleurer dans la lune *. Toutes les bonnes mères montrent à leurs enfants la pleine lune en disant : « Vedi « figlio, quella faccia? È Gaino che piange » 2.

E sta lli ssempr' ail' acqua, ar zole e ar vento ? —

Ggià : inzinent' ar ggïadizziuniverzale

Ha da stà ffora, senz' annà mmai ddrento. —

E pperche fîa ccescé 3 ? — Ppe' ddà un zeggnale A nnoi, che cciaricordi oggni momento

La corpa der peccat' origginale.

Et le chien battu qui se sauve en criant : coi, cal, appelle Caïn, c'est un fait positif4.

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