‹ Le peuple de Rome vers 1840Chapitre 28 sur 80 · Y, 16 ; VI · texte numérisé non relu

Y, 16 ; VI

6 Voyez plus loin le paragraphe sur la confession.

caresses en entendant le canon qui annonce la grande bénédiction du pape. C'est peut-être le sonnet le plus « natura- (( liste » de toute l'œuvre de Belli, mais d'un jet si heureux au point de vue artistique que j'en donne ici le texte comme curiosité littéraire :

Giuveddi ssanto.

Fa'!... che ggusto !... spi... Zzitto! ecco er cannone !

Abbasta, abbasta, su, ccaccia Tu !

Nu' lo senti ch' edè? spara Castello * : Seggno ch' er Papa sta'ssopra ar loggione.

Mettémesce 2 unr e 11' antro in ginocchione : Per oggi contentàmesce, fratello.

Un po' ar corpo e un po' ail' anima bberbello : Pijjàmo adesso la bbonidizzione.

Quanno ch' er Zanto-Padre arza la mano,

Poi 3 in articolo-morte fà li conti

A ggruggn' a ggruggno coll' inferno sano.

E nnun guasta che nnoi sémo a li Monti, E 'r Papa sta a Ssan Pietr' in Vaticano : Oggi er croscione suo passa li ponti.

Cette grande bénédiction du pape est chose assez rare, e par conséquent d'une très grande valeur. Le jour du couronnement à Saint-Pierre et le jour de la prise de possëssioi à Saint-Jean-de-Latran, le pape monte sur le loggione e bénit la ville et le globe entier, eu se tournanl vers les quatn points cardinaux '* : il y a en outre quatre bénédictions solen nelles (du haut du loggione) par an : le Jeudi-Saint el l< jour de Pâques à Saint-Pierre; le jour de l'Ascension à Saint-Jean-de-Latran, el le joui' de l'Assomption à Santa-

1 Le canon du château Saint-Ange.

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Maria-Maggiore*. Cesjours-là, c'est une véritable course au pocher, on s'écrase littéralement*, surtout au • moment où

epapes'étani rassis, deux cardinaux jettent du haul de la

loge sur la place deux l'un es d'indulgence plénrère l'une

"■> latin el l'autre en italiens. Les autres bénédictions du

jkpe sont moins solennelles; il les jette pour ains v. en

passaul en carrosse*, ou lors delà procession du Corpus pommi ••. il parait décidément que la foi et le respect diraipuent. «Jadis, quand un pape sortait en carrosse, une foule •■ de peuple criait : « Santo Padre. la benedizzione ! » Mais « de nos jours, qui s'en occupe encore ? Tout au plus quatre « vieillards et quelque enfant. Du moins je note la constance « avec laquelle ce pauvre pape s'épuise à faire des signes de « croix, afin d'en sauver l'usage » (IV, 144).

Pour plaire à Dieu, il y en a qui se flagellent»; d'autres s'ingénient à orner les cimetières avec un art macabre ' ■ d'autres encore, unissant futile à l'agréable, rivalisent (parfois à coups de couteau) pour porter, à la procession du Corpus Domini, la croix et l'étendard, et passer ainsi sous les fenêtres des belles, en déployant leur adresse et leur force 8.

Tout à l'heure je parlais d'indulgences; il vaut la peine de s'y arrêter un instant : on accorde indulgence plénière à celui qui baise les pieds du pape ^ à celui qui va adorer les crucifix de sept églises diverses", à ceux qui prennent part à certaines missions", à ceux qui certain jour de l'an

1 Cf. note 1 de V, 325

s I, 210; III, 183. Voyez chap. IV, aux confréries J II, 157.

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