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lui aussi, à l'image de Dieu 4 ? Ceux-là devraient pouvoir le dire qui l'ont vu apparaître, soit en toute réalité 2, soit dans un miroir^3. En tout cas, il y a des peintres qui en donnent des portraits fidèles, ainsi que de l'archange saint Michel4.
Le plus grand adversaire du démon, ce n'est ni Jésus- Christ, ni saint Michel, c'est la Madone 5, et sur ce point comme sur d'autres, le Romain est d'accord avec la tradition du moyen âge qu'on voit percer en tant de fabliaux.
Le démon a sous ses ordres une légion de diables6 qui se chargent de porter les âmes en enfer.
L'Enfer. L'Enfer! il y a des gens qui se plaignent toujours sur terre, tantôt du chaud et tantôt du froid, de Dieu, de la fortune, du gouvernement, etc. etc., et pourtant combien
délicieuse cette vie terrestre comparée à ce qui nous attend de l'autre côté 7! Ces flammes éternelles, passe encore en hiver, mais en été y pensez-vous?8 Pour donner une idée des tourments de l'enfer, une sainte les comparait aux douleurs de l'enfantement9; l'histoire ne dit pas si cette sainte avait goûté de l'un ou de l'autre ; du reste, comme les damnés vivent pêle-mêle, il paraît que la grossesse est chose assez fréquente là-bas 40,
Le popolino doute si peu de l'enfer que. pour affirmer une chose, il dit : « corne è vero er foco de l'inferno » ". Toutefois, il paraît que non seulement les francs-maçons mais aussi les gens instruits ri apparentés au gouvernemenl pré-
r- IV, L02.
,; IV, loi: VI, 232. — Ceux d'entre les anges maudits qui no sont pas
allés en enfer, sont restés dans Les air-, comme esprits follets : VI, i 17, i h [52, — L'enfer esl nu privilège «le- humains; les singes noua rea
semblent en t<>ii^ points, mai- ils n'ont pa>, tes pauvres, « la libberta
d'anna ;i r in fer no - : IV, 15.
tendent que l'enfer n'est qu'une invention «les prêtres '. Dans
ce ras. amusons-nous !
Dunque mm c* è ppiù inferno ! alegramente. Ecco er tempo oramai défasse ricchi.
Dunque er dellà - è un Lnzoggno de la ggente, E nnun pesta eh' er boja che ce' impirclii.
Sgabbellato Pinferno, ai* rimanente
Se sapera ttrovà ehi jje la ficchi s.
Li ggiudisci nun zo' Ddio nipotente,
E3 cqui abbasta a sparti bbene lispicchi*.
La iegge, è vvero, é una gran bestia porca: Ma l'inferno era peggio de la legge, E ffasceva ggelà ppiù dde la força.
L'onor der monno? e cche ccos' è st' onore?
Foco de pajja, vento de scoregge s.
Er tutto è nnun tremà cquanno se more.
" (VI, 257j.
Telle est la moralité que les prêtres ont réussi à édifier : elle s'écroule dès que vous supprimez cet épouvantai! de l'enfer !
Il paraît que la porte du Paradis est toujours ouverte, Le Paradis. comme celle des églises ; mais personne n'est encore revenu pour dire si c'est vrai6; en tout cas, l'âme du juste est portée directement là-haut par les anges 7 et tout pécheur qui sait s'y prendre au bon moment bénéficie du même transport rapide.
2 L'au-delà.
3 L'enfer une fois écarté, on trouvera bien moyen de se moquer du reste (de la loi).
* Il suffit de bien répartir la corruption. 6 Des pets.
7 IV, 101, 129. Pour arriver en Paradis, il faut toujours un « tuyau » (le Romain dit un « canal ») : un saint, ou la Madone, ou le purgatoire, ou même quelque diable : IV, 222.
Tu vva' a le sette-cchiese sorfeggianno, Méttete in testa un po' de scenneraccio, E ttienghi er paradiso ar tu' commanno.
(II, 101)i.
Du reste, « doppo quer fatto de la serva e'r gallo », saint Pierre aurait bien mauvaise grâce à refuser l'entrée non seulement à un pape mais même à qui que ce soit d'autre 2.
Il y a pourtant des exclusions générales, par affaire de principes : ainsi pour les Juifs 3 et peut-être aussi pour les rois et les riches 4, tandis que l'assassin qui a bien communié entre sans difficulté5. — Jésus-Christ ayant promis le royaume de Dieu tout spécialement aux enfants6, c'est un véritable péché que de les vacciner et de leur enlever ainsi. en les préservant de la mort, un sûr moyen de gagner le Paradis 7. Le Romain du reste n'est pas bien exigeant et se contente d'une toute petite place au Paradis8. Mais en quoi consistent les délices de ce séjour céleste ?
No, Rreggina mia bbella : in paradiso Nun perdi tempo co' ggnisun lavoro ; Nun ce trovi antro che vviolini, riso, Eppandescëlo, ciovè ppane d'oro.
Gomme supplément au pandescelo, Dieu a suspendu quelque part un beau jambon dont toute femme a le droil de couper une tranche, toute femme... qui n'a pas trompé son mari. Depuis Eve, le jambon est encore intact !). — Certes,
1 J'ai déjà parlé de tous les moyens qu'il y a d'échapper au purgatoire el même à l'enfer.
* II, 342 ; iv, 86.
8 II, 2"i I.
les violons, les rires el le hou pain plaisenl au Romain ; pourtant, de devoir chanter pendanl toute l'éternité, ça lui semble une covvcc à la<[uelle il préférerait se soustraire1, en laissant ce soin aux anges dont le paradis fourmille; qu'on s'imagine un pou les légions infinies d'anges gardiens2 (même Jésus a eu le sien)3, et tous ceux qui disputent les .unes au démon4, et ceux qui voyagent sur terre quasi comme inspecteurs5, et ceux enfin qui sonneront la trompette au Jugement dernier ! 6
b) Raisonneurs et philosophes.
Souvent déjà nous avons eu l'occasion d'observer certaines allures particulières de l'esprit chez le Transtévérin ; il ne sera pas inutile de réunir ici ces traits épars en quelques groupes et subdivisions de groupes, sous quelques dénominations générales. Nous aurions ainsi les discoureurs, Les bien inou plus exactement encore : les bien informés , ou ceux qui formés. ont une explication subtile pour les questions difficiles. Tous plus ou moins se définissent eux-mêmes en ces termes :
Io pero che sso' arquanto mozzorecchio, Che ssaprebbe trovatte er per nell' ovo, E infilatte ima gujja in un vertecchio7.
ou bien encore :
Io ne le cose ho ssempre avuto er vizzio De volénne 8 pescà lia su' raggione.
7 « Moi qui suis un peu avocat, qui saurais te trouver un poil dans un œuf et renfiler un obélisque dans l'anneau d'un fuseau. »
3 Di volerne.
Ccusi vviengo imparanno un priscipizzio
De vertu, cche nnemmanco Salamone1.
Il importe de remarquer d'une façon générale, pour cette catégorie d'esprits comme pour d'autres, que les explications, les plaidoyers, les imprécations du Romain demandent le plus souvent à être interprétés cum grano salis. Tantôt c'est une fine ironie envers les autres et envers soi-même : tantôt c'est la « blague », la hurla; et tantôt c'est la malice du pince-sans-rire. Nuances et tour d'esprit qu'il serait oiseux et maladroit de relever chaque fois en termes exprès ; il faut les sentir, les deviner, et en tenir compte au point de vue de la psychologie et de la vérité historique 2.
C'est d'abord celui qui, pour expliquer le Saint-Esprit descendant sur les apôtres, le compare au lard qui fond et pénètre la viande3; et son camarade raconte avec une cer-
1 J'apprends ainsi plus de choses que n'en savait Salomon.
2 Je remarque expressément n'avoir pas l'intention d'être complet sur des points de ce genre ni d'établir des catégories bien tranchées : je ne fais que rappeler, en me plaçant à un point de vue un peu différent, des sonnets déjà cités; et je me réserve de compléter, en des chapitres suivants, les groupes ébauchés ici. — Quant à la division des groupes, on pouvait se placer soit au point de vue du contenu, de l'intention, soit au point de vue de la forme. Pour des raisons inhérentes à la matière elle-même, je n'ai pas distingué ces deux principes divers d'une façon absolument stricte, bien que généralement j'aie adopté le premier point de vue. A ne tenir compte que de la forme, on pourra t réunir par exemple en un groupe ceux qui font usage de comparaisons (I, 1^(.>: II, 102; III, U2 ; IV, 16, 374 : V, 264), ou d'énumérations (II, U2; IV, 3, 88, :»7 I ; V, ^K 838, 2A7, 2l.)l ; VI, 44, 108, 170) ou qui aiment à poser des énigmes (II, 265, 277, 324, 392; m, 150; iv, 12, 22\; VI, 141). ce sont Là des tours d'esprit très familiers aux Romains.
il n'est pas sans intérêt de noter que ces diverses catégories d'esprits semblent avoir été exemplitiées a dessein par Belli. Je le conclus de L'observation suivante : Le Lecteur attentif aura déjà remarqué que plus (l'une - sonnets qui on1 rapport à un sujet donné se trouvent presque tous réunis dans un même volume, ce qui implique une intention de La part de Belli, les sonnets étant rangés par ordre chronologique. Or, c'est précisément Le cas pour Les catégories qui vont nous occuper : les bien-informés, les apologistes, Les critiques, Les croyants indépendants, les philosophes relèvent pour la plupart du volume ni; tandis que Las indifférents, Les iceptiques el Les consolateurs relèvent presque tous du volume iv. M, LOS.
taine satisfaction comment le curé, pour expliquer l'omniprésence de Dieu, taisait refléter son image par plusieurs miroirs*. Un autre sait tous les mouvements ou gestes de lame après la mort2, et il exemplifie la diversité des races humaines par la diversité des chiens ;{. Un logicien découvre quel fut le premier péché, en le mettant en rapport avec les premiers vêtements d'Adam4; le Saint-Esprit, qui féconda la Vierge Marie, est représenté avec raison par un pigeon, animal très amoureux5; quant aux Géants, ils sont le fruit d'un commerce criminel avec le Diable6.
Quelques-uns semblent avoir pour mission de défendre la Les apoloreligion, avec plus ou moins d'à-propos. gistes.
Vaininer a ttrova un' antra riliggione Ghe ssappi fà ccor mosto e la farina Quer che la nostra fa a le levazzione 7,
Ceux-ci se fâchent quand on leur prétend par exemple que Dieu ne connaît ni la foi ni l'espoir : « Dieu sans foi ! Et il <( voudrait que l'homme croie en Lui, quand Lui-même, le « tout premier, n'y croit pas? Dieu sans espoir ! Et comment m espérerait-on en la vie éternelle, si Celui qui nous l'a pro- « mise n'en a pas l'espoir? » (III, 420).
Un second Alexandre Tassoni 8 (selon l'expression de Belli) s'écrie : « Si j'étais prêtre ou moine, et que j'eusse « assez de voix pour crier aux missions et pour expectorer « un poumon en l'honneur de l'Église, je dégainerais un
s VI, 236.
7 « Une religion qui sache faire ce que fait la nôtre, avec du vin et de la farine, au moment de l'élévation de Thostie. »
8 Alessandro Maria Tassoni (1749-1818) est l'auteur d'un ouvrage intitulé : La Religione spiegata e difesa.
« prêche terrible, pour expliquer que la Sainte Religion est ce comparable à une planche en bois de cerisier, ou d'acajou, « ou de noyer. L'affaire, c'est d'avoir de l'huile de coude « pour y passer le rabot et lui donner le brillant à force de « pierre ponce *. Et comme parfois il arrive de rencontrer « un nœud un peu plus gros, on y remédie avec le plâtre de a la foi » (III, 412). Avec le même sens pratique, un autre conseille de baptiser les païens par la pluie, quand il n'y a qu'à étendre la main 2.
Certains esprits ont la prétention de tout savoir mieux que les autres 3, même mieux que les curés et les monseigneurs. Un monseigneur est allé à la campagne, pour y maudire les grillons et leur interdire de dévorer le blé.
ar mi' poco ggiudizzio, cr maledilli Nun me pare un' azzione da cristiano.
Grilli, tiggnole *, bbagarozzi s e miche 6 So' ccreature de Ddio corne che nnoi : Sola diverzità cche sso' ppiù cciuche ?.
Eh ccome dunque Monziggnor Croscifero
Po maledilli, e ppredicacce 8 poi
Ch' è inzin peccato a mmaledi Lluscifero ?
Et pourquoi le pape lave-t-il les pieds à treize pèlerins? Los apôtres n'étaient que douze9. Et pourquoi n'observe-t-on pas, dans le cours de la Semaine Sainte, la chronologie dos
1 je traduis ainsi le sens du texte : « turaccio », en toscan : « piumac- « ciolo », qui esl un coussinet.
2 ni, m.
■ !l, 6" : Ml. [20.
K reij
rabée.
•• < henille.
7 plus petite .
v Predicarcl, ■' m.
récits bibliques?4 Enfin commenl peut-on prétendre < t ( M -
saint Pierre puisse jamais fermer le ciel à un pape, son camarade? 2
On a déjà remarqué que plus d'une apologie a quelque arrière-goût d'ironie; ce sourire, d'abord imperceptible, s'accentue et nous mènera bientôt au scepticisme.
[nzomma, da la predica de jjeri, Ggira che tt' ariggira, in concrusione Venissimo a ccapi cche sso' mmisteri.
Et voici ce qu'un Romain raconte d'un prêtre qui enseigne le catéchisme : « Ne te fie ni aux yeux ni aux mains, — di- (c sait- il au gamin, — ce qui semble pain n'est pas vin, ce ce qui semble vin n'est pas pain3. Qu'est-ce que la religion a sans la foi? C'est comme qui dirait quatre et deux font « vingt; c'est comme un fiasco sans son enveloppe de (( paille. Donc, mon fils, ce que tu vois et entends n'est que « l'œuvre du démon; n'y crois pas; tout ça, mon fils, ce (( sont des accidents » (II, 2)4.
Quant aux miracles, il ne faut en demander qu'aux saints récents; les vieux n'en font plus depuis qu'ils n'en ont plus besoin 5. — « Le somnambulisme n'a rien d'étonnant, — dit « un vieux serviteur, — j'ai servi pendant plusieurs années « un cardinal qui, tous les vendredis, à son jour d'audience, « répondait en dormant » (III, 112) 6. — Tel autre se met à rire chaque fois qu'il va se confesser :
1 nr, 227.
3 Sic. La note comique du raisonnement en est plus sensible.
i Le curé entend «accidents » au sens théologique, tandis que le Romain prend le sens vulgaire du mot : tout événement extraordinaire, terrifiant.
5 Je rappelle l'explication du fecit mihi magna : V, 20. Voyez page 170.
Guasi guasi io diria » ch' ha un po' rraggione Chi sse l'intenne co' la su' cusscenza...
Les Entre les dévots et les sceptiques proprement dits, il faut
croyants distinguer encore un groupe de croyants indépendants qui nidépen- aimeraient simplement s'affranchir eux-mêmes et affranchir dants. l'Église de certaines prétentions et de certaines cérémonies ridicules. L'un attaque le pouvoir temporel - et l'autre demande qui a inventé les costumes des prêtres 3. N'est-ce pas une comédie blâmable que de recouvrir d'un voile, pendant la Semaine Sainte, tous les crucifix des églises 4? Et quelle valeur peuvent avoir aux yeux de Dieu toutes les pratiques extérieures ?
Quanto me fanno ride tant' e ttanti Go' le su' ddivozzion de doppo morte!
E llimosine, e mmesse, e lluini, e ccanti, E llascite, e indurgenze d'oggni sorte!
Nun hanno fatto mai ccusi li santi.
Bbisogna in vita empissele le sporte; Er bene, si lo voi, mannel: avanti A flatte largo e spalancà le porte :i.
Sapete Iddio de lia ccosa v'intona, Ouanno er bene sciarriva pe5 ssiconno ,; ? « Annate via, canajja bbuggiarona.
La rrobba vostra me la date adesso, Percln1 ravévio1 da Lassa in ner monnOj E3 nnnn potevio Btrascinalla appresso ».
1 lo direi.
1 Ml,
:< « Les Baints a*on! pas attendu de mourir pour donner leurs biena a Dieu; qui veut du bien au paradis, doit l'envoyer en avant, pour faire la rouie et ouvrir la porl
Que <iir;i Dieu quand vos biena lui arrivent aprèa votre morl I i
Puis nous avons les indifférents : celui qui ne communie Les indiffépas à Pâques, non pas par obstination ou scepticisme, dit-il, vents. mais parce qu'il ne trouve pas de confesseur à son gré, et surtoul parce qu'il ne saurait rester à jeun1; celui qui assiste on souriant aux disputes dos prêtres, el fait : « kiss, m kiss! » - enfin celui qui va à IVglise pour observer les diverses pantomimes des communiants*5.
Les sceptiques aiment à poser des questions embarras- Les sceptisaules : comment Gain savait-il que les coups sont mortels, ([lies. puisque jusque-là personne n'était mort encore, ni d'accident ni même de maladie? 4 Le bicéphale renaîtra t-il avec une tête ou deux têtes?5 Adam et Eve, n'étant pas nés d'une femme, avaient-ils un ombilic? 6 « Vous me dites, monsieur « l'abbé, que si le père Adam n'avait pas mangé de ce fruit, « ici-bas personne ne mourrait; alors qu'arriverait il si quelle qu'un recevait un coup de couteau? Ah, vraiment? per- « sonne ne pécherait? Eh bien, laissons-là les vices; qu'ar- « riverait-il donc, si quelqu'un tombait en bas un précipice? « Puisque donc personne ne saurait mourir, expliquez-moi « pourquoi l'homme ne resterait-il pas à jeun ! Qu'aurait-il « besoin de pain et de vin? Et, voici ce que je voudrais « savoir, pourquoi Dieu nous aurait- il donné — excusez ma (( liberté — ce trou, là-derrière? » (VI, 223, 224).
La négation prend parfois une forme plus précise :
Oggi trentun discemmre, ch' è ffinita St? annata magra de Ggiusepp* ebbreo, La signora fratesca ggesnita 7 Pe' rrenne grazzie a Ddio canta er Tedeo.
7 La clique des jésuites.
Dimani poi, si Gcristo je dà vvita, Ner medemo convento fariseo S'intona un' antra antifona aggradita A lo Spiritossanto Paracreo *.
E a cche sserveno poi tanti apparecchi ?
En distino oramai pare disciso
Gh' oggn' anno novo è ppeggio de li vecchi.
Poi defatti cantà cquanto tu vvôi,
Ghé ggià Ddio bbenedetto ha in paradiso
Antri gatti a ppelà che ssenti nnoi.
Enfin pour compléter la série de ces discoureurs et raisonneurs, il nous faut sortir du domaine religieux et collectionner quelques types de philosophes, purement laïques ; ils ne sont pas nombreux, car le Romain mêle la religion à toutes choses, souvent mal à propos. Ces « philosophes », du reste, sont des observateurs sagaces, mais non pas des esprits profonds. Dans une discussion entre deux personnes, voulez-vous savoir qui a raison ?
Ghi nun ha ttorto, pô pparé un leone
Ma ppuro in de l'urlà peerca le strade
De vieni ar dunque. e, mmo cco' un paragone
Mo cco' un antro 2, de fàtte perzuade.
Quer ch' lia ttorto perb strilla ppiû fforte : Tajja a mmità <ir discorzo <i scappa via, E in «l<i Lo Bcappà vvia sbatte Le port.'.
L'honneur ne s'hérite ni ne se donne ; il se gagne par le mérite personnel. « Je ris en rencontrant quelque individu « qui, au bras d'un monsieur, s'imagine être quelqu'un lui
1 Paracleto.
* Tantôt i » .* 1 1 • nu exemple, tantôt par un autre.
u aussi. L'honneur n'esl pas comme la gale qui se prend au i toucher » (III, 276).
u Les gens sont bêtes souvent, «lit un dilettante d'astroi nomie : on les voit, ces badauds, stationner en foule autour i de quelque trou creusé dans la terre, tandis qu'ils se mo- « quent de moi qui regarde les astres » (III, 278).
Au lieu de tant de phrases et paperasseries, savez-vous le grand remède pour faire marcher les choses un peu mieux?
Eccolo in du' parole asciutt' assciutto : Bbisoggnerebbe penzà un po ssur zerio A cquer che sse po ffà ppe' aggiustà ttutto.
Ces sages s'élèvent contre la brutalité de la guerre, passetemps des souverains1 ; mais hélas, le monde appartient en entier à quelques rois2.
Et ces aveugles qui perdent leur courte vie à amasser des trésors!3 Un comte s'est fait construire un superbe mausolée :
Eccolo cqua! cchi nun ha ffatto un c... Su la terra, e ssi ha ffatto ha ffatto maie, Vivo, carrozze servitù e ppalazzo :
E mmorto, arme pitaffio e ffunerale !
E un padre-de-famijja puntuale,
Che mmore de fatica e de strapazzo,
Passa da le miserie a lo spedale,
E ddar letto a la fossa î Oh mrnonno pazzo !
Ma er tempo è ggalantomo : e un po' de marcia D'un conte nun po ffà cch' er zu iieposito () pprima o ppoi nun ze converti in carcia*.
1 Tôt ou tard sou tombeau de marbre sera réduit eu chaux.
Allora, addio bbuscie *, titoli e bboria E de tanti trofei mal a pproposito Sparirà dde cquaggiù ffin la memoria.
Du reste, plus on est « grand », et moins on jouit des biens de ce monde. « Pour les rois et les grands, une nou- « velle acquisition, un nouveau trésor n'ajoutent rien à ce « qu'ils avaient déjà, puisque ces bons chrétiens se flattent « de posséder le monde entier » (IV, 41 4) 2. Les conso- On pourrait enfin constituer facilement un groupe de lateurs. « consolateurs » : braves gens qui viennent prodiguer les: banalités aux veuves, aux malades, aux estropiés.
Bbe' tte l'hanno ammazzato : ma, ccoramare, Nun era peggio de mori in priggione ?
Fijja, bbisoggna fasse 3 una raggione : Nissuno po mmori ccome je pare.
L'affare de la morte è un cerf affare Che nun ze' spiega.
Une pauvre femme a raconté ses malheurs à une voisine : le mari est mort, un fils est aveugle, un autre paralysé ; tous ont faim et froid. « Que dis-tu, Marie, de tant d'aftlic^ « tions? — Je dis, Gertrude, une seule parole : réjouis-toi, « car le Seigneur te prouve son amour o (IV, 86V
A celui (jui se plaint (foire trop petit, un ami en u mère lous les avantages d'une humble stature, et la chose ne manque pas d'esprit :
Te tufa ttanto a tte dd ess< schiavetto l ? Oh gguardal e a trimé me pareria *na sorte,
1 Bugie.
* Voyez encore, sur la beauté in 121 : VI, 8ôt
1 i ela t'en du le si for! d'être petil I
Gampi co' ppoco, spenni meno in Ghetto1, rlV La sscivoli mejjo da la corte ».
Nun batti ail' architrave de le porte, IWi fà «la servitore e da ggiacchetto *, Te pbi copri cco' le cuperte corte.
Te pbi stenne * in qualunque cataletto.
Entri ar teatro cor bijjetto franco
Tra ppanze e cculi «; : e indove se' è la festa
liai la patente de monta ssur banco.
E tte nietto per urtimo guadaggno, Ghe ssi vvonno azzeecatte in ne la testa, Quarche sassata tua tocca ar compagnoe.