‹ Le peuple de Rome vers 1840Chapitre 59 sur 80 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le gouvernement.

En 1845 les patriotes et libéraux i\c* États pontificaux publièrent le célèbre Manifeste dit de Rimini, intitulé : Manifesto délie Popolazioni dello Stato romano ai Principi ed ai Popoli d'Europa. — Ils déclaraient vouloir respecter, sans restriction aucune, l'autorité du Pontife comme Chef de l'Église universelle; mais pour le reconnaître comme souverain temporel, ils exigeaient de lui diverses réformes, résumées en douze paragraphes :

1° Ch' egli concéda piena e générale amnistia a tutti i condannati politici dalP anno 1821 firio a questo giorno.

2° Ch' egli dia codici civili e criminali modellati su quelli degli ail ri popoli civili d'Europa, i quali consacrino la pubblicità dei dibatti menti, la istituzione dei giurati, L'aboiizione délia confisca, e quella délia pena di morte per le colpe di lésa m; tes là.

3° Che il tribunale dei Santo Officio non eserciti veruna autorità sui laici, ne su questi abbiano giurisdizione i tribunali ecclesiastici.

i° Ghe le cause politiche sieno quind' innanzi ricercate e punite dai tribunali ordinarii giudicanti colle regole comuni.

5° Ghe i Consigli municipal! siano eletti liberamente dai cittadini ed approvati dal Sovrano : che questi elegga i Consigli provinciali fra l»; terne presentate dai municipali, ed m il Supremo Consiglio di Stato fra quelle che verranno avanzate dai pro> inciali.

fi" Che H Supremo Consiglio di Stato risieda in Roma,

sovraintenda al debito pubblico, ed abbia voto deliberativo sui preventivi e consuntivi dello Stato, e lo abbia consultative nelle altre bisogne.

7 ' ( !he tutti gli impieghi e le dignité civili e militari e giudiziarie sieno pei secolari.

8° Che l'istruzione pubblica sia tolta dalla soggezione dei vescovi e del Clero, al quale sarà riservata la educazione religiosa.

9° Che la censura preventiva délia stampa sia ristretta nei termini sufficienti a prevenire le ingiurie alla Divinità, alla Religione Gattolica, al Sovrano, ed alla vita privata de' cittadini.

10° Che sia licenziata la truppa straniera.

11° Che siaistituita una guardia cittadina, alla quale vengano affldati il mantenimento dell' ordine pubblico e la custodia délie leggi.

12° Che in fine il Governo entri nella via di tutti quei miglioramenti sociali che sono reclamati dallo spirito del secolo, ad esempio di tutti i Governi civili d'Europa1.

Nous allons retrouver dans l'œuvre de Belli ces mômes sujets de plaintes et ces mêmes revendications., à propos des finances mal gérées, des impôts, de la justice, de la police et des exécutions politiques. De tous les documents épais, groupés ici, mais non point complétés arbitrairement par des sources étrangères, l'esprit attentif saura dégager une idée assez complète du gouvernement papal. On tiendra compte des exagérations, des haines de partis, et surtout de ce fait que j'ai déjà relevé ailleurs : c'est que la satire est avant tout négative: dans le fonctionnement journalier de la machine administrative et judiciaire la satire relèvera surtout les irrégularités et les omissions, sans s'arrêter autan! qu'il le faudrait au travail réellement accompli.

Ces restrictions faites, on ne s'en convaincra pas moins

1 Voyez Karini : Lo stato Ramano, I, 111 et 1 15.

que le gouvernement décrit par Belli en était arrivé au dernier degré de l'inertie et de la corruption. Il était supportable encore en des temps où l'esprit des masses et des individus, ignorant pour ainsi dire la vie politique et civile, se dirigeait de préférence soit vers les conquêtes matérielles, commerciales, soit vers l'idéal purement intellectuel et artistique. Mais quand les nations prirent une conscience plus nette et plus haute d'elles-mêmes, quand ces idées morales de justice et de liberté agitèrent les esprits et créèrent des citoyens, quand par la Révolution française l'humanité monta d'un échelon dans sa lente ascension, alors le régime des prêtres entra en conflit avec l'âme moderne ; l'obstination qu'il mit à nier les progrès, à conserver des formes surannées, précipita sa ruine que l'intervention inique de l'étranger ne put suspendre que pour un temps bien court.

C'est à ce point de vue, historique, qu'il faut se placer pour juger avec équité les mille voix diverses que nous allons entendre, tour à tour désespérées, haineuses, ironiques, et réclamant toutes une même chose : les droits cl les devoirs civiques. — « Quel sérail l'idéal d'un hou gouvernement? » Celui qui, sans bruit, viendrait on aide aux mallioiuvux et s'occuperait sincèrement de la question sociale ,.

Er vino a bbomiûercato, er pane grosso, Li pesi ggiusti, le piggione bbasse, Bbona la robba ehe pportamo addosso...

Dans la réalité, c'esl le contraire qui a lion : « Que fait le a gouverneur*? Il aiguise des poignards qu'il distribue à la « police. Le Vicaire? Il invente des péchés i><»nr les punir a ensuite. Le Trésorier? Il s'ingénie à transformer le bilan « en autan! de zéros. Le Secrétaire d'Etat? Il est très préoc

a cupé d'étouffer les plaintes. Et le pape*? Il attend l'heure i du dîner. Quant au Père Éternel, il se me1 à la fenêtre du a paradis el l'ait pleuvoir la famine » I V, 339) l.

Les vrais seigneurs de Rome, ceux qui y font la lui. ce sont non seulement le pape, les cardinaux, les prêtais, les moines el « tous les voleurs patentés d -, mais aussi el surtout « les belles femmes et leurs maris»3. El Dieu dit au portier du Paradis :

Gqua nnun è er reggno de voi Santi Padri, Dove la frusta, er pettine e lo stocco * Fanno sorte e ttrionfeno li ladri.

Il est vrai que « sto governo poveretto » r> a aussi ses avocats, mais, comme à l'ordinaire, leurs plaidoyers font plus de mal que de bien. « Je sais toutes les critiques que font les (( jacobins ; mais c'est au Pape à parler de ces choses, car un « fou chez soi en sait plus long qu'un sage dans la maison a d'autrui » (II, 290) e.

L'impression générale, c'est un abattement, un désespoir profond : « Pauvres aveugles! vous ne vous êtes donc pas « aperçus qu'en cet État le livre des baptêmes pourrait s'ap- « peler le livre des morts? » (III, 345) ".

Chez quelques-uns du moins, l'excès des maux a fini par réveiller la conscience et l'aspiration de choses meilleures ; la colère gronde et de temps à autre une menace semblable à un éclair fait présager l'orage de 1848.

Cuanno se vede ch' er Governo nostro Gammina senza gamme 8, e ttira via :

1 Cf. I, 2A6 : perché la carn' umana ? p'er Governo. * V, 96.

4 Le fouet, le peigne etl'épée y font bonne fortune. ' II, 104.

6 Cf. II, 259.

7 Cf. III, 387.

8 II marche sans jambes.

Cuanno se vede che mmanco Cajjostro * Saprebbe indovinà cche ccosa sia :

Cuanno er Zommo Pontescife cià mmostro Che cqualunque malanno che sse dia S'abbi d'arimedià co' un po' d' inchiostro. Go' un po? d' incénzo e cquattro avemmaria :

Cuanno se vede che lo Stato sbuzzica 2, E cch' er ladro se succhia tatto er grasso, E'r Governo lo guarda e nnu' lo stuzzica 3 ;

Tu allora che lo vedi de sto passo,

Di' cch'er Governo è ssiinil' a una ruzzica*,

Che ccurre cuire sin che ttrova er zasso.

Page 1