VI, 126J
Gomme pénitence., vraiment extraordinaire, un curé impose à l'une de ces femmes... l'adoption d'un enfant de sept ans 3 î
Ce ne sont là que des faiblesses, déplorables à la vérité ; voici la monstruosité : l'individu convaincu de relations intimes avec une femme est contraint souvent à l'épouser, fût-elle une prostituée de notoriété publique. Si le pauvre homme est déjà marié, on le condamne du moins à fournir une dot à sa (( victime » ! Le coup se fait de la manière suivante : une créature qui a su se gagner l'appui d'un curé ou d'un juge du Vicariat cherche à s'afficher avec un monsieur riche; leurs relations sont contrôlées avec soin par des agents ad hoc; au moment propice, la femme fait constater soit un flagrant délit4, soit une grossesse5, et l'oiseau est pris! Le curé et le juge ont leur part des bénéfices. Ils ont sauvé la morale publique et la vertu d'une pauvre fille. — La chose paraît impossible, inventée à plaisir; elle es! historique.
1 Cf. VI, 103, 115. — La prison pour prostituées et entremetteuses est celle de saint-Michel : VI, 113. — En enfer, où Les damnés sont pêle-mêle, comment le Vicaire les empêchera-t-il de faire L'amour? VI, 858.
1 .i'ai parlé au chap. [•• (page 108 et suiy.) de L'adultère, égalemenl condamné, mais rarement puni; pourquoi) Cf. Parini : Op. cit. [, L45 et L46.
\ oyei cependant un cas de surprise en flagrant délit par Les agents du Vicaire: VI, L15. Un mari Lassé menace d'une dénonciation au Vicaire:
C'est ainsi qu'une femme, atteinte de maladie vénérienne, ruine un jeune homme non seulemenl dans sa santé, mais encore moralemenl el socialement; le père proteste en vain el finit par dire : « Oh! Monseigneur, voulez-vous que je « vous le dise? Je m'étonne beaucoup de voir les prélats « amis des p » (VI, 240).
La vieille qui a de l'expérience.
A sti tempacci nostri è nnescessario Ch' una zitella, pe' ppijjà mmarito, Abbi prima de tutto partorito, O rrotto er portoncin der zeminario.
Ghi nuii ingabbia a ttempo er zu' canario, Se fa vvecchia e min trova antro partito. E, a la peggio, la panza è un riquisito Pe' ottené pprotezzione dar Vicario.
Ce n'est plus une œuvre de relèvement moral ; ce n'est plus la divine charité qui pardonne à la femme adultère et fait jaillir la source vive du repentir en Madeleine; c'est la réglementation hypocrite du vice1, le contrôle matériel de choses abjectes 2.
On comprend dès lors le mépris et la haine qui débordent en certains sonnets de Belli contre le cardinal-vicaire Zurla (mort le 29 octobre 1834; ; « s'è vvotato er zacco de farina » ; < s'è squajjato er vesscigon de strutto ».
Dove se trova un antro soggettone
De no vanta descine corn' e llui,
Che a vvedello v' incuti suggezzione ?
1 J'ai déjà parlé des mariages faits par le curé (page 107); cf. II, 106, 173; [II, 46, 295: IV, 191; V, 249, 419; VI, 293.
* Voyez par exemple VI, 100 : « la quarella d'una regazza ». Le texte en est trop raide pour figurer ici.
Dove, cristo, se metteno le mane
Pe' rriuni li riquisiti sui
Ne l'arivede er pelo a le p ?
La police de Rome et de l'État tout entier a pour chef suprême un prélat qui a titre de Gouverneur2. « Un médecin a a visité cent hommes et les a mis à l'hôpital ; non pas qu'ils « soient malades, mais pour les empêcher de tomber ma- « lades. Qui sait? Ils auraient pu se masquer en temps de « carnaval et ramasser ainsi quelque fièvre mortelle. — Il « faut prévenir les maux, dit ce médecin, et de temps à « antre un lavement, ça vous conserve pour cent ans. — Qui ce est ce docteur? comment s'appelle-t-il? je n'en sais pas le « nom, mais je sais qu'il habite au palais de Piazza Madama » 3 (11.392).
Ce Gouverneur est souvent en conflit de compétence avec le Vicaire4, mais ils finissent toujours par se mettre d'accord..., et c'est le peuple qui paie la différence5. Le gouverneur est assisté par des assesseurs0, et par des présidents de police7 dont j'ai déjà dit qu'ils avaient plus ou moins Voï'- (ice de juges de paix8. Leurs compétences sont trop restreintes et ils ont trop peur de déplaire à leurs supérieurs pour être d'une grande utilité9. Cependant on a recours à
1 « où trouvera-t-on un autre cochon de deux cents kilos comme lui, qui fasse un tel effet à voir? » Sur le cardinal Zurla : 111, :u: , 416 et
suiv. : IV. L54.
1 cf. n, 08, 259. Et voyez VI, 282, sur la « gouvernante dugouverneur ».
:t il s'agit du gouverneur et des arrestations préventives pour convictions politiques.
7 ( es président \ ont remplacé, dès Pie VII, les anciens CapoHoni, Cf. V,
i >te i. Lei p nombre a varié, selon les papes, de 7 à 14; cf. m. 202,
Dès Les premiers temps de son règne, Pie i\ chercha a remettre on i><mi
d'ordre dan ttion de la police toul entière, mais il n<' réussit qu'a*
éveiller un guApier h Piazza Madama : N
• i. .. i, note i.
eux pour une quantité de petits litiges : une dispute au théâtre l, des notes non payées 2, du vacarme dans la maison ::. discussion pour la fontaine a lessive'", insultes en public5,
etc., etc.
Les vulgaires agents de police (en italien bvrrï) sont appelés à Rome sbirri ou bracchi de corte ou simplemenl la cotte 6.
Les carabiniers du pape, successeurs d(^ gendarmes français, sont appelés schertri (scheletri) à cause des brandebourgs blancs de leur uniforme7.
Après les troubles de 1831, ou créa en outre un corps d'agents à cheval, qui tenaient le milieu entre le birro et le soldai régulier; ils portèrent divers noms : guardie di polizia, puis bersaglieri8; mais le peuple les appela Reggimento Canaglia9 et Galantinii0 du nom de leur chef Galanti. Ils se recrutaient dans la lie du peuple et avaient pour mission spéciale la persécution des libéraux, dits « jacobins ».
Il est superflu de dire que tous ces agents sont détestés du peuple qui les traite de chiens11. Malgré leur grand nombre, les rues de Rome ne sont pas sûres la nuit : « Pour (( peu que cela dure, on n'osera plus sortir de nuit. Non con- « lents de vous voler, ils vous éventrent volontiers. Que « font donc ces milliers d'agents? Attendent ils les voleurs « au poste ? Ils devraient battre les rues et arrêter quiconque « porte une arme, sans regarder aux beaux habits, parce