‹ Le peuple de Rome vers 1840Chapitre 69 sur 80 · II, 77;' III, 64, 107; IV, £79; V · texte numérisé non relu

II, 77;' III, 64, 107; IV, £79; V

i il m';i que le défaut de sentir un peu l'inspiration littéraire.

Moraadi dll en note : i n Poeta rilôl eolpire quelle non piccola

.h p >polo e «li |>irii«'. che dopo aver prestato orecchlo r ciô che il

partito libérale audava dicendo contre 11 Papato, e dopo aver preso parte

piû o meno attlva al tentatlvi fatti per roveaciarlo, f al lit! queati, si rivoltô

c >ntro i liberali, per rimettersi nelle graiie del governo ••.

a garde! Tu verrais une race d'assassins pire que les Turcs f de la Mecque! Pour s'engraisser la panse, tu les verrais « battre monnaie avec 1rs ciliées du bon Dieu. Tu verrais « ces voleurs, dans les églises du Seigneur, racler l'or des ce cadres de tableaux; tu les verrais arracher les Bis i\(^ bras <k de leur père; il vaudrait mieux t'arracher le cœur» (III, 245). Le peuple est crédule, et plus d'un à l'ouïe de ces prophéties se résigne à subir l'état présent par peur de choses pires : « Jean, ne te mêle pas de ces choses; laisse «débrouiller l'écheveau à ceux qui l'ont embrouillé; le ce inonde tourne, sans que tu aies besoin de t'en mêler. Il « vaut mieux manger son pain sec que d'exposer sa tête « pour faire une bâfrée. Laisse couler l'eau à la descente et « dis-toi que Dieu t'a aimé, quelle que soit la ration' qu'il te « donne » (I, 26).

La canaille papaline n'est qu'une bruyante minorité qui en impose aux timides. La grande majorité des habitants du Transtévère sont des hommes « prudents », qui, au fond du cœur, haïssent le pape et le pouvoir temporel, mais qui, par politique, attaquent les jacobins, tout en laissant percer une ironie plus ou moins sensible, plus ou moins consciente C'est là un des traits du caractère romain : la circonspection unie à la satire.

Le miffe * di H ggiacuhbini.

Perzuasi cramai che ar Papa novo 2 Nun je ponno di bbirbo o nné ssomaro, Sai ch' antra iniquità, jj' hanno aritrovo 3 ? Che, essenno stato frate, è un Papa avaro.

A sta ggente che ccerca er pel nell' ovo Jo je vojjo fà yvede chiaro chiaro

1 Les mensonges.

' Grégoire XVI.

3 Ritrovato.

Com' un quattr' e cquattr' otto, e jje l'approvo*, Ghe sso' ttutte carote da notaro.

E cqueste che ddich' io so' storie vere, Perché abbasta a gguardà. tteste de c.

Corne paga le bbarbe ar cammeriere 2.

Je le paga accusi, cche cquer regazzo

Da quarche mmese irf qua cch' era un barbiere,

Ggià ha ccrompato tre vviggne e un ber palazzo.

Un autre dit : « Nous savons bien que les jacobins repro- « chent au pape de nous voler de toute façon... »

Ghe ? ! Aspetta 3 ar Papa de toccà sti tasti ;

Perche ne sa ppiù er matto a ccasa sua,

Gh' er zavio a ccasa d'antri : e cquesto abbasti.

Le pape est en somme un Vice-Dieu, et comme tel il a le droit de punir même les pensées4, et puisque Dieu a fait tous les hommes, à l'exception de cinq ou six, pour être serviteurs, les jacobins n'ont aucune raison de se plaindre 5. Les relations entre le souverain et le sujet ne sont-elles pas nettement établies? « Lui dà indurgenze e nnoi dàmo qua- (( drini » (II, 398). Vis-à-vis des jacobins, il n'est pas besoin d'observer les règles de la charité chrétienne6, ni celles de la loi civile 7; c'est trop de bonté déjà que de 1rs fusiller par devant8. Et qu'importent les condamnations en suite de fausses dénonciations ?

1 (ilielo provo.

1 c'est Le célèbre Gaetanino. Voyez page 88 3,

:l Bpetta : c'est au pape a...

' ii.

7 il, 8

* IV, i

Via, nun è ggnente ; Tratanto er fijjo tuo vadî in galerra, Ch' <N ssempre in tempo a usci cquanno £ Lnnoscente.

Aujourd'hui, un seul crime est punissable 2, c'est d'être jacobin :

Don Marco fu convinto d'adurterio,

E er Papa l'assorvè ccome innoscente.

Diede in .... a li lijji de Saverio,

E er Papa disse : « Nun è vvero ggnente ».

Ha ffatto stocchi 3, furti, e un diavolèrio De fede farze contro tante ggente, E er Papa se n' è uscito serio serio : « Nun ci vojjamo crede un accidente ».

Arfine jjeri, pe' vvoler divino,

Una spia je soffib ste du' parole :

« Santo Padre, don Marco è ggiacubbino ».

E er Zanto Padre, in ner momento istesso,

Sentènnose toccà ddove je dole,

Lo condannô da lui senza proscesso.

En présence de telles rigueurs et puisque les rues et les cafés fourmillent d'espions et que, grâce au curé, même les murs de la chambre à coucher ont des oreilles, on comprend que bien peu de jacobins osent parler ouvertement. L'allégorie déjà citée sur la papauté (voyez page 259) étant une des rares manifestations directes des Carbonari, j'en donne ici le texte :

L'arberone.

Immezzo ail' orto mio se' è un arberone, Solo ar monno, e oramai tutto tarlato :

1 Voyez page 359.

2 III, 265. Voyez page 359.

8 Filouteries.

Eppuro fa er zu' frutto oggni staggione, Bbello a vvede, ma ascerbo e avvelenato.

Ricconta un libbro che dda quanno è nnato È vvienu.ta a ppotallo oggni nazzione ; Ma er frutto ch' arifà ddoppo potato Pizzica che nemmanco un peperone.

Quarchiduno me disce d'inzitallo,

Perché accusi er zu' frutto a ppoc' a ppoco

Diventerebbe bbono da maggnallo .

Ma un Carbonaro amico mio me disce Che nnun c' è antro che 11' accetta e'r foco, Perché er canchero sta in ne la radisce.

Les libéraux ont du moins un signe extérieur de protestation contre le pouvoir temporel : ils portent la barbe et les moustaches 4. Souvent, en pleine rue, des agents de police zélés viennent leur arracher les poils de la barbe2. Les espions. Malgré les violences de la répression et le silence prudent des jacobins, une inquiétude vague envahit toute la ville et même le palais du souverain. Le pape tremble à la seule idée des Carbonari 3. La police ne suffit plus ; une cohorte d'espions est nécessaire. Ces mouchards sont choisis avec soin dans la partie la plus abjecte de la population4; qu'ils croient plus ou moins en Dieu 5, qu'ils fassent le métier de voleur ou de souteneur0, peu importe, pourvu qu'à « l'au-

1 Depuis Napoléon Ier jusqu'à 1830, en France les militaires étaient seuls ;i porter les moustaches: les sapeurs avaient le privilège de La barbe. D'après Th. Gautier, il n'y avait alors que deux « pékins» portant la barbe: Eugène Devéria el Pierre Borel. — Après 1830, La garde nationale reconstituée, les Français recommencèrent à porter la moustache qui àevinl aussitôt un Bigne de libéralisme, même en Italie. (Note «l»1 M. Morandi : m. 391.)

4 i.rs allusions au port de la barbe <ii des moustaches (baffi) sont très fréquentes : III, 391 ; IV, 11, 391 ; N . 86.

• cf. ii"'«' 12 de ni, 88.

• il, :..

dience » ils tassent un rapport fidèle sur les faits et gestes des suspects. Les espions sonl innombrables r, ils envahissent « les théâtres, les cafés, les ostéries, les maisons, et « soit vérité soit mensonge, ils ont toujours quelque histoire a à raconter2». Ils ont leurs petites entrées auprès du pape, du Vicaire et des juges3, et sont ainsi au courant des choses les plus secrètes4. Ces tristes services sont fort bien rétribués ; un désœuvré qui a de l'argent est ou bien un voleur ou « le mari de la femme d'un prêtre » ou bien un espion 5. Inutile de dire que ces renégats sont haïs et méprisés du peuple qui a trouvé, avec son ironie habituelle, une dizaine de termes divers pour les désigner; l'ironie est sombre et finit par une menace :

La spia.

Che arte fate mo, voi, sor Ghitano?

Fate er curier de corte. o la staffetta ? Fate er zoffione, er pifero, er trommetta, L'amico, la minosa, o er paesano?

Quanno stavio a abbità ttra RrufF e Ffiano 6,

Ve volevio bbuttà ggiù da Ripetta 7 ;

E mmo pportate ar petto la spilletta,

Du' lumache 8 a la panza, e'r porno immano9.

Ghe ce' è a Piazza Madama ,0, ch' è da maggio

Ch' ogni ggiorno l'avete pe' ccustume

D'annàcce a ffà ttra er lusco e'r bruseo^un viaggio ?

5 III, 46. — Le délateur reçoit le quart de l'amende éventuelle : IV, 405.

6 II y a en réalité à Rome deux palais, Ruffo et Fiano. Mais le sens de ce vers est : quand vous faisiez le ruffian.

7 Vos affaires allaient alors si mal, que vous pensiez à vous jeter à l'eau. 6 Deux montres.

9 A la main, une canne à pomme d'argent.

10 Palais du gouverneur de police.

11 Entre chien et loup, vous y allez chaque jour.

Nun arzamo perô ttutto sto fume, Per via ch'er Vicoletto der vantaggio * , Sor cavajjere mio, riesce a ffiume.

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