‹ Le peuple du ValaisChapitre 12 sur 66 · CONDITIONS DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

CONDITIONS DU TRAVAIL

L'herbe, le produit spontané par excellence, demeure ainsi la ressource principale de tout le peuple du Valais. Cependant, quelque montagneux que soit le pays, très i-ares sont les bourgades qui s'ari-angent à tirer toute leur subsistance de cette production spontanée. Le subit étagenient du sol, l'aridité générale des pentes moyennes, l'isolement quasi absolu dans lequel l'homme s'est développé en prenant soin de se suffire et de se satisfaire sur une haute et étroite bande de terrain, sont autant de facteurs qui ont concouru de bonne heure à introduire la pratique du labom-age au fond des vallons les plus écartés.

Quelques vallées à pentes adoucies, favorisées quant à la perméabilité du sol, sont pourtant demeurées fidèles à l'art pastoral. Bien que dispersées à de sensibles distances sur la «arte, ees subdivisions économiques présentent, dans le mode de travail et dans les moyens d'existence, quelques traits qui les rapprochent et fondent certains de leurs caractères. Les petites peuplades qui les cultivent peuvent être comparées aux populations pastorales des massifs montagneux de la France, «n ce sens que « leur travail, simple, traditionnel et impropressif, donne naissance aux populations les plus simples, les plus traditionnelles et les moins progressives que l'on puisse observer, car le travail met son empreinte sur l'homme pro-

fondement' ». Et lorsque quelque cause inattendue, quelque accident de la vie viendra isoler un homme extrait de ces milieux pastoraux, vous le trouverez si dépourvu de la plus élémentaire initiative que le montagnard des vallées à labour, dont i'^prit de ressource est pourtant bien limité, passera, auprès de lui, pour un être industrieux et persévérant.

Ces considérations sont suffisamment caractérisées pom' que nous fassions de ces groupements une variété à étudier è part, tout au moins dans les domaines où ils diffèrent le plus du type général, c'est-à-dire dans celui du travail et, pW voie de conséquence, dans celui de l'émigration.

Cette première variété comprend tout au plus le dixième de l'effectif de la population valaisanne. Elle se répartit entre le va! d'ÏUiez, contrée située à peu de distance du lac Léman, et dont le sol fertile fournit sans culture un rendement satisfaisant, le bassin de Conciles arrosé par le Rhône naissant, et la petite vallée de Lœtschen, découpée comme le centre d'un fer à cheval entre les plus vastes champs de glace de la Suisse,

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