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II. — FRÉQUENTATION ET MARIAGE

Venons maintenant à la formation de cette organisation familiale dont la déiîhéance va s'aceentuant de jour en jour, ce (|ui nous permettra de mieux la suivre, dans son développement normal.

Nous venons de voir que le voisinage influence d'une manière très directe le choix réciproque des jeunes gens : la difficulté faite au garçon de fréquenter avec quelque régularité une flile d'un hameau différent, l'obstacle suscité par les travaux et les transports, la perte qu'on s'expose à subir par les échanges de ten'ains lorsque la pénurie du numéraire ne permet pas de i-égulariser les différences, tout cela concourt à circonscrire l'activité du prétendant parmi son groupe de maisons. Ainsi sélectionnée, la jeunesse du même heu se fréquente' pour ainsi dire en pleine liberté.

Il est très rare du reste, honnis les cas exceptionnels où il ef;t préparé par leurs soins, que les parents soient consultés p()ur un mariage. I^es cas de pression, comme ceux d'opposition nette, sont peu fréquents, attendu que détourner un flis de la flile d'un voisin serait un sanglant outrage que chacun est préoccupé d'épargner à des gens de même origine, avecqui la vie s'écoule côte à côte, qu'on peut rencontrer à tout instant pour en solliciter quelque coup de main. D'autre part, comme le plus léger écart, la plus élémentaire violation de la morale admise comporte une sorte de flétrissure, le père de famille se rend trop bien compte des embarras d'un scandale pour ne pas savoir le prévenir.

Dès qu'un pi'ojet d'union est confidentiellement arrêté entre

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les deux premiers intéresses, chacun en fait part à ses père et mère, puis se met en devoir de le réaliser sans le moindi'c retard ; les trois semaines de délai exifïées par la publieation des bans à l'église suffisent habituellement à tous les pri^paratifs. Jusqu'à l'heure la plus extn^me, ces projets sont tenus cachés aux profanes. Très souvent les frères et sœurs du contractant n'en sont informés qu'à l'église, le jour de la première publication. C'est en tout cas ce qa\ se pratique dans les vallées du centre, dans celle d'Illicz et dans les villafres de la plaine. Il paraît que l'usage est différent dans la vallée de Viège '.

Depuis 1876, date d'introduction du mariafre civil, cette coutume de dissimuler les projets d'union jusqu'à la dernière heure a dû perdre quelque chose de sa rigueur. Toutefois, bien des couples attendent encore la nuit close pour aller se faire inscrire à l'état civil et au presbytère. Dans différentes régions, le cérémonial des noces a presque disparu. Quelques familles aisées ont seules maintenu le repas. Néanmoins l'habitude de se rendre solennellement à l'église, en habits neufs, accompagnés de ta parenté et des piini'ipaux amis, suteislr encore dans la plupart des vallées.

Un usage curieux que j'ai vu pratiquer dans la vallée de Bagnes, à l'occasion d'une noce, méi'ile d'èti'e mentionné, La

' » Les ramilles de Zermall sont il'atitant plus nol>les qu'elles possèdent plus de fromages et de plus anciens; certaios datent d'avant ta Révolulîon française : leurs propriétaires forment la haute aristocratie du pays,

" Les fromages jouent un rùle très spécial dans la vie sociale de Zermatt. Quand un enfant nait, on fabrique un fromage qui porte son nom ; ce fromage est mangé en partie le jour du mariage de -cet enfant; on l'achève le jonr de ses ohsètjues. Quand un jeune liomme désire épouser une jeune fille, il s'invite â dîner un dimanche dans ta famille de sa prétendue : -si le père de eetle dernière exhibe au dessert le fromage qui porte son nom et en donne un u A t'araoureui, c'est qu'il l'aj-'rée pour gendre. "

Nouvelle Gaselte de Zurich.

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Cérémonie religieuse était terminée et le {^oupe nuptial, assez, nombreux, avait près de huit kilomètres à faire pour se rendi'e du villafre paroissial à sou hameau. Cette distance à franchir, jointe h la bonne humeur de l'assistance, justifiait une petiteiialte au eabaret. Alors, tandis qu'un invité tirait l'époux à l'écart, un second emmenait l'épouse dans un autre établissement. Comme au retour de l'homme, personne ne consentait à le renseigner sur le chemin qu'on avait fait prendre à la maiiée,. il dut se mettre lui-même à sa recherche dans le village. Dans un tel cas, si l'époux prend un air vexé, on dit de la conjointequ'elle sera « mal appareillée ».

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