‹ Le peuple du ValaisChapitre 32 sur 66 · INDUSTRIES LOCALES · texte numérisé non relu

INDUSTRIES LOCALES

« Le Valais, a dit un de ses plus fervents admirateurs, Philippe Bridel, n'est presque qu'un grand cabinet d'histoire naturelle ; toutes les années on y fait de nouvelles découvertes «t il y a encore des vallées où jamais naturaliste n'a poussé

Depuis 1819, date vers laquelle furent écrites ces lignes, ces découvertes ont eu le temps de s'accumuler. Il n'en est pas moins vrai, malgré tout, que l'industrie expansive, née de très fraîche date, demeure exposée à la plupart des déboires du début. Quant à la vieille industrie sédenttdi'e, représentée par les métiers manuels dont le rôle est de pourvoir au logement, à l'alimentation et à rhabiliement, elle cède de plus en plus le pas aux produits du commerce pour décliner avec rapidité.

Dans les vallées à population pastorale et, en général, dans les localités où la coustraction en bois est le plus en faveur, les paysans s'adonnent communément à la charpente, surtout au cours de l'hiver. Mais partout où l'ancien mode de cons-

tniction tend à disparaître, les charpentiers meurent l'un après l'autre sans être remplacés.

Avant l'ouverture du chemin de fer (1860), la plupart des familles possédaient l'outillage nécessaire & la confection de riiabiltement. Après avoir û)é ta laine de leurs brebis et le chanvre de leur routoir, les femmes tissaient elles-mèmee le drap et la toile sur un métier, installé au logis. Un teinturier du lieu même donnait à ces draps l'uniforme teinte noisette qu'on obtient par un mélange de bois de santal et de brou de noix. Pour leur donner la souplesse nécessaire à l'usage, ces étoffes étaient jetées sous de lourds pilons de bois ; puis des tailleurs mandés à la journée bâtissaient avec cela des habits solides et durables, en y adaptant comme doublure la forte toile sortie du même métier. Le Valaisan a dès longtemps adopté la blouse bleue flottante chère au paysan de France. Toutefois, jamais il ne la revêtira le dimanche pour se rendre à l'église, pas plus qu'il ne chausserait ses socques ce jour-là', n préférera faire trois lieues sous le soleil d'août dans son lourd habit de drap.

Le pain se préparait soit au logis même, soit dans un local adhérent au four banal. Dans les localités écartées, l'usage pei-siste encore plus ou moins de ne chauffer le four qu'une ou deus fois par an et les différents ménages y enfournent à tour de rôle leur lot respectif de pains de seigle en forme de galette timbrés à l'empreinte d'un sceau de buis sculpté apposée par le propriétaire. Quelques « meuniers » possèdent des moulins à eau et se chargent de moudre pour le compte des autres, moyennant un prélèvement proportionnel sur la farine.

' « Par la nouvelle route, montent maintenant tont l'été des caravanes de touristes et de visiteurs; maïs l'Anniviard regarde, indifférent comme ses rochers, ce flot passer et s'écouler; il reste ce qu'il était jadis, il conserve ses mœurs, ses coutumes, ses habitudes ; il a su résister à l'ignominie de la blouse, cette camisole de l'esclave moderne... a Victor Tissot, La Suisse h

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Les bouchers vitlag^eois ne sont que des « tueurs » qui serendent à jour convenu chez le client pour abattre et dépecer les bêtes. Leur rémunération est pi-élevée sur le meilleur moreeau de la culotte de l'animal. La peau et le cuir étaient naguère confiés à des tanneurs de la région également rémunérés par des prélèvements en nature. Remis en possession de ces matières, le paysan prenait un cordonnier en journée pour rechausser tout le ménage ; mais ces tanneries se font rares, il n'en existe plus guère que dans les centres principaux de la plaine.

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