‹ Le peuple du ValaisChapitre 39 sur 66 · LÉGISTES ET MAGISTRATS · texte numérisé non relu

LÉGISTES ET MAGISTRATS

C'est par le fruit de ces plantes ainsi développcîes SO' <ju'est représenté le corps dirigeant de l'heure actuelle bien aisé de comprendre que, ne concevant {ruère ce se passer au delà de son cercle visuel, le Valaisan, aii développé et formé sur place, examine toute chose de fenêtre, sans déplacer une fois son objectif. Ainsi noi rons presque toujours juger des choses et des gens par sans se donner la peine de remonter ans causes, et aff* d'autant plus les particularisations que les points di rmson font défaut dans son milieu limité. Essayez d'e un légiste valûsan des gloires du barreau français. A v inération des Berryer et des Lachaud il ripostera par c ou deux camarades tenus pour distingués dans leur mais parfaitement ignorés à trois lieues au delà. La capitale de 5 à 6000 habitants dans laquelle le noble, ' tique ou laïque, avait fait sa théologie ou son droit sait un rayonnement dont il avait la sagesse sereine d tenter, avec la naïveté de croire que le vaste monde l'admirer comme lui. On se demande où serait allé a société valaisanne si une telle immobilité intellectuelle a perpétuer. Car de 1848 à 1875, cette interruption de t national marquera le véritable âge d'or des intrigants, la royauté absolue des présidents de tribunaux et p disains, que nous verrons trôner au fond de leur cumulant les principales fonctions fédérales, cantona munates, judiciaires ou administratives — tout cela s judice du droit de plaider ou de pratiquer le ehang compte.

Mais rien n'est jamais définitif : derrière cette gi

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dé&ante de toute autre science que le rituel et la procédure cicile, une autre allait éclore, moins localisée déjà, et forcément moins procédurière. Sans doute l'on ne saurait prétendre à ce qu'un pays dont le soi est morcelé en parcelles assez semblables à des mouchoirs de poche, où bâtiments, droits d'alpage, mulets, récoltes d'arbres fruitiers, tout, jusqu'à certaines charges de fonctionnaires, se répartit et se maquîgnonne, puisse se priver de légistes ; cependant on peut laidement souhaiter de les voir réduits au tiers de leur effectif actuel ',

La licence valaisanne fait d'emblée du jeune juriste un notaire, ayant son étude intennittente dans un angle de la table où se nourrit sa famille. En raison du recrutement illimité de ces officiers publics et de la libéralité avec laquelle on leur décerne leui"s brevets, ils pouvaient se multiplier à l'infini et il était jadis dans la tradition de nombreuses familles de se faire curiale de père en fils, en sorte que l'on en a compté trois générations à la fois dans le même ménage. L'humble peuple n'établit d'ailleurs aucune distinction entre le notaire et l'avocat, confondus pour lui dans ce titre de euriak, et, de fait, la différence est insensible, car, au bout d'un stage de pure forme, tout notaire est élevé au rang d'avocat sans perdre ses premières attributions. Le ville de Sion, peuplée aujourd'hui de 6.00O

' Ceci atteste que si le Valais s'est transformé de surface il a conservé au fond et jusqu'en notre tempslapart la plus abusive des usages de l'ancien régime. On peut en effet lui appliquer aujourd'hui encore ce que Taine disait des huissiers des justices seigneuriales en France avant IaKévolution : o 11 n'est pas rare d'en trouverjusqu'à dix dans un arrondissement qui pourrait à peine en faire vivre deus, s'ils se renfermaient dans les devoii-s de leur charge. Aussi, sontils en m^me temps juges, procureurs fiscaux, greffiers, notaires, chacun dans un lieu différent, chacun exerçant dans plusieurs seigneuries et sous divers titres, tous ambulants, tous s'entendant comme fripons en foire et se réunissant au cabaret pour y instru~ menter, plaider et juger. » — Origines de la France contempo-

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