‹ Le peuple du ValaisChapitre 43 sur 66 · LE CLERGÉ · texte numérisé non relu

LE CLERGÉ

La religion catholique romaine est reconnue religion d'Etat. Elle est professée par tous les ressortissants du pays et, sur une population de 1 13,000 âmes, le nombre des protestants atteint tout au pins le millier. Toutefois, cette reconnaissance d'une religion d'Etat n'implique aucune sorte de contrôle de l'autorité civile sur l'autorité ecclésiastique. Le gouvernement ne salariant presque jamais par voie directe les curés et des- ■servants, à peu près tous pourvus de « bénéfices », il n'est peutêtre aucun pays où l'action du clergé soit demeurée aussi libre. L'évêque de Sion qui, jusqu'à la Révolution, s'intitulait comte et préfet du Valais, conserve le titre de prince du Saint- Empire. Autrefois puissant, il partageait avec les sept dixaîns orientaux le gouvernement du pays. Durant les XV', XVI* et XVH' siècles, il eut à lutter contre ces sept petites démocraties sans cesse préoccupées de restreindre le pouvoir temporel qu'il prétendait tenir de la Caroline, sorte de charte dont l'évêché se prévalait pour établir qu'il tenait directement sa domination temporelle de l'empereur Gharlemagne.

Cette charte ayant été contestée, l'évêque dut finalement renoncer à ses prétentions. Mais il n'en conserva pas moins, jusque vers 1840, une part des privilèges attachés à son titre.

En raison même de ce mélange de la puissance ecclésiastique et civile, le Valais s'est conservé, tout en se démocratisant, le droit de choisir lui-même son prince-évèque. Cet usage, qui subsiste encore malgré l'abolition de la principauté, mérite de nous arrêter un instant.

C'est à l'assemblée souveraine des représentants (Grand Conseil) qu'appartient la prérogative de désigner le nouvel évêque entre quatre candidate que lui présente le chapitre de la

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cathédrale. Jaii)ux de réserver ses droits, le Saint-Siège a pris coutume d'annuler pour la forme cette opération profane, mais en ayant soin de la confirmer. Jusqu'à p« jour du moins, l'indication qui lui a été fournie par les députés du paysa été suivie et très politiquement respectée.

Les séances de l'assemblée cantonale consacrées à cette élection d'un évoque présentent un rare intérêt et nous donnent même une nouvelle mesure du tempéramenttoutautonomist* du peuple valaîsan. Sous l'ancien régime, les sept dixains orientaux partageaient avec l'évêque le gouvernement du pays, dont la partie occidentale, de Sion au lac I^éman (Bas-Valais), était administrée comme une région conquise. Seuls représentés alors dans l'assemblée, les sept dixains choisissaient évidemment l'évoque dans leurs plus puissantes familles.

Dans le but ou sous le prétexte d'assurer l'égalité politique entre les deux parties du pays, le Directoire français résolut, en 1798, de subjuguer le Valais avec le reste de la Suisse. L'année suivante, cette tentative était réalisée et l'indépendance du Bas-Valais reconnue. Mais si leur suprématie politique était ainsi alwlie, il restait aux Haut-Valaisans une prépondérance naturelle d'hommes exercés à l'usage du pouvoir. C'est grâce à cette supériorité réelle que, jusqu'en 1875, ils continuèrent de maintenir leurs ressortissants sur le siège épiseopal. Cependant le Bas-Valais, plus ouvert au mouvement commercial, plus fertile et plus riche,ayantdoublé son chiffre de population et accru proportionnellement le nombre de ses députés, jugea le moment venu de conquérir l'épiscopat. En 1873, la partie romande de l'assemblée votait comme un seul homme pour le seul candidat bas-valaisan, lequel fut proclamé évêque au milieu des récriminations les plus acerbes des représentants orientaux. Une nouvelle nomination s'est fwte en 1895 dans des conditions identiques.

Quelques jotirs après ce dernier scrutin, un mécontent s'étant avisé de blâmer devant un député libre-penseur du Bas-Valais cette préférence donnée au chanoine le plus militant

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et le plus rigoriste du canton, reçut de l'homme politique cette concluante réponse :

« Il y a assez longtemps, maintenant, que ie Haut-Valws s'enrichit des héritages des évèques; trouvez-vous qu'il soit trop tôt que nous en ayons notre partî»

Ce député-là avait le sens inné de l'autonomie locale, car cette réponse révèle le véritable homme de clan qui s'arracherait la mâchoire plutôt que de laisser une dent à l'ennemi historique.

Puisque nous voici sur ce sujet du séculaire antagonisme entre les deux extrémités du pays, notons que nous la voyons déjà se dessiner à l'aube du régime féodal, dans la rivalité d'iniluence déclarée entre l'évêché de Sion et le monastère de Saint-Maurice d'Agaune, Cet établissement i-eligieux s'étant dès lors appuyé sur les Bourguignons et les comtes de Savoie, et l'épiscopat sur les seigneurs et plus tard sur les patriotes affi-anchis du Haut-Yalais ; il résulte de là que la domination ecclésiastique est jusqu'ici demeurée partagée très nettement et que la plupart des cures et bénéfices importants du Bas- Valais sont pourvus de desservants par cette abbaye ou par le couvent du Grand-Saint-Bernard, tandis que les paroisses du Haut- Valais le sont par le clergé séculier.

Un tel état de choses tend au maintien d'un esprit public sensiblement différent. Bien que soumis au droit juridictionnel de l'évêque, les prêtres de Salnt-MauÈ-iee et du Saint-Bernard entretiennent parmi ces populations — dans lesquelles du reste ils se recrutent exclusivement — des tendances pour ainsi dire monacales. Ils soutiennent leur congrégation, qui les soutient. D'autre part, l'hostilité que les congrégations religieuses soulèvent de divers côtés se dessinent dans le Valais, et des vois s'élèvent pour reprocher aux représentants du clei^é régulier de songer à la prospérité de la communauté dont ils font partie plutôt qu'à celle de leurs ouailles. On conçoit dès lors que, dans le Haut-Vaiais, le clergé, entièrement séculier, reste populaire, tandis que, dans le Bas-Valais, des signes

d'opposition se manifesteat. D'autre part, le prêtre eéculier s'associe plus volontiers aux joies privées et aux réjouissances publiques de ses paroissiens ; aussi, dans le Haut, les affaires civiles et religieuses se pénètrent-elles profondément : là les luttes électorales mettent en cause des personnes plutôt que des principes, et, nul candidat n'étant directement hostile à ses vues, le clergé préfère ne pas montrer ses préférences. Il n'en est pas de même dans le Bas où, comme en France, la lutte existe entre le « cléricalisme » et 1' o anticléricalisme. « Cet écart de tendance se rattache d'ailleurs à des faits histori- ■ques. Le séminaire de Sion, patronné par le prince-évêque, s'est dès longtemps confondu avec l'idée de « patrie », alors que les couvents de Saint-Maurice et du Saint-Bernard se sont montrés dévoués à la Maison de Savoie jusqu'à la Révolution.

Moins lié et moins identifié aux populations, ce clergé régulier est aussi plus sévère pour les fêtes et les usages populaires ; il prend en outre, une part plus ostensible à la polémique des livres et des journaux. Deplus,avec leur personnel domestique et rural, les couvents disposent d'un levier électoral considérable, et cela mécontente le camp adverse.

La distinction, difficile en bien des pays, entre le ressort du spirituel et celui du temporel, a contre elle, dans le Valais, des traditions historiques. Au moyen âge, l'évèque de Sion était comte et préfet du pays, comme celui de Genève en Suisse et comme celui de Mende dans le Haut-Languedoc, Et les oiîservations déjà faites à ce sujet sur les populations et le petit clei'gé du Gévaudan et des Gausses ' s'appliquent parfaitement à ce canton :

Il C'est dans le clergé, dit M. Demolins, qu'entrent la plupart jdes individualités qui tendent à s'élever au-dessus de la médiocrité commune. Par voie de conséquence, les questions religieuses prennent l'importance que prennent ailleui? les ques-

' Les Français d'aujourd'hui. P. 53.

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lions politiques. Elles devienneQt même, en réalité, des questions politiques, lorsque le clergé, grâce à cette puissance sociale, arrive à détenir la puissance gouremementale. C'est précisément ce qui s'est produit fatalement au raoyen-âge, parce qu'il n'y avait pas alors d'autres classes supérieures que le clergé. »

Et il conclut :

8 De pareilles constatations, qu'il serait facile de multiplier, prouvent que, si le clergé peut désirer parfois la domination politique, l'intérêt de la religion est, normalement, qu'il ne l'exerce pas. »

Cette conclusion est la nôtre. Dans le Haut-Vaiais, où le prêtre séculier et populaire ne l'exerce pas — peut-être bien parce qu'il n'y rencontre aucune occasion de le faire — le paysan déclare volontiers « que le curé est maître à i'église, pas dehors » '.

8 Le jour où une réaction se produisit contre ce pouvoir ecclésiastique, l'opposition devait prendre la forme religieuse », dit le même auteur en parlant du montagnard caussenai'd. Or, dans le Bas-Valais comme dans les Gévçnnes, la Réforme avait fait d'immenses et rapides progrès ; mais elle fut ultérieurement extirpée par le gouvernement épiscopa!. Et c'est peut-Stre pour «eta que, tout près de nous, des cas de dissidence se sont produits qui, pour être isolés, ne montrent que mieux combien difficilement les montagnards se dispensent de patronage spirituel

Le ValMsan — toujours, parce que le pouvoir s'entend à merveille avec le clergé sans jamais le contredire — chôme fête sui" fête. Outre les patrons de chaque église, il n'est pas de petit hameau qui n'ait sa <;hapelle, son saint et, par con,f équent, son patron local.

' V. TissoT, Suisse inconnue. ^- El cependant au XVi» siède, les Haut-Valaisans frappèrent d'ostracisme le plus célèbre des évèques de Sion, le cardinal Sctiiner.

Dans les plus importantes fêtes patronales de paroisse, de même qu'à la Fête-Dieu, ont lieu d'imposantes processions auxquelles la milice locale doit prendre part. L'on sait qu'en Suisse tout homme jugé apte au serrice militaire suit dès l'âge de vingt ans des cours militaires temporaires d'une durée variable. A la (In du premier de ces cours, d'une durée de 30 à 60 jours, il rentre au loyer paternel avec armes et habillement. Et comme, depuis leur ancienne souveraineté, les cantons, voire les communes, ont conservé quelques canons, ces jours de fête semblent créés pour s'en servir. A Sion, où se trouvent encore l'arsenal du canton et le quartier de la gendarmerie cantonale, la procession de la Fête-Dieu parcourant les rues enguirlandées, jonchées de fleurs et de verdure, est d'un aspect saisissant.

Cependant, à côté de ces pompeuses cérémonies, le culte public comporte bien d'autres somptuosités ou coutumes capables de témoigner combien les pouvoirs ecclésiastique et politique sont parfois confondus dans l'esprit populaire.

Durant le séjour des troupeaux sur les pâturages supérieurs de la vallée d'Anniviers; !e curé de Vissoye, chef-lieu de cette vallée, doit se transporter d'alpage en alpage pour bénir les troupeaux et les chalets.

Pour l'en récompenser, les consorts lui destinent le produit complet du lait obtenu le surlendemain de leur arrivée au pâturage. Cet usage est si bien invétéré, que le don est tenu pour une part régulière et légale du traitement du prêtre. Avec le lait, que l'on a religieusement pris garde d'écrémer, on fait alors un fromage désigné sous le nom de e Prémice • qui sera solennellement remis au curé le quatrième dimanche du mois d'août.

Ce jour-là est une vraie fête pour toute la vallée. De grand matin les pâtres apportent leurs « prémices » au presbj'tère, où il va sans dire qu'ils ont coutume de déjeuner. Le juge de paix, accompagné de son substitut et de son huissier, examine les fromages, les compte et les pèse. Puis tout le monde se

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rend à la messe où se trouve déjà massée la foule des fidèles. Au nombre de quinze, les raaîtres-berpers, portant chacun le fromage de sa montagne, entrent alors en procession ; la marche est ouverte par le pâtre de l'alpe de ToiTent qui doune le plus gi-os fromafre (80 livres environ), les autres suivent selon le poids du cadeau, et le cortège est ordinairement fermé par le représentant de la montagne des Ponehettes, porteur d'un simple petit cylindre d'un poids de huit à dix livres.

Parvenus au chœur, les bei^ers viennent s'agenouiller de front devant le maitre-autel. Derrière eux se tiennent les magbtmts et fonctionnaires communaux vêtus d'un manteau noir. Après le service divin, le retour au presbytère s'effectue dans le même ordre. Dans le veiner, sous un vieux noyer, les tables sont dressées ; les autorités y prennent place. Le repas se compose d'une soupe aux raves et au lard, puis d'une raclette prélevée pour un tiers sur les prémices de l'année, pour un tiers sur celles de l'année précédente et pour le dernier tiers sur celles de l'avant-dernière année. Trois discours sont ensuite prononcés, l'un par le prêtre, qui remercie, un autre par le maîtreberger de la principale montagne, un troisième par le juge de paix. La cérémonie se termine par des cantiques et des chœurs patriotiques que vient animer le vin capiteux des coteaux de Sierre.

Tenant ainsi dans ses cadres puissants tous les éléments sociaux et politiques de cette nationalité pauvre et nécessairement religieuse, comme le sont les autres populations pastorales et à demi-patriarcales, le clergé se garde bien de laisser échapper le plus paissant des leviers sociaux, celui de l'instruction et de l'éducation. De même que dans les massifs montagneux de la France, nous nous trouvons en présence d'une classe supérieure plutôt artificielle, toute préoccupée de ses propres besoins et, par le fait même, incapable de procurer aux populations des moyens d'exist«nce. Toutefois, en France,

!a plus modeste subdivision joue du moins un rôle de rouage daoB le vaste mécanisme national, dont les éléments intellectuels ne sont pas défluitivement dissociés par l'éloignement temporaire; le Valais, lui, est une entité politique absolue dont une demi fusion dans la famille fédérale n'a que peu modifié les mœurs intérieures. Lors des déchirements politiques du Sonderbund, la plupart des grands couvents suisses furent supprimés ; le Valais conserva les siens.

Aussi peut-on rappeler ce qui a été dit plus haut que, du commencement du dis-septième siècle à l'heure présente, tout le Valais intellectuel s'est replié sur lui-même. En interdisant à ses ressortissants l'accès des universités et académies voisines, i'évêque-prince du pays avait dû s'ingénier à créer au dedans ce qu'il interdisait ainsi au dehors. Mais les hommes remarquables, originaires du Valais, étaient rares et ceux qui auraient pu jeter quelque éclat sur l'enseignement échappaient alors ■avec peine à certains soupçons, Thomas Flatter nous dit dans ses mémoires que l'évêque de son temps lui offrit une chaire de professeur et qu'il l'accepta, mais que, lors de son arrivée, il la trouva occupée par un autre, cet autre s'étant f^t agréer en faisant passer le Valaisan Flatter pour un partisan de la Réforme.

Dès ce moment la dépression du niveau intellectuel fut rapide et profonde. « C'est à peine si la profession de juriste peut se perpétuer, dit l'abbé Schmid ; des jeunes gens ayant fait leurs écoles latines se placèrent chez des notaires où ils apprenaient les règles indispensables du droit en s'exerçant dans la pratique jusqu'à l'obtention du diplôme de notaire délivré par le chapitre de la cathédrale. »

A la chute de l'ancien régime, les cours de droit, jusque-là nomades, se fixent définitivement à Sion (1807), Mais le Valais passe peu à peu sous la domination de l'empii-e frariçtùs, qui l'absorbe en 1810 et bouleverse pour quelque temps ses destinées. En 1825, cette école de juristes renaît cependant ; un seul et même professeur la soutient et la dirige de cette date à sa mort, en 1895.

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Durant ce long et solitaire professorat, que de transformations sociales ou politiques ! Mais le vieus roc de la routine défie toutes les vagues qui le viennent lécher et, bien qu'amoindri de ce qu'elles emportent dans leur reflux, il offrira, dans sa base lissée, d'autant moins de prise à qui tentera de l'escalader.

Par cet état stationnaire et systématisé de l'enseignement supérieur, on se fait aisément une idée des autres échelons de l'enseignement. Les trois collèges cantonaux sont régis par des prêtres ou par des frères ; il en est mËme un d'incorporé à un couvent où les élèves sont de ce fait cloîtrés comme des moines. L'enseignement littérure y est quelquefois solide, selon les maîtres que le hasard a fait surgir, mais le latin a le pas sur toutes les matières; la philosophie roule tout entière surlaméthode scholastique et son enseignement, à Sion tout au moins, se donne en latin ; les sciences naturelles ou techniques y sont à peine effleurées; la littérature française en est encore aux manuels de l'abbé Vemiolles, et il faut, à qui en sort, dix années pour le moins avant de désapprendre de ne jurer que par Louis VeuUlot, seul maître incontestable et incontesté. Les Ecoles normales masculines sont tenues par des frères maiîstes ; l'inspectorat moyen est attribué à des membres du clergé. L'inspectorat primaire n'est pas, comme ailleurs, accessible aux régents méritants et distingués : il est abandonné au clergé et aux hommes de loi ; du reste, chaque curé est, de droit, membre de la commission des écoles de sa paroisse.

Du berceau à son entrée à la direction des affaires de son pays, le Valaisan est ainsi un produit cultivé en serre, ou si l'on aime mieux dans un jardin ayant pour palissades les plus hautes chaînes montagneuses de l'Europe.

Parvenu à ces emplois publies auxquels il n'a cessé de viser, chargé de gouverner son pays, comment pourra-t-il se faire pratiquement 'du monde une autre image que celle qu'il a toujours eue sous les yeux ? Que saura-t-il y percevoir î Des étendues de petits carrés de vignes, de seigle, de pommes de terre

étages sur les coteaux crevés de goi^es, striés par les bandes noires des sapins, couronnés par l'argent des neiges î...

En définitive, la culture intellectuelle du Valais se concentre en deux classes puissantes d'hommes privilégiés : l'homme d'Eglise et l'homme de Loi. Ce privilégié, nous allons le retrouver à chaque étape de la Vie publique, où, tour à tour, prêtre, il patronnera le légiste et, l^îste, il patronnera le prêtre.

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