‹ Le peuple du ValaisChapitre 45 sur 66 · II. ~ LA COMMUNE · texte numérisé non relu

II. ~ LA COMMUNE

La commune valaisanne actuelle est généralement éclose de la paroisse du moyen-âge, fille elle-m<*me de l'antique seigneurie. Aussi, comme cette dernière, dont elle a hérité ou acquis certains droits, prétend-elle s'administrer à sa guise loin de la

tutelle, d'aaieurs inégale et fluctuante de l'Etat. Lorsqu'on donne un tuteur faible et pauvre à un fils de famille remuant qui prétend tout faire par lui-même, l'ascendant du premier est compromis d'avance.

C'est ainsi que jusqu'ici la participation de l'Etat du Valais à la construction des principales routes du canton fut tantôt nulle, tantôt plus que modeste. La route qui mène au val d'Anniviers à travers gorges et abbnes a été ouverte par les mains des Anniviards eux-mêmes en six ans de labeur, sans le moindre subside de l'Etat. On peut en dire à peu près autant d'une autre merveille de courage et de ténacité : la route aux quarante-trois lacets qui prend le voyageur au bord du Rhône et, lentement, l'élève jusqu'au val de Salvan, pour le conduire ensuite, à travers plateaux, ravins et forêts, jusqu'au eol de la Tète-Noire et à Chamonix, Il serait aisé de multiplier dé tels exemples et même d'ajouter que la route du Grand-Saint-Bernard, décrétée de première classe et entretenue de ce fait par le gouvernement, demeure dans un lamentable désordre, malgré les plaintes et les gémissements des intér^sés. Nous verrons un peu plus loin quels étranges calculs ont présidé à l'ouverture de la route de Sion à Vex. Soulignons, en passant, le fait que la grande vallée latérale de Viège ne dispose encore d'aucune route carrossable, sauf sur l'un des tronçons de sa partie supérieure, où les communes fréquentées pai' les touristes du Mont-Rose et du Cervin ont bien voulu s'imposer ce saciiflce. Sans le chemin de fer de Zermatt, œuvre de financiers étrangers au canton, on se contenterait encore d'un chemin muletier encombré de cailloux.

On comprend très bien qu'en voyant l'Etat hésit«r longuement devant l'application de la moindre des mesures, le paysan n'ait pas une idée très haute de cette Providence aussi tâtonnante que timorée. D'ailleurs, les groupements locaux, tantôt libres, tantôt patronnés par les communes, s'ingénient volontiers à organiser d'eux-mêmes les entreprises. L'endiguement des rivières ou des torrents est le plus souvent le fait de leur

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