I. — LE RHONE ET SES AFFLUENTS
En s'éohappant du glacier auquel il prête son nom, à une altitude de 1,770 mètres, le Rhône s'engage dans la plus profonde goi^e du continent, que bordent les deux plus hauts et plus puissants chaînons des grandes Alpes, Le cortège de droite compte des cimes géantes de 3000 à 4500 mètres d'altitude : le Pinsteraarhorn, la Jungfrau, le Wildstnibei, le Wildhom, les Diablerets. La ligne parallèle, à laquelle s'accrochent les pentes gauches de la gorge et de ses principales ramifications orographiques, supporte les sommets les plus célèbres de l'Europe : le Mont-Rose, le Cervin, la Dent-Blanche, le Grand- Gombin, le Mont-Blanc, la Dent-du-Midi.
Simple torrent tout d'abord, le fleuve nouve«u-né bondit entre les pelouses fleuries du hassiu élevé de Couches. Api'ès avoir couru pendant une dizaine de lieues et avoir franchi les antres du Deischberg et de Grengiols, il recueille bientôt l'apport de la Massa, émissaire des glaces de l'Aletsch, qui double son volume. Dès lors, comme plus conscient de sa destinée, il pi'cnd une allure plus mesurée, celle qu'il conservera presque invariablement jusqu'au Léman. C'est en effet au-dessus •'e Brigue, la petite cité assise au débouché des goi^es da Simplon, à une altitude de 700 mètres, que le fond de la vallée se régularise et que son courant glisse, rapide encore, mais plus majestueux et délivré d'obstacles, au niveau de la plaine. Il semblerait presque déjà que, là-bas, le réservoir du grand lac, chargé de régler son débit, tende à le ralentir, pour qu'aux heures de fortes crues glaciaires la masse liquide vienne dérouler