EXPANSION ET RAPPORTS DE LA RACE
Il Dous semble que nous possédons maintenant un tableau complet et achevé de la vie du Yalaisan chez lui. Tour à tour nous l'avons suivi à travers ses institutions et sous-institutions de famille, de consorta^, de clan, de commune, d'Etat, et l'ensemble de ces observations nous a révélé le contenu du creuset au fond duquel ses énergies, ses défaillances, sa routine entêtée, ses retours de bon sens et de raison, toutes ses qualités et tous ses travers sont venus s'amalgamer pour former le plus bizarre alliage d'esprit autonomiste et d'inclinations communautaires.
Cependant, la méthode d'observation ne saurait se contenter de cet examen de l'individu dans son cadre normal. A ces remarques faites, à ce problème l'ésolu, il faut qu'elle ajoute une sorte de preuve arithmétique. Cette preuve, nous allons nous efforeer de la fournir par un ooup d'œîl jeté sur le même Yalaisan transféré hors de ce même cadre. Elle se dégage de deux catégories de faits qui sont : 1° l'expansion de la race dans le contact réciproque de ses propres subdivisions et dans les rapports généraux avec le dehors ; 2° l'influence que l'étranger exerce sur elle en la pénétrant.
Toutefois, il nous semble qu'il n'est pas un moyen d'observation plus sûr que celui qui consiste à prendre l'individu isolé
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de son milieu, là où, fraleheraont émoulu de l'atelier originel et local, il en garde encore la marque de fabrique, la couleur précise, et, en quelque sorte, l'authentique parfum.
Commençons donc par le dégager de son moule social et traospoi'tons-le parmi des groupes d'hommes ou des sociétés frappés à une autre empreinte. Et d'abord, étudions-le dans sod espansion intérieure, qui cori'ospond, pour ainsi dire, à un premier degré d'initiation vers la vie extra-locale,
La dispersion que nous avons constatée dans l'ordre de la vie politique, l'accès en somme facile des honneui-s dans le monde restreint du voisinage, des consortages et des parentés, le jeu variable des institutions démocratiques : tout cela fait que le Valaîsan n'est que très peu prédisposé à l'émigration. Naguère encoi-e, le fait de dései-tersa » bourgeoisie » dépréciait son homme, le ravalait au rang du « compagnon » en quête de travail et de pain. En 1781, Bourrit constatait que le Valaisan était très heureux : « Il est inouï, disait-il de voir un Valaisan quitter son pays pour s'établir ailleurs. » Cette constatation devait être si parfaitement exacte que, même aujourd'hui, où l'émigration partielle est venue s'imposer par suite de l'aeeroissement de la population et de la multiplicité des besoins nouveaux, les parents évitent encore jalousement de donner à leur enfant un métier ou une profession qui le rendrait capable de se suffire quelque jour uilleui^ que sur la terre patrimoniale. L'on met beaucoup de coquetterie à garder le plus longtemps possible les grands enfants auprès de soi, à être secouru — comme on a coutume de dire. — Peut-être y auraitii encore là une attestation de plus que ces sociétés auraient, dans les temps éloignés, été plus patriarcales que nous les révèlent les débris de traditions subsistant à ce jour.
INTÉRIKURE KT