‹ Le peuple du ValaisChapitre 62 sur 66 · LE RAMBAU ORIENTAL ZZ · texte numérisé non relu

LE RAMBAU ORIENTAL ZZ

mariages répâtés entre ressortissants de ce réseau restreint et ténu de familles patriciennes, la noblesse déserte Rarogne, Viège, Gonches et les autres régions élevées ou écartées ; les séductions de la petite ville et des importantes bourgades, leurs conditions d'existence plus douces, leurs ressources agricoles plus riches l'attirent. Ceux que les postes élevés de gouverneure de Saint-Maurice ou de Monthey a éloignés dans le Bas- Valais y trouvent un noyau de société chez les moines de l'Abbaye, de bonnes ressources foncières dans les fermes agricoles et vigneronnes d'alentour et d'excellentes dotations chez les petites bourgeoises qu'une humble particule suffira à anoblir pour les rendre dignes d'eux. Ainsi, la fusion des deux corps dirigeants du pays se prépare. Les deux trônes abbatial et épiseopal se rapprochent au premier souffle avantcourem' du coup de vent révolutionnMre qui va les transférer sous la mSme tente.

Mais c'est dans la capitale que viennent se grouper en plus grand nombre les hautes familles ; c'est là que la noble société se tasse, prend consistance et sème ses rejetons sur toutes les avenues du pouvoir. Quelques événements traversent, il est vrai, cette longue période d'immobilité sociale : les deux plus considérables sont l'introduction partielle de la Réforme, bientôt définitivement refoulée, puis l'invasion du pays par les troupes du Directoire. Mais le patriciat valalsan sortira de ces troubles plus Imperturbable qu'il y ét^t entré, car désormais, loin d'enflammer le peuple et de le précéder au danger. Il se contentera, et peut-être pas toujours, de le suivre. Témoin cette campagne de résistance à l'invasion française de 1799 qui donne une mesure sans précèdent de l'opinlfttreté, de la confiance en sol et de l'héroïsme du peuple haut-valaisan, mais qui, eu même temps, le montre décapité et réduit à faire violence à ses chefs préférés pour les déterminer à accepter le commandement.

C'est qu'il n'a plus d'autre cadre qu'un sous-patriclat dont il a brisé le ressort en lui supprimant la possibilité d'étaler sa

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grandeur, son luxe et son éclat. Les chefs des sociétés démocratiques pas plus que les autres ne sauraient agir sans ambition et sans but personnels.

Cette heure est significative, car elle est celle que le Valaisan occidental choisit, à la faveur des événements, pour dessaisir ses dominateurs des privilèges qu'ils s'étaient impitoyablement octroyés.

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