LES PRODUITS DU SOL
hautes vallées secondaires. Quant aux vendanges, elles ont presque toujours lieu en septembre, procédant de deux è trois semaines celtes des grands vignobles du Léman.
Au reste, comprise par son classement dans celle de l'Ëaropc méridionale, la llore ralaisanne est aussi riche qu'extraordinairement variée, car elle embrasse dans l'ensemble, les neuf dixièmes des espèces qui se trouvent en Suisse, n Le Valais, disait le D' Christ, tout en étant situé enfre les plus hautes montagnes de l'Europe, est déjà en dehors de la zone humide subalpine, en sorte qu'au point de vue du climat et des conditions d'humidité, il existe de notables différences entre lui et le Tessin. Des maxima aussi bas que 65-64 sont un phénomène unique en Suisse, A la fin de mai, le blé jaunit déjà sur les terrasses rocheuses des environs de Sion, Le Valais est donc, de toute la Suisse, la contrée la plus sèche et la plus exposée à l'action du soleil ' ».
Aucun pays ne se trouvait ainsi mieux préparé à l'acclimatation des produits des régions méridionales. Toutefois il convient de ne pas s'en exagérer la richesse générale : pour être productifs, ces cofeaus rocheux ne sont rien moins que féconds: quant aux fruits d'autres latitudes, les glacière voisins, sans cesse prêts à ramener le froid, permettent tout juste au Valaîsan de les cultiver à titre d'essai, en amateur.
Un étagement aussi brusque de productions propres à des latitudes si diverses est un phénomène si rare que, pour lui trouver un élément de comparaison, il faut descendre en pleine Méditerranée et consulter c^ux qui ont observé l'économie des insulaires de la Corse. Suivons un instant l'auteur des Français d'aujourd'hui qui a donné un tableau des zones raccourcies de cette lie et ensuite Albert de Haller, qui a tracé une image analogue du Valais.
' La raison de ces faits, si sînj^uiiei's à première vue, tiendi'aient, selon l'observateur valaisan Kton, du continuel changement d'équilibre auquel l'atmosphère est soumise.
Od rencontre li'abord (en Corse) dans les parties basses, la zone où domine l'olivier associé aux autres espèces des pays chauds, le citronnier, le cédrat, l'amandier, le mûrier; puis, sur les coteaux, la vigne associée à toutes les productions des pays tempérés ; plus haut, sur les pentes montagneuses, le châtaignier, enfin, sur la montagne, les pâturages et les forêts
Mais ce qui accentue encore les cooséqucnces produites par cette variété de climats et de productions, c'est d'abord qu'elle est concentrée sur une surface relativement restreinte : en quelques heures de marche, on peut en parcourir les divera étages; c'est ensuite que cette végétation atteint ici, à came de la latitude, des proportions vraiment extraordinaires.
Retenons sui-tout cette distinction de latitude, et passons à cette description sommaire que nous a laissée Albert de HaJler :
Partez de Sion pour le Sanetsch qui en est k sept lieues. Sur les rochers de Sion, où le thennomètre monte jusqu'à 48 degrés, vous laissez le raisin du Kenard, la ligue d'Inde et le grenadier. Plus liant sont les châtaigniers, les noyers sur lesquels chante la cigale et des vignobles d'excellent vin, plus des champs du plus beau froment. Progressivement, les hêtres, les chênes, les sapins vous quittent; bientôt vous n'apercevez plus Varole (pin cimbre), et, en continuant à gravir la montagne, vous vous trouvez au milieu des saxifrages à feuilles de bruyère et d'autres plantes de la Laponie et du Spitzberg ; ainsi, dans l'espace d'un demi<jour, vous cueillez successivement des plantes qui ci'oissent à 30 ou 40 degrés de latitude.
Par ce frappant rapprochement, Ton peut voir que, si l'échelle de comparaison avec la Corse doit être, pour le Valais, raccourcie du degré inférieur, elle doit, par compensation, être rallongée d'autant par le haut. En tout cas elle ne perd rien de sa déclivité. La pente du Sanetsch n'est pas moins féconde en contrastes que celle qui monte d'Ajaccio aux légendaires maquis. Peut-être, plus loin, lorsqu'il s'agira de peser une à une toutes les causes matérielles qui ont contribué à former le type valaisan, trouverons-nous quelques points d'analogie avec celui du Corse, En attendant, poursuivons.
Le plan idéal d'une vallée peut s'adapter dans ses principales